NUDEL Jacob (Jacques)

Par Patrick Bec

Né le 13 octobre 1914 à Varsovie (Pologne), mort en action le 11 juin 1944 à Clavières (Cantal) ; électricien ; résistant au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Jacob Nudel est né dans une famille juive de Varsovie (Pologne) qui, en raison des pogroms, a émigré en Belgique en 1922. A l’âge de 15 ans, après le décès de son père, Jakob travaille comme électricien. Il s’est marié en 1939 avec Gisèle Dreuger, belge d’origine polonaise. Ils auront un fils, Michel. Lors de l’invasion de la Belgique en mai 1940 le couple se réfugie vers Revel (Haute-Garonne), puis en raison des lois anti juives de l’Etat français, il est interné au camp d’Agde (Hérault), puis au camp de Rivesaltes (Pyrénées Orientales). « Au sein du camp, explique Gisèle, se trouvaient des Espagnols, des Juifs et des Tsiganes. Les hommes et les femmes vivaient séparément. Un jour, un ingénieur de l’entreprise Borie, qui construisait le barrage de Saint-Étienne-Cantalès (Cantal) et qui manquait de main d’oeuvre en raison des prisonniers en Allemagne, vient recruter trente ouvriers espagnols. Mon mari, électricien, les intéressait et il a pu sortir. Il a pu avoir un salaire, un logement. Mais c’est surtout le maréchal des logis-chef Louis Ravaudet qui nous sauve. Il dit à mon mari qu’il refuse de l’inscrire comme juif, et qu’il s’appelle désormais Jacques Nudel, fausse carte d’identité à l’appui. » (..) ils parviennent à faire sortir Gisèle du camp de Rivesaltes, qui risquait, si elle y était restée, de devenir l’antichambre de Drancy puis d’Auschwitz.« Je suis arrivée à Laroquebrou à l’automne 1941. Notre fils Michel est né en août 1943 et la voiture d’enfants a souvent servi à transporter des postes radio que mon mari réparait. Il s’était intégré au groupe de résistants du barrage. Fin mai 1944, il rejoint le maquis. Je ne l’ai revu que le 4 ou le 5 juin, quelques minutes. Il m’a dit : "le débarquement est proche". Puis il y eut Clavières. »
Il avait rejoint la 26e Compagnie de FFI qui participa aux combats de Clavières (Cantal), le 11 juin 1944, dans le cadre de la bataille du Mont-Mouchet opposant une concentration de plusieurs milliers de résistants à l’appel des Mouvements Unis de la Résistance, aux troupes allemandes. Voici le récit que fait Eugène Martres de ces événements :
« En fin de matinée (10 - 11 heures) les troupes allemandes se présentaient à l’entrée du village de Clavières. Le bazooka tira et jeta au fossé la première voiture de reconnaissance blindée mais les servants du bazooka furent tués par la riposte ennemie. Dans Clavières un nouveau combat s’engagea jusqu’à 12 ou 13 heures, les maquisards faisant front au fusil mitrailleur et à la grenade. C’était un mélange de soldats chevronnés et d’adolescents inexpérimentés. (...) Vers 13 heures Clavières fut évacué. La 26e cie, déjà fortement éprouvée, prit position au nord-est du village et continua à tirer sans interruption jusqu’à 16 heures. »
C’est lors de ces combats que Jacob Nudel fut tué. Il avait 30 ans.
« Jacob Nudel est mort le dimanche 11 juin 1944, d’une balle en plein cœur, sur une lande de bruyère qui domine le village de Clavières. On m’a assuré qu’il est mort très vite, d’une balle au cœur. » a écrit Fanny Heyman-Duclaux du service social du Comité départemental de la libération du Cantal à sa veuve Gisèle, début septembre 1944. (Hors série - La Montagne)
La stèle de Puech-Farrat et un panneau explicatif placé à proximité évoquent les derniers combattants de la 26e Cie avec le sous-lieutenant Bories : "Juin 1944 Ici tombèrent 15 héros de la Résistance".
Le nom de Jacob Nudel figure sur la stèle commémorative "A la mémoire des patriotes de la 26e compagnie venus de Laroquebrou, tombés à Clavières le 11 juin 1944" avec 35 autres noms. Il est également inscrit sur le monuments aux Morts de Laroquebrou.
Il a été déclaré "Mort pour la France", homologué FFI.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article210238, notice NUDEL Jacob (Jacques) par Patrick Bec, version mise en ligne le 6 janvier 2019, dernière modification le 1er octobre 2019.

Par Patrick Bec

SOURCES : AVCC, dossier Jacques Nudel : AC 21 P 123190 (non consulté) .— Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007 .— Manuel Rispal, Tout un monde au Mont-Mouchet, Ytrac, éditions Authrefois, 2014. — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— État civil (AD 15) .— Manuel Rispal, "Jacob Nudel pour notre liberté", Auvergne 1945 - Les chemins de la victoire, La Montagne, p. 59 .— Manuel Rispal, La Libération désirée, tome 2 Massif Central, éditions Authrefois 2016, p. 113 .— MémorialGenWeb

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