CROTTIER-COMBES Alexandre, Marius [ou CROTTIER-COMBE]

Par Jean-Claude Lahaxe

Né le 4 septembre 1912 à Lyon (IIe arr., Rhône), mort le 17 août 1987 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; ajusteur ; responsable de la Fédération CGT des métaux, membre du bureau de l’UD-CGT des Bouches-du-Rhône ; conseiller municipal communiste de Marseille.

Fils d’un peintre-plâtrier et d’une commerçante, Alexandre Crottier-Combes fit des études secondaires. Il adhéra au PCF en 1936 alors qu’il militait déjà à la CGT, aux Amis de l’Union soviétique et au SPF. Il devint membre du comité de la 10e section de Marseille avant 1939.
Alexandre Crottier-Combes reprit contact avec le PC en 1941 et mena, sous le pseudonyme de Franck, des activités syndicales clandestines. Membre de la direction de l’ud-CGT en août 1944, il participa à Marseille à la prise du bâtiment de la Préfecture. Dans la biographie qu’il renseigna en 1945, Alexandre Crottier-Combes signala qu’il était membre du bureau de l’union départementale CGT, de la commission de sécurité départementale qui se réunissait à la Préfecture, de la commission régionale interprofessionnelle ainsi que du comité départemental de reconstruction des syndicats.
Alexandre Crottier-Combes fit partie du comité de soutien aux candidats communistes lors des élections législatives du 2 juin 1946. Dans la nuit du vendredi 2 août 1946, en compagnie de Lucien Molino, Pierre Gabrielli et de Line Ceccaldi, il pénétra dans le central Colbert et affronta les employés de la poste grévistes qui l’occupaient. Il fut réélu membre du bureau de l’ud-CGT lors du 27e congrès qui se tint du 4 au 6 juillet 1947. Alexandre Crottier-Combes, alors employé de l’entreprise de métallurgie Groignard, participa activement aux événements qui secouèrent Marseille en novembre 1947. Le 11, il prit la tête d’une délégation syndicale qui se rendit à la prison des Baumettes où étaient incarcérés des militants syndicalistes. Le 14, il rédigea un rapport sur la situation dans la métallurgie marseillaise. Au cours des années suivantes, Alexandre Crottier-Combes continua à déployer de multiples activités au sein de la CGT. Le 13 octobre 1948, il dispensa ainsi un cours consacré aux salaires et aux profits dans le cadre de l’école départementale des cadres syndicaux. Secrétaire du syndicat des métaux, il fut réélu au CA de l’union départementale à l’issue du congrès de 1949. Le 1er mars 1950, à l’occasion des mouvements sociaux qui se développaient à Marseille, il prit la parole devant des métallos des ADN réunis au centre éducateur Charles Nédélec. En tant que secrétaire général du syndicat CGT des Métaux, Alexandre Crottier-Combes anima les cérémonies du 1er Mai 1951 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) et fut chargé de conduire les négociations pour obtenir les autorisations relatives au défilé du 1er Mai de l’année suivante.
En plus de ses implications syndicales, Alexandre Crottier-Combes participa aux différentes actions conduites par le PCF en 1950. Le 12 janvier, il fut élu secrétaire général du comité de défense de la paix à l’issue d’une réunion des ouvriers de la SPCN dans le quartier de La Madrague. En août, il devint membre du comité de parrainage des relais de la paix. Alexandre Crottier-Combes aurait effectué une mission d’information pour étudier la situation du Maroc en novembre 1951. Il séjourna en Algérie en février 1952. Le 26 mai 1952, dans le cadre de la préparation de la manifestation prévue deux jours plus tard pour protester contre la venue en France du général américain Ridgway, il anima une réunion syndicale à La Madrague. Alexandre Crottier-Combes fut élu conseiller municipal le 26 avril 1953 avec un total (suffrages et signes préférentiels) de 99 770 voix (il fut réélu le 8 mars 1959).
Alexandre Crottier-Combes siégea à la tribune du 7e congrès du syndicat des métaux qui se tint à Marseille le 31 mai 1953 et fit partie de la délégation qui assista au 29e congrès de la CGT en juin 1953. À l’issue des congrès de l’UD-CGT de juin 1955 et avril 1956, il fut reconduit au poste de secrétaire général du syndicat CGT des métaux. En novembre 1956, Alexandre Crottier-Combes demanda à ce que sa candidature au comité exécutif fédéral ne soit pas retenue lors du congrès de la Fédération des métaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21145, notice CROTTIER-COMBES Alexandre, Marius [ou CROTTIER-COMBE] par Jean-Claude Lahaxe, version mise en ligne le 1er mars 2021, dernière modification le 1er mars 2021.

Par Jean-Claude Lahaxe

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, dossier 148 W 302, rapports sur les 1er Mai 1948 et 1951 et note du 22 avril 1952, dossier 148 W 294, note du 21 février 1952. — Arch. fédération communiste des Bouches-du-Rhône, autobiographies renseignées par le militant en 1945 et par Joseph Bonomo en 1957. — Arch. Fédération des Métaux CGT, centre confédéral d’archives de la CGT. — La Marseillaise, 10 janvier 1949, 13 janvier, 2 mars 1950, 27 avril 1951, 27 mai, 15 juillet, 20 août 1952, 15, 20 janvier, 13, 25 février, 17, 18, 30 avril, 2, 13, 29 mai, 1er, 16 (photo), 29 juin, 15 juillet 1953, 6 juin 1955, 29 avril 1956, 10 décembre 1956, 22 février, 9 mars 1959. — Robert Mencherini, L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône de la Libération à la division (1948), 2 volumes, thèse de 3e cycle, 1984. — Lucien Molino, Ma vie et mes combats, préface de Robert Mencherini, Miramas, édité à compte d’auteur, 2000, p. 100. — Site Match ID (fichier des décès de l’INSEE), Acte n°307 5 N. — Notes de Renaud Poulain-Argiolas.

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