MUIRSON Charles-Sylvestre

Par Gauthier Langlois

Né le 26 février 1823 à Avranches (Manche), mort après 1857 ; professeur de mathématiques et d’anglais ; quarante-huitard de tendance communiste, administrateur de clubs.

Charles Sylvestre (ou Silvestre comme orthographié sur son acte de naissance), est le fils de Jean de Lancey Muirson, âgé de 26 ans et de son épouse Marie Louise Michelle Cordon âgée de 24 ans, tous les deux résidants à Avranches (Manche). Le père, officier d’infanterie anglais originaire de Guernesey, était un partisan de la Révolution de 1830 et de la démocratie. Il avait fait paraître en 1832 à Paris, une brochure défendant le suffrage universel, y compris féminin, en appelant le roi Louis-Philippe et la chambre des députés à le mettre en place dans un esprit de concorde et afin de respecter à la fois l’ordre et la liberté.

Né d’un père britannique, Charles Sylvestre fut naturalisé par décret du 18 mai 1849. Il demeurait alors à Paris, 6 rue Royer-Collard (Ve arr.) puis 2 rue de Vaugirard (VIe arr.).

Dans la lignée des idées progressistes de son père, Charles Sylvestre fut un partisan de la Révolution de 1848. C’était l’un des orateurs du « Club Saint-Antoine », ouvert par une déclaration du 2 septembre 1848. Son confrère Édouard Merlieux en était le président, Louis-Charles Thomas le vice-président, Charles-Sylvestre Muirson et l’étudiant en médecine Jacques-Henri Valleton en étaient les secrétaires. En faisaient également partie un autre confrère, Jean-Marie-Édouard Vidal, l’homme de lettres Barnabé Chauvelot, un ancien adjoint au maire de l’ancien XIIe arr., Jean-Baptiste Joseph Bocquet et un certain Piboin. Le « Club Saint-Antoine » possédait également une succursale sous le nom de « Club du Vieux-Chêne » ou des « Vieux-Chênes » qui se réunissait dans le cabaret du même nom, au 67 rue Mouffetard (Ve arr.).

Le bureau du « Club Saint-Antoine » et la plupart de ses orateurs étaient entièrement acquis aux idées de Proudhon, notamment sur la propriété. Pour les propos considérés comme contraire à l’ordre public qu’ils avaient tenus ou tolérés, Muirson et ses amis furent jugés à plusieurs reprises par la Cour d’assise de la Seine. Dans son audience du 28 novembre la cour accusa Merlieux d’avoir, dans une séance du « Club du Vieux-Chêne » du 25 septembre, toléré la discussion de propositions contraires à l’ordre public. Ces propositions, signées de Barnabé Chauvelot, de Bocquet et de Piboin, attaquaient l’Assemblée nationale, la bourgeoisie, la propriété. Pour ces faits la cour condamna Barnabé Chauvelot, Bocquet et Vidal à un an de prison et 1000 francs d’amende ; Merlieux, Muirson et Valleton à trois mois de prison, 500 francs d’amende et 5 ans d’interdiction de droits civiques ; Thomas à 200 francs d’amende et 2 ans d’interdiction de droits civiques. En appel, dans l’audience du 30 décembre, Vidal et Bocquet furent condamné à six mois de prison et 1000 francs d’amende, Merlieux à cinq mois et 500 francs d’amende ; Thomas, Muirson et Valleton furent acquittés.

Muirson et ses amis comparurent encore devant cette cour le 7 février 1849. Pour les propos qu’ils avaient tenu le 16 octobre au « Club de Cambronne » présidé par Valleton, ils furent condamnés aux peines suivantes : Merlieux à un an de prison et 500 francs d’amende ; Valleton à deux mois de prison, 200 francs d’amende et trois ans d’interdiction de droits civiques ; Muirson à un mois de prison, 200 francs d’amende et deux ans d’interdiction de droits civiques ; les frères Charles et Henri Dupouey à 200 francs d’amende chacun. Pierre Bouclier, un chauffeur illettré qui tenait lieu de secrétaire fut acquitté.

En 1857 Muirson, qui résidait toujours à Paris, fit paraître un manuel de grammaire anglaise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article210506, notice MUIRSON Charles-Sylvestre par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 16 janvier 2019, dernière modification le 14 décembre 2021.

Par Gauthier Langlois

ŒUVRE : La Grammaire anglaise... enseignée en vingt-et-une leçons... ouvrage élémentaire revu sur les travaux de Vergani et d’Hamonière, par le professeur Muirson, Paris, Hingray, 1857.

SOURCES  : État civil d’Avranches. — Les Droits et la pensée de la France, dédiés à la Nation, aux Chambres et au Roi, par J. Muirson. Paris, Delaunay, 1832. — La Presse, 29 novembre 1848, p. 2. — Bulletin des lois, 1849, p. 679. — Gazette des tribunaux, 29 novembre 1848, 8 février 1849,

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