DE LANCEY MUIRSON Jean

Par Gauthier Langlois

Né le 1er août 1797 à Guernesey (îles anglo-normandes), mort après 1848 ; officier de l’infanterie anglaise puis professeur d’anglais ; auteur en 1832 d’une brochure en faveur d’un suffrage universel indirect ouvert aux hommes, femmes et enfants ; père du quarante-huitard Charles Sylvestre Muirson.

Jean était le fils de Silvester Muirson, capitaine de « The Independant compagnie of invalid » en garnison à Guernesey à partir de 1791, et de son épouse Elisabeth Bargef. En 1805, Jean, après la mort de son père, obtint avec ses sœurs Harriet, Muria, Mary Anne et Clara, une pension de 250 livres. Établi à Avranches (Manche) non loin de Guernesey, il y épousa le 22 novembre 1821 Marie-Louise Michelle Cordon (née à Avranches le 26 messidor an VIII, fille de Jean Cordon, vivant de son bien et de Louise Langlois).

En 1832 il fit paraître à Paris une brochure qui critiquait la Chambre des députés : « La chambre des députés ne représente pas la nation car élue au suffrage censitaire par 200 000 personnes sur les 32 millions d’habitants. ». Pour justifier sa comparaison entre le nombre de votants et le nombre d’habitants, il affirmait : « Que les femmes soient aptes ou non à prendre part à leurs intérêts politiques, ce n’est qu’une question d’opinion, d’éducation et de temps ; mais ce n’en est pas une que ces mêmes intérêts ont le droit d’être représentés, et elles ne peuvent (ainsi que leurs enfants), en aucune manière compter pour zéro. Effectivement, ne sont-elles pas comme veuve, fille, ou autrement imposées selon leur fortune ? Ne sont-elles pas reconnues dans le commerce, devant la loi et en justice ; pourquoi donc ici ne les aurais-je pas comprises ? A la mort de leur mari, qui peut même avoir été député, sont-elles exemptées de contribuer aux besoins de l’État ? » Il reconnaissait ainsi implicitement aux femmes (et aux enfants) le droit de voter.

A la place du suffrage censitaire il proposait un suffrage universel indirect, inspiré par les mathématiques. Le corps électoral devait être divisé en fractions de dix personnes. Chaque fraction devait élire un délégué. Chaque groupe de dix délégués devait élire à son tour un délégué et ainsi de suite jusqu’à élire un député, représentant 50 000 personnes. Au total ce système devait permettre l’élection de 640 députés.

Il appelait le roi Louis-Philippe et la Chambre des députés à mettre en place ce système dans un esprit de concorde, afin de respecter à la fois l’ordre et la liberté.

Par arrêté du 6 mai 1848 Jean de Lancey Muirson obtint la citoyenneté française. Il était alors maître d’anglais au collège de Pontivy (Morbihan).

Son fils, Charles Sylvestre Muirson, dans lignée de son père, fit une carrière de professeur de mathématiques et d’anglais et participa à la Révolution de 1848.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article210614, notice DE LANCEY MUIRSON Jean par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 16 janvier 2019, dernière modification le 2 février 2019.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : A List of the Officers of the Army and of the Corps of Royal Marines, G.E. Eyre and W. Spottiswoode, 1802, p. 369. — Extraordinary Red Book : A List of All Places, Pensions..., J. Blacklock, 1816, p. 68. — Archives de la Manche, acte de mariage 1821. — Bulletin des lois, 1849, p. 183.

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