BARRIER Elie, Jean

Par Patrick Bec

Né le 17 décembre 1935 à Gerzat (Puy-de-Dôme), massacré le 10 juin 1944 à Ruynes-en-Margeride (Cantal) ; écolier ; victime civile.

Elie Barrier était le fils de Elie, Marius, Antonin Barrier, garde-voies à la gare de Ruynes, et de Marie-Andrée Rouffet, mariés à Courpière (Puy-de-Dôme) le 3 février 1933. Son père, né le 21 mai 1912 (mort en 1988) était entré dans la Résistance.

Le samedi 10 juin 1944 vers midi, le détachement allemand de reconnaissance n° 1000 Aufklärungsabteilung, 3 compagnies d’Azerbaïdjanais, probablement 2 compagnies du 19e régiment SS de Police de l’ordre, soit 800 à 900 hommes, sous le commandement du chef de bataillon Enns, a quitté Saint-Flour pour monter à l’assaut du maquis du Mont-Mouchet. (Martres)
Dans « A nous, Auvergne ! », Gilles Lévy et Françis Cordet donnent un compte-rendu très précis du passage à Ruynes de la colonne allemande :
« A 14 heures, des coups de feu éclatent sur la route de Saint-Flour (...) ; le jeune Boulet tout essoufflé arrive en criant : "Les Allemands sont là." Les premières victimes civiles, René Claude et Henri Rousseau, viennent d’être abattues sous les yeux du jeune Boulet à moins de deux kilomètres de là. Une colonne allemande d’environ 250 hommes atteint le bas de la côte qui mène au bourg de Ruynes-en-Margeride. Le garde champêtre Vital Boulet donne à son tour l’alarme. Les hommes jeunes et valides se terrent dans les ravins proches. La colonne aborde le village selon des ordres précis. Les Allemands vont s’y livrer à un véritable massacre.
Deux maisons flambent déjà ; dans la première deux enfants malades sont jetés hors du lit. Mme Simone Barlier est abattue dans son jardin ; un peu plus loin c’est le tour de Dominique Tanari, réfugié marseillais de soixante-quatre ans, qui coupe son bois. De toutes les maisons les hommes sont poussés au hasard jusqu’à la fusillade. Avenue de la gare, tombent le percepteur Lucien Fabre et Louis Munery (vingt-cinq ans), gendre du propriétaire de l’hôtel. Plus loin, l’instituteur Jean Chalvet, arraché à son école, est emmené avec Emile Drigout (quarante ans) et le garde-voie Adrien Cosson ; ils sont fusillés à l’entrée d’un pré. Autour de la place de l’église tombent Marcel Bénézit, professeur au lycée de Montpellier, deux gardes-voies Pierre Chabrier et Florimond Delin et un enfant de huit ans, Elie Barrier. » (Lévy-Cordet)
Elie Barrier avait 9 ans.

Le nom Emile (au lieu de Elie) Barrier est gravé sur la plaque apposée dans l’église de Ruynes en "hommage aux victimes de Ruines sauvagement assassinés par les Allemands le 10 juin 1944", ainsi que sur le monument commémoratif des fusillés, à la mémoire des 26 martyrs de la commune. Il est également gravé sur le monument de la Résistance à St-Flour (Cantal).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article210800, notice BARRIER Elie, Jean par Patrick Bec, version mise en ligne le 21 janvier 2019, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Patrick Bec

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 90 ; 908 W 150 ; 908 W 281 : enquêtes pour crimes de guerre dans le Cantal (non consultés) .— SHD Vincennes, dossiers de résistant de Elie Barrier : GR 16 P 35094, (non consulté) . — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 . — Gilles Lévy, Francis Cordet, A nous, Auvergne !, Presses de la Cité, 1974. — Jean Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir. Cantal, 1940-1944, Aurillac, Association des Maquis et Cadets de la Résistance du Cantal, 2007 . — État civil (AD 15) . — MémorialGenWeb.

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