CROUZET Édouard, Charles dit Charles

Par Jean-Michel Steiner

Né le 27 octobre 1905 à Araules (Haute-Loire), mort le 26 juillet 1984 à Firminy (Loire) ; métallurgiste ; syndicaliste CGT ; militant communiste ; conseiller municipal de Fraisses de 1937 à 1940 (Loire), conseiller municipal et maire d’Unieux (Loire) de 1945 à 1977.

Charles Crouzet, maire d’Unieux de 1945 à 1977, dans les dernières années de ses fonctions
Charles Crouzet, maire d’Unieux de 1945 à 1977, dans les dernières années de ses fonctions

Son père, Charles Léon, était cultivateur au hameau de La Bataille, commune d’Araules, sur le plateau du Velay. Le 23 mars 1905, il avait épousé, Fanny Guilhot, 27 ans, de famille « parpaillote ». Charles fut le premier de leurs enfants. Les ressources étaient maigres sur le plateau alors un des foyers d’émigration vers la région stéphanoise. Peu après la naissance du fils aîné, le couple vint s’installer à Firminy où les autres enfants naquirent : Paul Marcel, le 4 février 1908, Pierre Louis, le 21 octobre 1910, Lydie Fanny, le 25 avril 1913, Marthe Eugénie, le 10 octobre 1917. Ils habitèrent dans différents logements de la rue Dorian, mitoyenne des aciéries Holtzer, où vivait de nombreux métallurgistes.

Charles Léon Crouzet fut d’abord embauché comme manœuvre puis comme métallurgiste. Mobilisé au front de 1914 à 1915 il fut, à la suite d’une blessure, affecté spécial aux aciéries. Le 3 mai 1918, il mourut dans un hôpital temporaire stéphanois des suites de sa blessure. Par arrêt de la Cour d’Appel du 15 novembre 1919, les cinq enfants furent “adoptés par la Nation”. En 1921, âgés de 15 à 3 ans, ils étaient sous la responsabilité d’une tante paternelle : Marthe Crouzet, 43 ans. En 1926, ils étaient à nouveau avec leur mère, Fanny. Édouard Charles se déclara alors métallurgiste, embauché aux Aciéries de Firminy.

Le 21 juillet 1928 il épousa, à Firminy, Louise Pichon. Le couple vint s’établir à Fraisses (Loire), commune limitrophe de Firminy et Unieux. C’est là que naquit, en 1932, leur fille Renée. En 1936, ils habitaient dans le quartier de la Périvaure. Édouard Charles Crouzet – qui se faisait appeler par son second prénom – travaillait désormais aux Établissements Holtzer.

Adhérent et militant à la CGT, il conduisit une lutte victorieuse à l’atelier des “fraises et forêts” contre l’instauration du système Bedeau. Militant communiste actif, Charles Crouzet fut élu conseiller municipal de Fraisses lors d’un scrutin partiel le 21 novembre 1937. Ayant décidé d’habiter à Unieux, il démissionna de ce mandat le 3 décembre 1939. Résistant, il fut choisi comme président du comité local de Libération d’Unieux en janvier 1944. Il fut d’abord premier adjoint de Jean Baptiste Mallard, maire nommé en août 1944. Placé à la tête de la liste d’Union républicaine et résistante il fut ensuite élu maire le 17 mai 1945 et réélu en 1947, 1953, 1959, 1965, 1971 et 1977. Quelques temps après cette ultime réélection il laissa la magistrature municipale à son premier adjoint Pierre Fressonnet.

Fortement marquée par la présence des entreprises métallurgiques depuis plus d’un siècle et en particulier par l’emprise des aciéries Holtzer, Unieux s’était développé de manière anarchique et souffrait d’un grave manque d’infrastructures. Charles Crouzet conduisit durant ses mandats une politique d’équipements qui transforma sa ville en profondeur. Il accorda sa priorité à l’école avec la construction de nombreux bâtiments scolaires : primaires - Paul Langevin à Côte-Quart (1951), Jean Jaurès au Bourg (1957), Claudius Buard au Val Ronzière (1970) - maternelle Irène et Frédéric Joliot Curie au Vigneron (1957) – enfin le collège du Bois de la Rive (1969). Il s’attacha aussi à développer le sport avec la réalisation du stade Paul Buffard (1946), du gymnase Anatole France (1973), de la halle des sports Benoît Frachon. Marqué sans doute par les conditions de logement qu’il avait connues dans son enfance et sa jeunesse il entreprit l’édification de plusieurs ensembles HLM (rue Penel, Mallard, Val Ronzière) et pavillonnaires (Fonderie, Noyers, Baunes). Il veilla aussi à favoriser l’action sociale avec l’amicale laïque de la Croix de Marlet, le patronage laïc de Côte-Quart (1969), la Maison de l’Amitié, foyer pour personnes âgées. De nombreux travaux d’infrastructure portèrent sur l’extension des réseaux d’électricité, d’eaux, d’assainissement ainsi que sur l’amélioration de la voirie. Charles Crouzet fit appel aux services de l’agence d’architecture d’Alfred Ferraz (voir ce nom) pour préparer le plan d’occupation des sols et réaliser les bâtiments de la nouvelle mairie (1963) et de la nouvelle Poste (1966).

Charles Crouzet fut membre du comité fédéral du PCF. Lors des élections législatives de 1962, il fut choisi comme suppléant de Théo Vial Massat qui fut élu député de l’Ondaine en battant Eugène Claudius Petit.

Le 1er avril 1977, un arrêté du préfet Jean Terrade, le nomma maire honoraire.

Le 11 novembre 1984, la place Charles Crouzet fut inaugurée à Unieux en présence de Charles Fiterman (voir ce nom) et de Théo Vial-Massat (voir ce nom).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21152, notice CROUZET Édouard, Charles dit Charles par Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 12 janvier 2021.

Par Jean-Michel Steiner

Charles Crouzet, maire d'Unieux de 1945 à 1977, dans les dernières années de ses fonctions
Charles Crouzet, maire d’Unieux de 1945 à 1977, dans les dernières années de ses fonctions
La Mairie d'Unieux (1963)
La Mairie d’Unieux (1963)
La nouvelle mairie d’Unieux conçue par Alfred Ferraz. (Phot. Madeleine Steiner).
1951-Charles Crouzet inaugure l'école Langevin
1951-Charles Crouzet inaugure l’école Langevin
Arch. mun. St-Etienne - fonds Léon Leponce - 5 FI 4496

SOURCE : Arch. Dép. Haute-Loire : 6 E 258/16 Le Mazet-Saint-Voy, naissances 1871-1895 - 6 E 7/21 Araules, naissances, 1871 1895 - 1925 W 20, Araules, naissances, décès, 1904-1913 - 1 R 939, Classe 1902, matricule n° 1212 - 1925 W 457, Le Mazet-Saint-Voy, mariages 1904-1913
Arch. Dép. Loire : État-civil de Firminy, naissances, 3 E 96_31 (1908), 3 E 96_32 (1910), 3 E 96_33_1_2 (1913), 3 E 96_34_1_1 (1917) - 6 M 526, Firminy, recensement de 1921 - 6 M 533, Fraisses, recensement 1936.
Arch. Mun. Saint-Étienne : 2 E 14 SV, déclarations de naissances, Saint-Victor, 1899-1908 - 5 FI 4496, 1er octobre, 1951, inauguration du groupe scolaire "Paul Langevin" à Unieux, M. Charles Crozet maire d’Unieux pendant le discours.
La Tribune-Le Progrès, 28 juillet 1984, « Nécrologie. Charles Crouzet, maire d’Unieux de 1945 à 1977 » ; 12 novembre 1984, « Inauguration de la place “Charles Crouzet” » ; Regards sur la Loire, « Maire d’Unieux pendant 32 ans. Charles Crouzet n’est plus » - L’Unieutaire. Journal de la section PCF d’Unieux n°6 : « Charles nous a quitté »
BIBLIOGRAPHIE : Jean-Michel Steiner, Métallos, mineurs, manuchards … Ouvriers et communistes à Saint-Étienne (1944-1958), PUSE, 2014 - Commère René, Mémoire d’acier en Ondaine. Histoire d’un site métallurgique en région stéphanoise. Du martinet à la haute technologie, Saint-Étienne, PUSE, 2000, 205 p. - Royet Sophie, Le parti communiste dans la vallée de l’Ondaine de 1944 à 1953. Le Chambon-Feugerolles, Fiminy, Fraisses, La Ricamarie, Unieux, mémoire de maîtrise, UJM Jean Monnet, 2006, 153 p. - Joseph Sanguedolce, Le chant de l’alouette, Saint-Étienne, Presse publicité Loire, 1987.

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