TARRIDE Pierre

Par André Balent

Né le 14 mai 1924 à Saint-Girons (Ariège) ; mort en action le 21 juillet 1944 à Saint-Girons (Ariège) ; manoeuvre à Saint-Girons (Ariège), résistant, maquis (Armée secrète, AS), d’Arbas (Haute-Garonne)

Pierre Tarride (1924-1944)
Pierre Tarride (1924-1944)
Cliché : Archives départementales de l’Ariège, 64 j 23, fonds Claude Delpla.

Pierre Tarride était le fils de Bertrand Tarride, décédé, et de Marie Escassut. En 1944, il était manoeuvre dans sa ville natale, sous-préfecture d’un arrondissement de l’Ariège correspondant au Couserans, région historique des Pyrénées. Pierre Tarride, secrétaire régional des Jeunesses communistes de Perpignan (Pyrénées-Orientales) en 1939 dont on ne connait pas la date de naissance est un homonyme.

En 1944, Tarride faisait partie des agents de liaison du maquis (AS) "Bidon 5" d’Arbas (Haute-Garonne). Ce maquis était implanté dans une commune pré-pyrénéenne proche de l’Ariège. Il était lié au groupe Morhange de Toulouse (Haute-Garonne) (Voir Taillandier Marcel). Son chef, le commandant Courtiade, de Toulouse, était secondé par Belis et Bellou. Le maquis eut pour chef principal, Pierre Lachaux, ingénieur de l’industrie d’extraction pétrolière du Comminges.

Le 21 juillet 1924, alors qu’il quittait Saint-Girons en compagnie de Christian Cazalbou, d’Émile Mauri et de Barat (ce dernier, du mouvement Combat de Saint-Girons était le guide qui devait les conduire), pour intégrer le maquis à Arbas, il fut intercepté par une patrouille allemande qui connaissait certainement leur projet (ainsi que le suggère René Loubet, mari de la sœur de Christian Cazalbou, dans une lettre à Claude Delpla, correspondant, pour l’Ariège, du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, Pamiers, 8 mars 1968). Un combat s’engagea. Les Allemands eurent un blessé. Mais Pierre Tarride et Christian Cazalbou furent tués dans la fusillade, au lieu-dit La Gloriette, à hauteur de la croix du même nom, près du hameau de Saudech (commune de Saint-Girons), sur la route de Saint-Girons à ce hameau. D’après René Loubet, Mauri (que René Loubet nomme "Maury" dans son courrier du 8 mars 1968 adressé à Claude Delpla), blessé, fut « dévoré par les chiens policiers ». De fait, il fut achevé, le 28 juillet, d’un coup de revolver par le capitaine Dreyer alors qu’il avait été enfermé dans le chenil.

Seul Barat, indemne, put s’échapper. Il relata les faits dans une attestation datée du 18 février 1953. Des rapports (10 novembre 1944) du commissaire Georges Fabre (21 et 22 juillet 1944), de Saint-Girons — qui procéda au constat du décès après la fusillade accompagné par le secrétaire de police Gasc et un brigadier du service — ont été rassemblés dans une note du 10 novembre 1944 faisant le point sur la mort de Tarride et de Cazalbou. Il y est indiqué que leurs corps entreposés dans un hangar à l’intérieur d’une loge à porcs furent identifiés le 22 juillet 1944 à la morgue de l’hôpital de Saint-Girons.

Il y a un dossier, non consulté, au Service historique de la Défense (Vincennes (cote GR 16 P 562472) Reconnu Mort pour la France, il a été homologué FFI, résistant isolé de la Résistance intérieure française RIF.

Le nom de Pierre Tarride est gravé sur le monument aux morts de Saint-Girons.

Voir Saint-Girons (Ariège), victimes de la répression allemande et collaborationniste (fin mai-début juillet 1944) et des combats de la Libération, 20-21 août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209988, notice TARRIDE Pierre par André Balent, version mise en ligne le 29 décembre 2018, dernière modification le 27 mai 2022.

Par André Balent

Pierre Tarride (1924-1944)
Pierre Tarride (1924-1944)
Cliché : Archives départementales de l’Ariège, 64 j 23, fonds Claude Delpla.

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla, documents mentionnés dans la notice. — Claude Delpla, La Libération de l’Ariège, Toulouse, Le Pas d’oiseau, 2019, 514 p. [p. 150-151]. — Henri Dougnac, « Fusilhada a Glorieta », p. 111-114 in Jean-Paul Ferré (éd.), Les Couserannais racontent 39-45, édition bilingue imprimée et occitan (CD audio), Toulouse, Le Pas d’Oiseau, 2019, 141 p. — MemorialGenWeb, site consulté le 29 décembre 2018.

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