BEAUBIAT Louis, Pierre

Né le 25 avril 1845 à Limoges (Haute-Vienne), mort le 22 décembre 1908 dans cette même ville ; avocat et publiciste ; un des fondateurs de la section de l’AIT de Limoges.

Après avoir fait ses études au lycée de sa ville natale, Beaubiat passa sa licence en droit et devint avocat. Républicain actif, il connut la prison sous l’Empire, et dépensa peu à peu la plus grande partie de sa fortune pour la propagande, ce qui provoqua une pénible rupture avec sa famille, hostile à ses idées.
Beaubiat fut un des chefs du mouvement de la Commune à Limoges. Peu après la proclamation de celle-ci, il fut envoyé à Paris auprès du Comité central de la Garde nationale et reçu par Edgar Monteil qui lui expliqua le sens de la Révolution communaliste, fédéraliste et décentralisatrice, et promit l’envoi d’un délégué du Comité central à Limoges.
Par la suite, il siégea, à plusieurs reprises, au conseil municipal avec quelques militants ouvriers. Sa vive éloquence faisait de lui un orateur écouté. Il fut également conseiller d’arrondissement.

Publiciste, il fonda à Limoges un journal hebdomadaire, La Réforme (1881-1882). Il collabora par la suite à d’autres journaux : Le Rapide (1887-1889), Le Petit Centre (1882-1904). Il donna aussi plusieurs articles d’histoire locale à la revue Limoges illustré.
Malgré ses qualités d’avocat et de publiciste, il dut prendre, faute de ressources, un petit emploi administratif sur les confins sahariens de la Tunisie où il séjourna plusieurs années. Il revint en France à la suite d’une réforme des cadres de fonctionnaires coloniaux, sans la moindre retraite. Épuisé par la maladie, il vécut dès lors dans le plus complet dénuement.
Les difficultés de l’existence lui avaient aigri le caractère. Ses brusques sautes d’humeur lui valurent parfois des ennemis. Mais, sous des dehors bourrus, il cachait un grand cœur.
Dans les dernières années de sa vie, il milita à la « Libre Pensée ».
Il est mort seul dans sa chambre, le 22 décembre 1908, âgé de 63 ans. Le médecin légiste conclut à une mort naturelle, en dépit de la présence à son chevet d’un flacon de teinture d’iode à moitié vide.

Auteur d’un « Rapport sur les subventions aux fabriques des églises » présenté au nom de la commission nommée par le conseil municipal en 1871, il a conté dans le journal Le Socialiste du Centre ses souvenirs sur l’action menée par la Première Internationale à Limoges (2-6 juin 1907) et sur le mouvement communaliste dans cette ville (18 mars au 4 avril 1907).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article210624, notice BEAUBIAT Louis, Pierre, version mise en ligne le 16 janvier 2019, dernière modification le 16 janvier 2019.

SOURCE : Le Socialiste du Centre, 18 mars au 4 avril 1907 ; 2-6 juin 1907.

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