CROS Louis, Jules, Albert

Par Jacques Girault

Né le 30 juillet 1908 à Mende (Lozère), mort le 3 janvier 2000 à La Verrière (Yvelines) ; professeur puis inspecteur général ; président des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (1964-1984).

Louis Cros
Louis Cros

Sa mère, institutrice (profession non indiquée à l’état civil), mourut à sa naissance ; son père, pharmacien, fut tué au Chemin des Dames en 1915. Pupille de la Nation, élevé dans sa famille paternelle à Langogne, puis par ses grands-parents maternels, Louis Cros entra au lycée Chaptal de Mende et obtint le baccalauréat « mathématiques » en 1925. Il obtint une licence de physique-chimie et un diplôme d’études supérieures (1929) à la faculté des sciences de Montpellier où il fut secrétaire général de l’assemblée générale des étudiants et rédacteur en chef de L’Écho des étudiants. S’ajoutèrent une licence de droit et un diplôme de l’Institut des sciences politiques au milieu des années 1930.

Louis Cros devint professeur délégué de sciences physiques au lycée Fontanes de Niort (Deux-Sèvres) en 1929, puis préparateur au lycée Thiers de Marseille (Bouches-du-Rhône) de 1930 à 1932 où il eut comme collègue Gustave Monod, qui enseignait la philosophie.

Après avoir été reçu au concours de rédacteur à l’administration centrale du ministère de l’Instruction publique et des beaux-arts, il entra à la direction de l’enseignement secondaire en 1932. Il progressa dans les responsabilités de cette direction en faisant partie des cabinets ministériels de Jules Julien, sous-secrétaire d’État à l’enseignement technique (1936-1937) puis de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale en 1937-1938, comme chargé de mission, assistant notamment le ministre dans les discussions budgétaires.

Louis Cros fut mobilisé en septembre 1939 dans l’armée des Alpes comme soldat de deuxième classe. Démobilisé en juillet 1940, il occupa les fonctions de sous-chef au bureau financier de la Direction de l’enseignement secondaire, protégeant notamment les personnels menacés.

À la Libération, Cros devint l’adjoint de Gustave Monod, directeur général de l’enseignement du second degré, et participa à la mise en place des classes nouvelles dans les lycées. En septembre 1944, nommé secrétaire-administrateur du Bulletin officiel de l’Éducation nationale, il créa en 1946 la revue hebdomadaire L’Éducation nationale qu’il dirigea jusqu’en 1970. Fondateur en 1949 du Comité universitaire d’information pédagogique, il en fut le secrétaire général.

Louis Cros, inspecteur général des services administratifs depuis 1946, dirigea le cabinet du Secrétaire d’État au commerce et à l’industrie Jules Julien (1948-1949) puis fut conseiller technique au cabinet du ministre Pierre-Olivier Lapie (1950-1951).

De 1949 à 1961, il fut directeur suppléant puis directeur du Musée pédagogique de Paris qui se transforma, sous son impulsion, en Institut pédagogique national, rue d’Ulm, se diversifia et se décentralisa. De 1956 à 1958, il fut le directeur du cabinet du ministre de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports René Billères et rédigea l’exposé des motifs du projet de réforme de l’enseignement. De 1959 à octobre 1963, directeur de l’administration générale et financière au ministère de l’Éducation nationale, il dirigea notamment la fusion des directions d’enseignement et l’unification des personnels de l’administration académique et de l’intendance universitaire. Il participa au Conseil supérieur de la fonction publique.

Louis Cros démissionna de sa fonction de directeur vidée de son contenu après la création d’un secrétariat général du ministère. Nommé inspecteur général de l’Instruction publique en mars 1964, conseiller permanent du ministère, il devint la même année le président des CEMEA, fonction qu’il occupa jusqu’en 1984, période durant laquelle il créa en 1965 le Comité de liaison pour l’éducation nouvelle. Il dirigea notamment l’ouvrage L’école nouvelle témoigne (A. Colin-Bourrelier, 1972). À la fin des années 1960 et au début des années 1970, il joua un rôle important dans les différents colloques où furent débattues les grandes questions de l’Éducation nationale.

Marié en juillet 1947 à Paris (Ve arr.) avec une fonctionnaire du ministère de l’Éducation nationale, veuf, remarié en juin 1972 à Paris (XIVe arr.) avec une fonctionnaire du ministère de l’Éducation nationale dont il adopta la fille, retraité en 1976, Cros se consacra au Comité universitaire d’information pédagogique et participa à l’organisation de la fondation Freinet jusqu’à son accident vasculaire cérébral en 1993.

Un ouvrage, Louis Cros, l’imagination à l’œuvre, lui fut consacré en 2002 composé par l’INRP-CUIP rassemblant ses écrits et des témoignages. Un prix Louis Cros sous l’égide de l’Académie des sciences morales et politiques fut créé en 2003 pour couronner des travaux dans le domaine de l’éducation et de la formation.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21136, notice CROS Louis, Jules, Albert par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 12 août 2021.

Par Jacques Girault

Louis Cros
Louis Cros

ŒUVRE : Parmi le fichier de la Bibliothèque nationale : avec René Deveze, Manuel de législation, de réglementation et de jurisprudence à l’usage des établissements d’enseignement de second degré et de l’administration de l’Éducation nationale, Mizeret, 2 vol., 1945. — L’explosion scolaire, CUIP, 1961, 181 p. — Pour que l’école se réforme, légiférer ne suffit pas, Paris, CUIP, « Sélection d’Ariane », 1977, 42 p. — Sous la direction de, Un pionnier en éducation : Gustave Monod, CEMEA, 1981, 178 p. — Quelle école pour quel avenir ? Casterman, 1981, 193 p. — Il participa aussi à de nombreuses collections du CUIP (Documents pour la classe, Mémoires et documents scolaires, La sélection d’Ariane, etc.).

SOURCES : Presse syndicale. — Le Monde, 6 janvier 2000. — Renseignements fournis par l’épouse de l’intéressé.

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