RIGAUD Baptiste

Par Michel Thébault

Né le 2 avril 1900 à Adriers (Vienne), exécuté sommairement le 26 août 1944 à Chauvigny (Vienne) ; maréchal-ferrant ; résistant FFI.

Baptiste Rigaud était le fils de Calixte Rigaud âgé de 39 ans à sa naissance, maréchal et de Louise Gauchoux âgée de 37 ans, tous deux domiciliés à La Thiaudière, commune d’Adriers (Vienne), à la limite de la Haute-Vienne. Ayant appris auprès de son père le métier de forgeron, maréchal-ferrant, il se maria le 20 juin 1920 à Adriers avec Louise, Henriette Auzannet née également à Adriers en 1899. Le couple eut cinq enfants, trois fils Henri né en 1920, Marcel en 1925 et André en 1926. Une fille Jeanne naquit en 1928. Un dernier enfant Jean-Jacques naquit le 3 décembre 1940 à Montmorillon. Au recensement de 1936, la famille vivait toujours à La Thiaudière d’Adriers, Henri âgé de 16 ans étant alors déclaré maréchal, aide de son père. En 1944, la famille Rigaud résidait à Montmorillon. Baptiste Rigaud s’engagea dans la Résistance, rejoignant un maquis du secteur de Montmorillon, le groupe Milou.

En août 1944, la situation militaire de l’armée allemande sur le front de l’ouest se dégrada brutalement. Le 19 août un ordre de repli général fut donné aux unités allemandes stationnées dans le sud-ouest. Poitiers servit pendant toute la fin du mois d’août et les premiers jours de septembre, d’étape et de cantonnement provisoire pour les forces allemandes et leurs collaborateurs Dernier groupe organisé, le groupement de marche du sud-ouest, réunissait environ 25 500 hommes sous les ordres du général Botho Elster. Le passage par le seuil du Poitou devint un enjeu stratégique essentiel. Confrontées à l’impossibilité de remonter ni par le Limousin (du fait de la Libération de Limoges) ni par l’axe traditionnel de la RN 10 vers Tours (du fait de l’avancée des troupes anglo-américaines), les unités allemandes de la colonne Elster tentèrent à partir de Poitiers de marcher vers l’est et le nord-est de la Vienne, utilisant les axes secondaires, et circulant de jour comme de nuit pour échapper aux attaques de l’aviation alliée et au harcèlement des forces FFI. La ville de Chauvigny à l’est de Poitiers, sur la route menant vers Le Blanc, et contrôlant les ponts sur la Vienne devint un lieu de combats violents du 23 au 28 août 1944. Des maquis (groupes Jacques, Baptiste, Pinard, Rolland, Le Chouan) furent déplacés par le commandement FFI de tout le secteur en direction de Chauvigny pour harceler et entraver le repli allemand. Le 26 août marqua l’apogée des violences : les troupes allemandes et alliées (troupes hindoues de l’ « Hindische Freiwillingen-Legion » rattachée depuis peu à la Waffen SS) rassemblèrent un grand nombre d’ otages et procédèrent à de nombreuses exactions (pillages, exécutions sommaires). C’est dans ce contexte que fut exécuté sommairement Baptiste Rigaud, dans des circonstances qui restent à préciser. Son acte de décès indique qu’il fut tué au pont de Chauvigny (mais cet acte ne fut dressé à Chauvigny que le12 juillet 1945).

Il obtint la mention mort pour la France et fut homologué FFI. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Montmorillon et sur le monument 1939 – 1945 de Chauvigny. Une stèle à Chauvigny rappelle sa mémoire.

Son fils André Rigaud, également engagé dans la Résistance, maquisard du groupe FTPF Cram, avait été tué deux jours plus tôt, le 24 août 1944, exécuté sommairement par les SS de la 17e Panzer-Grenadier, lors des combats d’Ingrandes (Vienne). Déclaré lui aussi mort pour la France, son nom est inscrit à côté de celui de son père sur le monument aux morts de Montmorillon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209936, notice RIGAUD Baptiste par Michel Thébault, version mise en ligne le 27 décembre 2018, dernière modification le 5 décembre 2021.

Par Michel Thébault

stèle de Chauvigny
stèle de Chauvigny

SOURCES : Arch. Dép. Vienne (état civil, recensements) — SHD Vincennes GR16 P 511226 ; SHD Caen AC 21 P 145952 (non encore consultés) — Roger Picard Hommes et combats du Poitou Ed. Martelle. 1994 — Site internet VRID (Vienne, Résistance, Internement, Déportation) — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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