DUPOUEY Charles [DUPOUEY Dominique Charles Lucien]

Par langlois gauthier

Né le 8 janvier 1824 à Tarbes (Hautes-Pyrénées), mort le 11 décembre 1914 à Tarbes ; étudiant en droit puis avocat, greffier, homme de lettres et archéologue ; quarante-huitard, délégué au Comité central, membre d’un club partisan de Proudhon.

Charles Dupouey (parfois improprement orthographié Duponey) était issu d’une famille de notables, qualifiée de quasi-aristocratique par son biographe Fernand Lagarrigue. D’ailleurs Charles semble avoir signé certaines de ces œuvres sous le nom Du Pouey pour faire plus aristocratique. C’était le fils cadet de Dominique Dupouey, greffier en chef au tribunal de Tarbes et de Charlotte Vergez, mariés à Tarbes le 8 mai 1822. Du côté paternel Charles était le neveu du général Dupouey ; du côté maternel le petit-neveu de l’intendant, du médecin et de l’un des évêques du roi Charles X.

Il commença à l’âge de 17 ans des études de droit à Toulouse et collabora dès cette époque à différents journaux de la région. Il abandonna momentanément ses études pour faire son service militaire au 2e régiment de hussards à Béziers. Puis il reprit ses études de droit à Paris, où son frère aîné Henri était installé. Charles demeurait alors au 48 rue Basse-du-Rempart (9e arr., ancien 1er arr.).

Bien qu’issus d’une famille monarchiste et légitimiste, les deux frères adhérèrent, comme beaucoup de jeunes étudiants, à la Révolution de 1848. Charles fut élu président des comices électoraux républicains du premier arrondissement de Paris puis fut délégué par les assemblées populaires au Comité central des élections démocratiques de la capitale.

Charles Dupouey et son frère Henri appartenaient à un groupe de démocrates socialistes qui prêchaient les idées de Proudhon et qui étaient dirigés par le professeur de mathématiques Édouard Merlieux. Les deux frères comparurent avec leurs amis devant la Cour d’assise de la Seine, le 7 février 1849, pour les propos qu’ils avaient tenus ou tolérés le 16 octobre au « Club de Cambronne » présidé par l’étudiant en médecine Jacques-Henri Valleton et dont un chauffeur, Pierre Bouclier tenait lieu de secrétaire. Ils furent condamnés aux peines suivantes : Édouard Merlieux à un an de prison et 500 francs d’amende ; Valleton à deux mois de prison, 200 francs d’amende et trois ans d’interdiction de droits civiques ; le professeur de mathématique Charles-Sylvestre Muirson à un mois de prison, 200 francs d’amende et deux ans d’interdiction de droits civiques ; les frères Charles et Henri Dupouey à 200 francs d’amende chacun. Seul Pierre Bouclier fut acquitté, parce qu’il était illettré.

Ses études achevées, Charles Dupouey commença une carrière d’avocat tout en continuant à collaborer à des journaux et au Dictionnaire de la conversation et de la lecture. Rappelé par sa famille à Tarbes il s’installa, tout comme son aîné, comme avocat au barreau de cette ville. Puis en 1859 il prit la succession de son père comme greffier en chef au tribunal. Il continua ses collaborations à divers journaux, notamment comme fondateur de la Chronique de Bigorre (1856-1857). Passionné par l’Histoire et l’archéologie il publia de nombreuses contribution dans le bulletin de la « Société académique des Hautes-Pyrénées », dont il était le secrétaire et son frère l’un des membres.

À la fin du Second Empire et sous la IIIe République il se préoccupait à nouveau de politique et de société comme le montrent les titres de ses brochures publiées sur les femmes, les élections législatives et l’éducation civique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article210634, notice DUPOUEY Charles [DUPOUEY Dominique Charles Lucien] par langlois gauthier, version mise en ligne le 17 janvier 2019, dernière modification le 18 janvier 2019.

Par langlois gauthier

ŒUVRE : — Mes antécédents avec lesquels on doit m’étriller si je donne suite au procès en diffamation que j’ai intenté à MM. D... et M..., à l’occasion des lettres anonymes... Sept. 1853, Tarbes : impr. J.-A. Fouga, 1853. — Chronique de Bigorre [journal], Tarbes, 1856-1857. — Conférences publiques de Tarbes. Causerie critique sur la femme, par M. Charles Du Pouey [12 juin 1869], Tarbes, impr. de T. Telm, 1869. — Élections du 8 février à l’Assemblée nationale dans le département des Hautes-Pyrénées par Charles Du Pouey (14 février 1871), Bordeaux : imp. de A. de Lanefranque, 1871. — L’Enseignement civique dans l’école primaire, par Charles Du Pouey, mémoire présenté au concours du "Manuel général de l’instruction primaire" Paris : E. Cazaux, 1880.

SOURCES : Gazette des tribunaux, 8 février 1849. — « Les clubs sous la Seconde, république », Revue politique et parlementaire : questions politiques, sociales et législatives, Paris, 1908, p. 136-137. — Les Méridionaux, galerie des contemporains par Fernand Lagarrigue : Roumanille... Jules Brisson, Jacques Azais, Aimé Vingtrinier, Sausse-Villiers, Charles Dupouey, Paris, F. Sartorius, 1860, p. 181-192. — Guyot de Fère, Biographie et dictionnaire des littérateurs et des savants français contemporains, 1859-1864. — Rienzi, Panthéon des lettres, des sciences et des arts, 1893. — Médias19, Charles Dupouey - Notice biographique

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