CRESPIN Henri, Fernand, Lucien

Par Yves Dauriac, Mauricette Laprie, Claude Pennetier

Né le 8 mai 1902 à La Flotte-en-Ré (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort le 2 novembre 1974 à Périgueux (Dordogne) ; ouvrier chaudronnier ; syndicaliste CGT et militant communiste de la Charente-Inférieure.

Fils d’un marin pêcheur et d’une ménagère, Henri Crespin fréquenta l’école primaire jusqu’à treize ans. Il se maria le 28 février 1925 à La Rochelle avec Yvonne Lucile Antoinette Porcheron, née le 23 mars 1906 à La Rochelle, sans profession, décédée le 16 octobre 1980 à Gimont (Gers)

Henri Crespin était ouvrier chaudronnier sur cuivre. Il adhéra en 1922 au Parti communiste à La Rochelle, fut délégué de la 19e entente des Jeunesses communistes au congrès national de 1924. Il était trésorier de la cellule de la ville en 1934. Il habitait alors 56 rue Alcide d’Orbigny.
Inscrit au carnet « B », il avait été condamné à 3 mois de prison pour propos antimilitaristes.

Henri Crespin, était secrétaire du 4e rayon de Bordeaux Bastide, le 10 janvier 1926, lors de la réunion du 4e rayon relative à la « fusion des rayons de Bordeaux » avec Lacombe cellule de la Souys, Guérin de Floirac, Nauthier de la cellule 3e, Noguès des Magasins généraux, Julien et Boudeau de la cellule 11 et 4 autres camarades de diverses cellules. Pichon, secrétaire général, n’assista pas à la réunion. Fut évoqué le cas de Cressain qui habitait La Bastide, soupçonné d’être un « mouchard ». Il participa le 21 mars 1926 à l’assemblée d’information du Comité d’Action de la 13e région communiste au Cercle des Travailleurs, rue Montméjean à Bordeaux, avec Simon, secrétaire du Comité régional qui présidait, assisté de Léon Bonefons délégué du Comité central de Paris ; parmi les militants de la région, on remarquait Constant, Amat, Pichon, Roumegous, Biot, Crespin, Gaud, Grangé, Coulon, Freyssinet, Noguès et sa femme. Le 30 avril 1926, à l’assemblée d’information des 3 rayons de Bordeaux de la 13e région communiste à l’Athénée de Bordeaux, il fut en opposition avec Henri Courtade face à Léo Pichon, Simon, Noguès et sa femme. Le 9 décembre 1927, lors d’une réunion de la cellule n° 12 dans une salle de la Société coopérative-boulangerie de Lormont, ii fut particulièrement remarqué avec « Yvonne Porcheron, femme Crespin, Louis Dehez et sa femme, Barrière, Bordage et Escudey ». Sa femme, était membre de la cellule de Lormont en décembre 1927.

Il avait commençé à militer dans les syndicats CGTU en Charente-Inférieure. Secrétaire de la métallurgie de Bordeaux en 1928, il démissionna en décembre de la même année. Il participa au congrès d’unification de l’union départementale en janvier 1936 et fut délégué avec Jean Valleteau, confédéré, nouveau secrétaire de l’UD, au congrès national de la CGT de Toulouse en mars 1936. Il devint secrétaire du syndicat des métaux cette même année et joua un rôle de premier plan avec Yves Le Dluz dans les conflits de l’époque dans le bassin de la Rochelle-La Pallice.

Henri Crespin fut secrétaire de l’Union locale de La Rochelle en 1938-1939 et secrétaire général de l’Union départementale de Charente-Inférieure en 1939.

Dans son autobiographie du 8 mai 1937, il se réclamait de Pichon, Vrigneaud et Renaud Jean.

Crespin refusa de condamner le Pacte germano-soviétique et fut exclu de la CGT. Il fut arrêté le 12 août 1940. De 1941 à 1943, il séjourna dans des camps d’internement en France puis en Algérie au camp de Djelfa. Le débarquement des troupes anglo-américaines lui permit de recouvrer la liberté au milieu de l’année 1943. Il fut alors affecté un temps par la délégation du PCF à Alger, puis en Tunisie en tant que permanent syndical. Il y participa à ce titre à la reconstitution et à la direction de l’Union locale de Sfax. Il exprima quelques réserves lors de l’éviction de Farhat Hached de l’UD au cours du XVIIIe congrès et tenta en vain de le dissuader de fonder les syndicats autonomes. Il rentra en France en 1945.

Élu conseiller municipal de La Rochelle en septembre 1945, réélu en octobre 1947 et en avril 1953, il fut candidat sans succès en mars 1959.Il fut également élu conseiller général de La Rochelle à la fin des années quarante.

Il fut membre du bureau fédéral communiste de 1952 à 1964, puis du comité fédéral à partir de de cette date.

Crespin occupa de nombreuses responsabilités syndicales après la guerre : secrétaire des syndicats des métaux de Charente-Maritime, Charente, Vendée et Deux-Sèvres (1945), délégué des métaux au congrès national de la CGT (1946). Dirigeant de l’UD-CGT en 1947, il en fut secrétaire de l’UD de Charente-Maritime de 1952 à 1959.

Il fut également, à la fin des années 1950, vice-président de la caisse départementale de Sécurité sociale, de la caisse régionale de Sécurité sociale et administrateur de la Caisse régionale vieillesse.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21090, notice CRESPIN Henri, Fernand, Lucien par Yves Dauriac, Mauricette Laprie, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 21 août 2022.

Par Yves Dauriac, Mauricette Laprie, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 2937 (dossier biographique du Komintern). — Arch. Dép. Charente-Inférieure, 4 M 2/26, 4M6/19. — Arch. Dép.. Gironde, 1 M 526, 527, 528, 529. — Arch. comité national du PCF. — État nominatif des individus internés en Afrique du Nord pour menées anti-nationales. — SHD, Vincennes cote GR 16 P 150357 (nc). — État civil de La Flotte-en-Ré. — Juliette Bessis, Les Fondateurs : index biographique des cadres syndicalistes de la Tunisie coloniale (1920-1956), Paris, L’Harmattan, 1985. — Notes d’Alain Dalançon et de Patricia Toucas

Version imprimable Signaler un complément