FARGES Henri Octave

Par Patrick Bec

Né le 14 septembre 1922 à Margerides (Corrèze), mort en action le 1er juillet 1944 à Champs-sur-Tarentaine (Cantal) ; chauffeur d’auto ; résistant au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI)-Armée secrète (AS).

Henri Octave Farges était le fils de Michel Vincent Farges et de Eugénie Augustine Sautarel. Il était célibataire.
Chauffeur d’auto à Bort-les-Orgues (Corrèze), il appartenait au groupe Jan de l’Armée Secrète quand il a été capturé et exécuté le 1er juillet 1944 aux Soumailles, commune de Champs-sur-Tarentaine-Marchal (Cantal), par les Allemands de la brigade Jesser. Composée de troupes appartenant à la colonne Azerbaidjan, cette colonne ratissait la région à la recherche des maquisards des camps de Condat (Cantal), Saint-Genès-Champespe et Égliseneuve-d’Entraigues (Puy-de-Dôme), elle a aussi exécuté le même jour Édouard Védère et Henri Baa-Puyoulet, compagnons de chantier à leur domicile, aux Nadaus à Bort-les-Orgues ainsi que Michel Dacyszyn, travailleur au barrage de Bort.
Henri Farges avait 22 ans. Son corps a été retrouvé le 3 juillet.
Eugène Martres décrit l’enchaînement des évènements liés au passage de la colonne Jesser dans le secteur et les circonstances de ces exécutions : « Le 27 juin 1944 (...) dans l’après-midi, une colonne allemande en camions occupa le village de Marchal et les hameaux de cette commune. La plupart des maquisards avait quitté Jallandrieu depuis quelques jours, laissant une dizaine de jeunes dans la commune. A l’arrivée des Allemands ces jeunes se replièrent mais l’un d’eux fut pris et fusillé à la Pignolle. Les Allemands stationnèrent à Marchal du 27 juin au 2 juillet 1944 (250 soldats et 15 officiers) ; ils logèrent à l’hôtel et dans les maisons du village. (...) Le 28 juin, à partir de Marchal, les Allemands atteignirent le hameau de Gravières, commune de Lanobre. Ils y fusillèrent 3 maquisards et en découvrirent un quatrième, caché dans un coffre. Ce maquisard, pensant sauver sa vie, s’offrit comme guide aux Allemands. Il les amena à Reboisson, à Vallat et à Farreyrolles de Lanobre où il savait que résidait le maquis AS "Olivier" de Bort-les-Orgues. Mais l’annonce de la proche présence ennemie (depuis plus de 24 heures) était parvenue aux maquisards qui s’étaient repliés à Pierrefitte de Sarroux (Corrèze). Les Allemands ne trouvèrent donc à Vallat aucun maquisard. Par contre, renseignés par le guide et fouillant les maisons, ils découvrirent les magasins du maquis (farine, vin, légumes, essence) et un dépôt de matériel optique, provenant de Clermont-Ferrand et entreposé là. En représailles, les Allemands incendièrent des maisons à Reboisson, Farreyrolles et Lagrailloux. Et un viol (au moins) fut perpétré sur la commune de Champs. Le 29 juin les troupes allemandes (18 véhicules) occupèrent le village de Lanobre et arrêtèrent 14 habitants qu’ils emmenèrent à Saint-Donat (Puy-de-Dôme). Douze d’entre eux furent relâchés 48 heures plus tard mais le receveur des P.T.T. de Lanobre (Michel Gatignol) et son fils (Victor Gatignol) furent fusillés, ainsi que 3 habitants de Saint-Genès. Le receveur des P.T.T. avait transmis téléphoniquement des renseignements aux résistants et avait été dénoncé, probablement par celui que les Allemands avaient capturé la veille. Est-ce par cet informateur que les Allemands apprirent que le maquis "Olivier" s’était replié à Pierrefitte de Saroux (Corrèze) ? En tout cas un détachement allemand s’y rendit tout droit ; il ne put accrocher le maquis qui s’était encore évanoui mais il captura deux maquisards qui furent ramenés à Champs-sur-Tarentaine et fusillés le 1er juillet 1944 à Pérol de Champs. C’est probablement le même jour que les Allemands fusillèrent près du village de Marchal un maquisard capturé on ne sait où et ... celui qui leur servait de guide depuis 3 jours ; il n’avait pas caché qu’il était maquisard et les Allemands, après en avoir tiré les renseignements, l’abattirent. »
Le nom de Henri Farges est gravé sur les monuments aux morts de Margerides, de Bort-les-Orgues, ainsi que sur la plaque commémorative du barrage de Bort à Lanobre et la stèle commémorative de Champs-sur-Tarentaine aux quatre maquisards de Haute Corrèze et de Champs.
Henri Farges a été déclaré "Mort pour la France", homologué FFI.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article211372, notice FARGES Henri Octave par Patrick Bec, version mise en ligne le 4 février 2019, dernière modification le 7 novembre 2021.

Par Patrick Bec

SOURCES : SHD Vincennes, dossier de résistant de Henri, Octave Farges : GR 16 P 216274 (non consulté) .— Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007 .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945. — Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— État civil (AD 15). — MémorialGenWeb.

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