BOISSADIE Joseph

Par Robert Goujon

Né le 31 juillet 1905 à Roanne (Loire), mort en déportation vers le 27 décembre 1944 ; cheminot de la Loire ; interné résistant FTPF ; communiste.

Joseph Boissadie habitait rue Lamure à Roanne et était célibataire.
Le 21 octobre 1929 il se fit embaucher à la compagnie ferroviaire PLM au dépôt de Roanne comme auxiliaire ouvrier ajusteur, le 1er novembre 1929 ouvrier à l’essai et est commissionné le 1er décembre 1930 comme ouvrier ajusteur (OAJ).
Cheminot communiste, Joseph Boissadie fut considéré comme « élément dangereux à éloigner des centres industriels » par une note de service de l’Etat-Major de la 13e région militaire de Clermont Ferrand, le 11 mai 1940. Le 1er aout 1940 il fut incarcéré au camp d’internement du château de Mons à Arlanc (Puy-de-Dôme). Des centaines de communistes, syndicalistes, résistants, et francs-maçons de la région y étaient internés puis en 1942 les juifs complètent le lot des victimes, sous la garde de la gendarmerie locale.
Le 19 mai 1941 Joseph Boissadie fut libéré. Il reprit son métier d’ouvrier ajusteur au dépôt de Roanne.
Dès lors, il rejoignit la résistance et agit avec les groupes FTPF de Roanne, il en fut l’un des premiers organisateurs sur la ville. En fin 1942 il fut agent de renseignement à l’état-major FTPF de la région et participe à plusieurs opérations de sabotages ferroviaires notamment au dépôt SNCF de Roanne.
Joseph Boissadie fut arrêté sur dénonciation par la police française le 21 mars 1943 pour menées communistes et sabotages.
Il fut interné le 11 mars 1943 au camp Saint-Paul-d’Eyjeaux (Haute-Vienne). Joseph Boissadie fut ensuite transféré au camp de Saint-Sulpice la Pointe dans le département du Tarn. Le 28 juillet 1944 le directeur du camp reçu l’ordre préparer l’évacuation du camp et de remettre les internés aux Allemands. Le 30 juillet, les prisonniers furent mis dans des wagons à bestiaux et partirent de Toulouse par le convoi n° I.252. Il se composait de 1088 hommes et 101 femmes, parmi eux des enfants. Le train arriva le 6 août à Weimar puis les déportés furent transférés à Buchenwald.
Le 27 décembre 1944 Joseph Boissadie fut affecté dans une mine de sel d’un kommando de Buchenwald. Épuisé, il fit une chute de plus de 10 mètres dans une crevasse et se tua.
Sa mémoire est honorée sur les stèles des gares SNCF de Roanne et de Nevers, au monument aux morts de la ville de Roanne. Il porte la mention « Mort pour la France » par décision du 3 mai 1947.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article210071, notice BOISSADIE Joseph par Robert Goujon, version mise en ligne le 2 janvier 2019, dernière modification le 2 janvier 2019.

Par Robert Goujon

Stèle du dépôt SNCF de Roanne

SOURCES : Site Guide des recherches SNCF pour la période 39/45 - 118LM120/009. — Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. Tome 2 p 1368. — J.O.R.F. n° 228 du 02/10/1987 p.11520. — SHD n° 21 P427 639. — Recherche de l’IHS CGT cheminot de Lyon.

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