BACCOT Claude, Robert, Louis [pseudonyme dans la résistance : Chappes]

Par Eric Panthou. Compléments par Geneviève Launay

Né le 20 janvier 1925 à Paris (IXe arr.), suicidé après avoir été arrêté par la police le 18 juillet 1944 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; lycéen ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur, groupe Cristal.

Fils de Henri Alexandre, employé des PTT et de Suzanne Marie Antonia Paule Esvcande, Claude Baccot habitait Versailles avant de se replier en Auvergne sous l’Occupation. Il habita alors Chamalières, dans le département de naissance de sa mère née à Ambert, et était élève au lycée Blaise Pascal à Clermont-Ferrand. Il en fut renvoyé pour absences répétées mais a passé toutefois la 2ème partie de son bac. Son arrestation fut réalisée le 17 juillet vers 21h par un gendarme, pour un flagrant délit de vol de vélo à Clermont-Ferrand. Mais au moment de la perquisition chez lui, la police découvrit 2 armes. Il s’est suicidé le 18 juillet 1944, dans les locaux de la police après avoir saisi le revolver trouvé chez lui et chargé. L’enquête de police signale qu’un inspecteur (Davignon), pour lui faire avouer la provenance des armes, l’avait frappé et menacé « d’être remis à la “Gestapo” et fusillé ». Ce même inspecteur avait frappé Baccord de plusieurs coups de crosse sur la tête après que ce dernier ait cherché à s’enfuir lors de la perquisition chez lui.
Claude Baccot avait rejoint la Résistance, non pas au sein des FJUP comme l’avance Claude Lanzmann mais au sein du corps franc Cristal dirigé par Alphonse Roche, connu dans la Résistance sous le nom de Capitaine Cristal, responsable militaire de la Résistance pour la région Clermont-Ferrand-Issoire.
Sous le pseudonyme de Chappes, Claude Baccot a participé à différentes actions comme l’atteste son chef.
L’enquête de police ne permit pas d’identifier le lycéen qui selon Baccot lui avait remis les armes.
Claude Lanzmann fait de Claude Baccot son héros, un héros qu’il aurait recruté et qui se serait suicidé sur la place principale de Clermont-Ferrand, la place de Jaude, après avoir été cerné par des miliciens. Or rien ne vient confirmer ce lien entre Lanzmann et Baccot dans les archives consultées et son décès est intervenu dans des circonstances différentes.

Il a été reconnu "Mort pour la France", homologué FFI Puy de Dôme, 1er Corps Franc d’Auvergne du 15 mars 1943 au 31 janvier 1944 ; Corps Franc CRISTAL du 1er février 1944 au 17 juillet 1944. Il a été nommé à titre posthume au grade de sous-lieutenant, prise de rang le 25 juin 1944, JO du 19 juin 1946.
Sa citation à l’ordre de l’Armée, le 12 avril 1947 : "A rempli au Corps Franc de Clermont-Ferrand les missions les plus périlleuses avec un grand sang-froid. S’est avéré un organisateur exceptionnel des coups de main. Élément magnifique d’enthousiasme et de foi dans les destinées de la France et de la République. A préféré mourir plutôt que d’être livré à l’ennemi."
Voici la déclaration faite en 1952 par Alphonse Roche (ex capitaine CRISTAL), à propos de Claude Baccot.
« J’ai connu parfaitement le jeune BACCOT Claude qui appartenait au corps-franc que je commandais pendant l’occupation ennemie. BACCOT est rentré au corps-franc le 15 Mars 1943. Son activité a été spécialement pour le sabotage des voies ferrées, lignes électriques etc... tout ce qui pouvait nuire ou paralyser les opérations de l’occupant.
A un retour de mission ce jeune résistant, dont son activité (sic) devait être connue, a été arrêté en juillet 1944 avenue Carnot à Clermont-Ferrand par un fonctionnaire de la Police nommé DAVIGNON qui était à l’époque au Commissariat du 4ème Arrondissement de cette ville.
Les causes du décès de BACCOT c’est qu’il était menacé d’être livré à la gestapo (sic). Craignant d’être torturé et ne voulant dévoiler ni son activité ni celle de ses camarades, a préférer (sic) se donner la mort en se tirant une balle de revolver dans la tête.
Ce jeune homme a été un grand résistant et je crois qu’une demande de certificat d’appartenance aux FFI semble pouvoir être accueillie favorablement. »

Il a été homologué FFI, MUR 1er corps franc du Puy-de-Dôme, depuis le 1er mars 1943.

Son nom a été donné à une rue de Clermont-Ferrand. Il figure sur une plaque commémorative à la mairie d’Ambert, sur une plaque commémorative PPT du Puy-de-Dôme, 1939-1945 à Clermont-Ferrand et sur la plaque commémorative dans les bâtiments de l’ancien Lycée Blaise-Pascal à Clermont-Ferrand.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article211334, notice BACCOT Claude, Robert, Louis [pseudonyme dans la résistance : Chappes] par Eric Panthou. Compléments par Geneviève Launay, version mise en ligne le 3 février 2019, dernière modification le 19 novembre 2022.

Par Eric Panthou. Compléments par Geneviève Launay

SOURCES : AVCC : AC 21 P 11506, dossier Claude Baccot.— SHD Vincennes : GR 16 P 25825, dossier Claude Baccot . — Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296W1013 : enquête sur arrestation et suicide de Claude Baccot. — Claude Lanzmann, Le lièvre de Patagonie, Paris, Gallimard, 2009, 550 p. .— MémorialGenweb. — Mémoire des Hommes. — Compléments par Aline Fryszman.

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