CRAIPEAU Maria [née ROTHENBERG Maria]

Par Jean-Michel Brabant

Née en décembre 1916, en Pologne, morte le 3 avril 1998 à Paris ; militante trotskiste puis journaliste de gauche.

Maria Rothenberg, qui devait devenir la compagne d’Yvan Craipeau naquit, en décembre 1916, en Pologne. Dès l’âge de quatorze ans, elle adhéra à la Jeunesse communiste polonaise et dut s’exiler pour son action politique. Rejoignant en France la JC et le Parti communiste, elle s’occupait plus spécialement de l’organisation du travail polonais du Parti. Elle milita d’abord, dans le cadre de l’usine Renault de Boulogne-Billancourt puis dans le XIVe arr. de Paris.
La victoire d’Hitler en Allemagne devait l’amener en 1933 à rejoindre l’opposition trotskiste dans la Ligue communiste. Militante des Jeunesses léninistes qui regroupaient les jeunes oppositionnels, elle adhéra, en septembre 1934, au Parti SFIO avec l’ensemble des trotskistes.
Elle représentait, en 1935, à la commission exécutive de la fédération de Seine-et-Oise des Jeunesses socialistes, la tendance bolchevik-léniniste. Exclue avec les militants de cette tendance au congrès national de la JS réuni à Lille en juillet 1935, elle le fut également du Parti SFIO, le 2 octobre.
Dans le même temps, Maria Craipeau était, depuis septembre 1935, suppléante au comité central de sa tendance et fut également gérante de son organe La Vérité. Elle devait adhérer par la suite au Parti ouvrier internationaliste et à la Jeunesse socialiste révolutionnaire fondés en 1936. À cette époque, inculpée pour avoir vendu, en août 1935, un numéro saisi du journal Révolution, elle fut condamnée, le 6 février 1936, à un mois de prison avec sursis et à 100 F d’amende.
En 1938, Maria Craipeau qui s’était liée d’amitié avec Sylvia Ageloff, jeune militante trotskiste américaine du « Socialist Workers Party », venue passer quelques mois en France, connut par son intermédiaire Ramón Mercader (alias Jacques Mornard), futur assassin de Trotsky, qui courtisa Sylvia afin de se lier aux milieux trotskistes, pour le compte des services secrets soviétiques. Maria Craipeau a conté ces faits vingt ans plus tard dans un article de France-Observateur, 19 mai 1960.
Après avoir suivi les trotskistes dans leur adhésion au Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert, Maria Craipeau participa, au début de l’Occupation à la reconstitution du POI dont elle devint une responsable pour la région parisienne. Elle milita également dans les rangs de la Résistance.
Au lendemain de la guerre, elle partit à New York comme journaliste et ne revint, en France, qu’en 1957. Elle participa par la suite à la rédaction de Franc-Tireur et assura la rubrique concernant le cinéma de la revue Raison présente.
Maria Craipeau a abandonné l’action militante organisée après la guerre. Divorcée d’avec Yvan Craipeau, elle prit en secondes noces le nom de Blunden mais continua à signer ses articles et ses livres Maria Craipeau.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21042, notice CRAIPEAU Maria [née ROTHENBERG Maria] par Jean-Michel Brabant, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Jean-Michel Brabant

ŒUVRE : Avec Louis Lengrand, Louis Lengrand, mineur du Nord, 192 p. Seuil, 1974. — Avec Visirova Tania : La Visirova. Du Caucase aux Folies Bergères, 256 p., Mazarine, 1980.

SOURCES : La Vérité, 16 mars et 19 octobre 1934, 25 mai 1935. — Révolution, 3 septembre 1935 et 15 février 1936. — La Commune, février 1936. — C. Mélinand, Trotskistes et pivertistes, mémoire de maîtrise, Paris I, 1970. — S. Ketz, De la naissance du GBL à la crise de la section française de la LCI (1934-1936), mémoire de maîtrise, Paris I, 1974. — Pierre Broué, L’assassinat de Trotsky, Bruxelles, Éditions Complexe, 1980. — Yvan Craipeau, Mémoires d’un dinosaure trotskiste, L’Harmattan, 1999. — Témoignage d’Y. Craipeau.

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