CRÉPEAU Eugène, Maurice, Clément

Par Jacques Girault

Né le 16 août 1920 à Saint-Vincent-Sterlanges (Vendée) ; instituteur ; syndicaliste et militant communiste ; maire d’Hennebont (Morbihan) de 1959 à 1979 ; conseiller général (1976-1982).

Le père d’Eugène Crépeau, roulier dans l’usine Portland (chaux et ciments) de Saint-Vincent-Sterlanges qui ferma en 1933, trouva après une période de chômage un emploi de laitier. Sa mère, à la différence de son père, était croyante et pratiquante. Ses parents lui firent donner une instruction catholique au catéchisme. Élève externe, hébergé dans sa famille, à l’école primaire supérieure de Bressuire (Deux-Sèvres), il entra à l’École normale d’instituteurs de Vannes (Morbihan) en 1938. Dès 1940, il remplaça à Plœmel un instituteur mobilisé. Après avoir obtenu le brevet supérieur, il commença sa carrière d’instituteur à Locmiquélic sur la rade de Lorient. Après les bombardements de la base sous-marine en janvier 1943, son école fut transférée dans le château de Béganne sur la rive droite de la Vilaine. Réfractaire au Service du travail obligatoire en août 1943, il passa le reste de la guerre chez ses parents en Vendée. En octobre 1944, il reprit son poste d’instituteur puis accomplit son service militaire (juin 1945-janvier 1946) comme téléphoniste dans les dragons en Allemagne.

Il se maria civilement en janvier 1947 à Hennebont avec une institutrice, fille d’un marin-pêcheur. Militants laïques, ils ne firent pas donner de sacrements religieux à leurs enfants.

Après avoir enseigné notamment à La Roche-Bernard et à Malansac, Eugène Crépeau fut nommé en octobre 1949 instituteur au cours complémentaire d’Hennebont. Devenu professeur d’enseignement général à la fin des années 1960, il termina sa carrière en 1975 comme sous-directeur du collège d’enseignement secondaire Langevin.

Membre du Syndicat national des instituteurs, Eugène Crépeau se prononça pour le maintien dans la CGT avec de nombreux instituteurs du département. Il fut le secrétaire départemental de la FEN-CGT (juillet 1948-septembre 1950) tout en étant membre du SNI. Il participa en septembre 1950 à une délégation syndicale en URSS de la Fédération internationale des syndicats d’enseignants. De plus, il avait des responsabilités dans l’union locale CGT d’Hennebont et dans l’Union départementale CGT. Au début des années 1950, il devint membre du bureau de la section du Morbihan du SNI.

Crépeau adhéra en janvier 1950 au Parti communiste français. Comme nombre de ses camarades, il admit difficilement la décision du Parti communiste en janvier 1954 de demander aux instituteurs communistes de ne militer qu’au SNI car la FEN-CGT était puissante dans son département. Il participa au stage central organisé par le PCF pour les instituteurs communistes (11-28 septembre 1955).

Secrétaire de la section communiste d’Hennebont jusqu’en 1959, puis membre du comité ou du bureau de la section, Crépeau fit partie du comité de la fédération communiste à partir de 1953, du bureau fédéral (1957-1966), du secrétariat fédéral (1955), puis à nouveau du comité fédéral (1966-1982). Il suivit les cours de l’école centrale d’un mois. Il militait aussi dans l’association France-URSS, dans les divers mouvements laïques dont le foyer laïque d’Hennebont.

Eugène Crépeau fut élu conseiller municipal d’Hennebont en 1953 avec d’autres élus de gauche. Devenu maire en 1959, il fut réélu en 1965, en 1971, en 1977. Cette année-là, la liste d’union de la gauche qu’il conduisait l’emporta avec 4 193 voix sur 8 733 inscrits. Deux ans plus tard, il démissionnait pour transmettre à Jean Le Borgne la fonction de maire. Il resta conseiller municipal jusqu’en 1995. Pendant ces années, il présida l’office d’HLM de la ville de 1959 à 1971, puis de 1983 à 1995, organisme qui joua un grand rôle dans la reconstruction de la ville sinistrée. Dans les années 1970, il anima aussi comme président de la commission de l’hôpital sa modernisation.

Eugène Crépeau fut candidat au conseil général dans le canton d’Hennebont en 1954, en 1958 (1 842 voix sur 14 826 inscrits, troisième position), en 1964, en 1970 (battu au deuxième tour). En 1976, après avoir obtenu 5 194 voix au premier tour, il fut élu, le dimanche suivant, avec 7 582 voix, conseiller général. Il participa à la commission des activités économiques. Il ne se représenta pas en 1982 et le candidat socialiste lui succéda.

Crépeau fut aussi candidat aux élections législatives de 1962 dans la sixième circonscription du Morbihan. Il arrivait en deuxième position avec 7 624 voix sur 57 080 inscrits. À nouveau candidat en 1967 et en 1968, en 1973, il obtenait alors 12 057 voix sur 53 276 inscrits. Arrivé en tête des candidats de gauche, avec 17 831 voix au deuxième tour, il ne faisait pas le plein des voix de gauche. La même situation se produisait lors des élections législatives de 1978, 12 472 voix sur 57 421 inscrits, et 23 142 voix au deuxième tour. La presse signalait alors le mauvais report des voix de gauche. Il fut également candidat aux élections législatives de 1981 et aux élections sénatoriales (1965, 1974).

Il s’occupa pendant une vingtaine d’années de l’association départementale des élus communistes et républicains.

Dans les années 1990, Crépeau adhéra au SNUipp-FSU et en demeura adhérent après sa retraite. Se contentant de diffuser la presse communiste, il militait aussi dans le comité local du Secours populaire. Il composa aussi un ouvrage paru en 1997 sous le titre 50 ans de vie hennebontaise.

Il fêta ses cent ans, le dimanche 16 août 2020, avec ses anciens collaborateurs

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21072, notice CRÉPEAU Eugène, Maurice, Clément par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 28 novembre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse nationale et locale (Le Télégramme). — Renseignements fournis par l’intéressé.

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