DENIER Albert, Louis

Par Eric Panthou

Né le 10 juillet 1893 à Boufarik (Algérie), mort le 8 février 1958 à Sétif (Algérie) ; contrôleur des PTT ; membre d’Amsterdam-Pleyel ; militant de la Confédération générale du Travail (CGT) ; secrétaire de la section communiste de Sétif, victimes de l’émeute du 8 Mai 1945 à Sétif.

Albert Denier est issu d’une famille installée en Algérie depuis deux générations et l’arrivée de son grand-père alsacien. Son père, Louis-Joseph né à Boufarik, département d’Alger, en 1857 était forgeron ; sa mère, Maria, femme de ménage. Son grand-père Pierre-Joseph, né à Reppe (Territoire de Belfort) en 1815 a fait partie de l’armée du général Bugeaud. Sa date d’arrivée en Algérie n’est pas connue, néanmoins, on peut peut-être préciser que le général Bugeaud est envoyé en Algérie en 1836 pour écraser la révolte d’Abd-El Kader et nommé Gouverneur général de l’Algérie en 1840, ce qui peut semble-t-il donner une indication sur la date d’arrivée de Pierre-Joseph en Algérie. Il s’est marié en Algérie en 1845. Était-il conscrit, tiré au sort, engagé ? Il a été militaire toute sa carrière sa famille vivant alors un moment au camp d’Erlon à Boufarik. Il est mort en 1861 à Blida.

Le niveau scolaire d’Albert Denier était celui du brevet, ce qui lui permit de travailler un moment comme aide pharmacien puis de réussir le concours de contrôleur des PTT. C’est à la suite de ce concours qu’il s’installa à Sétif, département de Constantine, peu avant d’être incorporé à partir de fin novembre 1913 pour son service militaire. Il fut ensuite mobilisé pendant toute la Première Guerre mondiale. Il fut envoyé au front puisque gazé. Il fut démobilisé en août 1919.
Il fut marqué par l’aspect festif du départ au front à l’été 1914, en particulier à Paris avant d’être tout autant marqué par la débandade de la retraite de Charleroi, en particulier par l’indécision des plus hauts gradés.
La guerre le marqua profondément.
Marqué par les horreurs de la guerre, il en revint pacifiste et révolutionnaire. Pour toute une partie une famille, c’était une conséquence bien plus grave que le fait même qu’il ait été gazé. Particulièrement sensible à la situation internationale et habitué à la lecture de la presse politique, il s’engage bientôt au sein de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) avant d’adhérer après 1933 au mouvement/comité Amsterdam Pleyel. Il milite également au sein de la CGT, étant plus tard considéré comme l’un des pionniers du syndicalisme chez les Postiers en Algérie.
Ce n’est qu’à l’été 1936 qu’Albert Denier retourne en métropole, pour les vacances sous l’ère du Front populaire. Avant de repartir pour Sétif, il veille à emmener ses deux fils à Paris découvrir le Mur des Fédérés et assister à la fête de l’Humanité.
Même s’il lit l’Humanité et souscrit régulièrement, à partir de 1924, aux campagnes d’aide financière du Parti communiste, ce n’est qu’après les accords de Munich, en septembre 1938, qu’il décide d’adhérer au Parti communiste algérien (PCA). Il en demeure membre jusqu’à sa mort. Il a plusieurs amis socialistes, connus notamment dans le groupement mutualiste auquel il avait adhéré et qui avait permis la construction de maisons à Sétif. Certains lui reprochent de ne pas avoir renoncé à sa carte du PCA à la suite du Pacte Germano-soviétique, en août 1939.
Bien que membre récent du Parti communiste, Albert Denier a de l’admiration pour l’Union soviétique. Il est adhérent à l’Association des Amis de l’Union soviétiques (AUS). C’est la raison pour laquelle il veut profiter du voyage en bateau offert tous les deux ans aux fonctionnaires non métropolitains, pour rejoindre l’Union soviétique avec sa famille, à l’image de ce qu’avait fait un couple d’ami, Ernest Merlet et sa femme, l’année précédente. Le déclenchement de la guerre empêche la réalisation de ce projet en 1940.
Homme de relations, très accessible aux Algériens « indigènes », fort estimé, Albert Denier connaissait le leader nationaliste Ferhat Abbas, pharmacien à Sétif. Celui-ci, en gage d’amitié, lui dédicaça en 1937 l’un de ses ouvrages, encore conservé par son fils aujourd’hui.
Au moment où Pétain arrive au pouvoir et que de nombreux responsables et militants communistes subissent la répression, Albert Denier et son épouse accueillirent chez eux la femme d’Ernest Merlet institutrice, déplacée d’office à Sétif, après l’internement de son mari, secrétaire de la section du PCA à Bougie (Bejaïa).
Albert Denier est mobilisé en 1939 dans le Génie. À son retour, il est affecté à titre temporaire au bureau des PTT de Tizi-Ouzou à compter du 1er novembre 1940. L’a-t-il été en raison de son activité communiste, comme trois autres de ses camarades ? Ou l’a-t-il été par intérêt du service ? Beaucoup de jeunes fonctionnaires étant mobilisés et d’autres morts à la guerre, l’administration a été amenée à décider de telles mutations d’office. Nous penchons davantage vers une mutation sanction plus qu’une mutation dans l’intérêt du service. Albert Denier fut bientôt rejoint par sa femme qui décida de se mettre en retraite d’office. En revanche, son fils aîné, Roger, reste en demi-pension au lycée à Sétif, hébergé par des cousins, tandis que le fils cadet est envoyé en pension à Orléansville. Albert Denier n’est pas revenu immédiatement à Sétif après le débarquement allié en Afrique du Nord, mais seulement en août 1943. Il a alors juste le temps de voir son fils Roger, mobilisé chez les Tirailleurs et partant en Tunisie avant de rejoindre bientôt l’Italie.
Bien que sans fonction élue, Albert Denier est donc le secrétaire de la section de Sétif du Parti communiste algérien (PCA) à son retour. C’est un homme courtisé car le prestige de l’Union soviétique rejaillit sur les communistes. Les représentants du Parti socialiste lui écrivent à plusieurs reprises en ce début 1944 pour proposer des initiatives communes ou pour saluer l’Union soviétique. Le 4 avril 1944, le secrétaire de la section socialiste lui écrit pour lui exprimer sa joie profonde après avoir appris que les représentants du PC, Fernand Grenier et François Billoux, allaient participer au Comité français de libération nationale. “La collaboration totale du PC est l’indice d’une union dans la pureté, sans laquelle rien de positif ne saurait être entrepris. La date du 4 avril 1944 comptera dans les annales de la démocratie, elle marque non seulement une victoire sur le présent mais aussi sur l’avenir. La famille est maintenant au complet” ajoute t-il.

Le 7 mai 1945, quand ils apprennent la reddition allemande, Albert Denier et sa femme sont doublement heureux : leurs deux fils mobilisés sont vivants et bientôt de retour. Ils décorent ainsi la façade de leur maison en l’honneur de la Victoire des Alliés, avec guirlandes et drapeaux.
Alors que la cérémonie officielle commémorant la victoire est convoquée le 8 mai à 15h (elle fut annulée), une manifestation des musulmans a été autorisée le matin par le sous-préfet, à condition qu’elle n’ait pas de caractère politique.
Cette manifestation survient une semaine après les incidents ayant émaillé les manifestations nationalistes d’Alger et Oran le 1er Mai et ayant causé la mort de plusieurs manifestants. À Sétif, cinq mille musulmans ont défilé à part du cortège de la CGT mais sans incident. À l’échelle du pays, le poids du Parti du peuple algérien (PPA) et de ses mots d’ordre est indiscutable. Les autorités administratives et militaires savent donc que d’autres manifestations populaires sont en préparation à l’occasion de la victoire des Alliés et des renforts sont acheminés vers le Constantinois.

La manifestation de Sétif comprend dès 7h30 un cortège impressionnant de plusieurs milliers de personnes avec des drapeaux des pays alliés vainqueurs et des pancartes « Libérez Messali », « Nous voulons être vos égaux » ou « À bas le colonialisme”. Vers 8 h 45 surgissent des pancartes « Vive l’Algérie libre et indépendante » et en tête de la manifestation, Aïssa Cheraga, chef d’une patrouille de scouts musulmans arbore un drapeau vert et rouge. Ce n’est pas une manifestation spontanée. Elle est bien organisée, avec mobilisation des foules, préparation de mots d’ordre pour affirmer une volonté de liberté face à la France mais aussi en présence des Alliés. Les militants du PPA encadrent la foule et désarment les porteurs de matraques (debbouz) et d’armes blanches.
Tout dérape quand le commissaire essaie de récupérer le drapeau. Au moins deux coups de feu sont tirés blessant mortellement un manifestant et une petite fille présente sur les lieux. D’après un rapport du commissaire Bergé, la colère, la panique et la bousculade gagnent, vers 9h25, les manifestants qui s’en prennent alors durant une heure trente à la population civile, sans, semble-t-il, faire la moindre distinction. Parmi les 28 morts et 43 blessés graves au sein de la population « européenne », figure le maire de la ville, Édouard Deluca, atteint par une balle au ventre.
Les gendarmes, ainsi que trois compagnies de tirailleurs algériens, n’arrivent au centre-ville que vers 9h30, là où les premiers échanges ont eu lieu, comme l’indiquent les rapports du commissaire Bergé et du colonel Tubert, qui sera plus tard élu député apparenté au PCF.
Pour cette journée, les registres des hôpitaux de la ville font état de 37 morts parmi les manifestants. La répression à Sétif mais aussi à Guelma et dans plusieurs autres communes fait des milliers de morts parmi la population indigène dans les jours et semaines qui suivirent. Le 11 mai, le Général De Gaulle, Président du conseil avait ordonné de “prendre toutes mesures nécessaires pour réprimer les agissements anti-français d’une minorité d’agitateurs”. Dépassant le simple maintien de l’ordre, rétabli entièrement dès la mi-mai, la répression militaire continua.

Si on suit les travaux d’Annie Rey-Goldzeiger, fondés notamment sur l’analyse des rapports de police et de l’armée, il y a eu émeutes à Sétif suite aux premiers tirs de la police, puis enchaînement de réactions violentes de la part des masses musulmanes dans toute une série de villages les deux jours qui suivent. 102 Européens ont été tués à l’occasion de ces émeutes déclenchées à Sétif et dans la région. Plus de 30000 hommes en armes, militaires, miliciens civils, vont mater l’émeute et se livrer pendant plusieurs jours ou semaines à une terrible répression, souvent aveugle, parfois accompagnée d’exactions (bombardements, utilisation d’automitrailleuses, exécutions sommaires, etc.).

Albert Denier fait partie des victimes du 8 mai : il est gravement blessé vers 9h30. Pendant que son jeune camarade communiste Henri Alleg se rend chez lui ce matin-là, Albert Denier est déjà parti pour participer à une réunion de l’ARAC. Arrivé avec un peu de retard, il ne trouve personne. Il attend ses camarades sur les marches à l’ombre du théâtre en face, ignorant tout du drame survenu plus loin. Aussi, contrairement à ce qu’affirment certains témoignages, Albert Denier n’était pas en train de vendre à la criée le journal du PCA, Liberté, devant la Grande Poste située face au marché couvert quand il a été agressé.
C’est sur ces marches, alors qu’il est seul, qu’il voit arriver la foule des manifestants musulmans, en particulier des paysans venus du marché tout proche, une foule très excitée et criant des slogans qu’il ne comprend pas, ne parlant pas lui-même l’arabe. Albert Denier raconta plus tard à son fils avoir admiré le sang-froid d’un officier présent avec quelques tirailleurs, alors que la foule multipliait les provocations à leur égard. La foule commença à passer devant lui avant qu’un manifestant le désigne et qu’on se rue sur lui pour le frapper. Albert Denier est donc parmi les premières victimes “européennes” de la réaction de la foule aux premiers tirs des forces de l’ordre.

Albert Denier confia à ses proches qu’il avait vu uniquement des gourdins se lever avant qu’il soit frappé. Bien qu’en principe les manifestants avaient été auparavant désarmés et leurs couteaux ou serpes saisis, suivant la consigne du PPA, il est probable qu’il ait été blessé par l’un des paysans à qui on n’avait peut-être pas retiré ses outils. Des couteaux (boussaadi) ont pu également être ramassés sur les étals des bouchers du marché. L’historien Martin Thomas a souligné que l’utilisation d’outils de paysans ou de bouchers montrait le caractère spontané de l’attaque. C’est probable au moins pour une partie des manifestants.
La foule s’acharne sur lui. Denier, dans le témoignage donné à Liberté, déclare qu’il était debout sur le trottoir, regardant défiler la foule quand il fut désigné du doigt et que la foule se rua sur lui pour le frapper et le tirer quarante mètres plus loin où on le retrouva gravement blessé.
Laissé pour mort, il reprend connaissance lorsqu’une femme lui aurait donné un coup de gargoulette sur la tête. Conscient il découvre que, la foule a disparu. Il veut alors ramasser ses clés pour rentrer chez lui mais s’aperçoit qu’il n’a alors plus l’usage de ses mains et s’effondre une trentaine de mètres plus loin. Selon un bouquiniste de Sétif, Berkoukèche Lakhdar, interrogé par Redouane Ainad Tabet, Denier aurait été agressé à cause du chapeau à feutre qu’il portait et qui le distinguait immanquablement des Musulmans, ceux-ci veillant toujours à n’avoir aucun obstacle sur leur front lorsqu’il touche le sol lors de la prière. Selon cette version, il aurait été en toute méconnaissance, pris pour un colon.
En fait, en tant que contrôleur principal des PTT, et par ailleurs secrétaire local du PCA, Albert Denier est une figure locale, en rapport constant avec le public. Comme d’autres, bien que respecté par les Algériens, il a été victime d’une explosion de haine.
C’est Sidi Moussa, communiste lui-même, qui travaillait bien plus loin à la pharmacie de Ferhat Abbas, qui le reconnaît. Il déclare alors que c’est un de ses confrères, sans doute Mustapha Smati, dont l’officine était située non loin de la Poste, qui avait aperçu un corps ensanglanté en face du local de Sidi Moussa qui l’a alerté et qui lui fit immédiatement un premier garrot. Sidi Moussa lui porte secours en apportant éther et coton. Il revient bientôt avec un Algérien qui le transporte vers l’hôpital civil avec sa charrette. C’est en route qu’ils tombent sur une ambulance, ce qui permet à Albert Denier d’être rapidement transporté et opéré. Selon lui, c’est cette intervention rapide de Sidi Moussa qui lui aurait sauvé la vie.
Contrairement à ce que la presse a pu rapporter en 1945 et plus tard des historiens, y compris encore récemment, les manifestants ne lui ont pas coupé les deux bras. On n’a, en effet, nullement vu Albert Denier se faire couper les bras sur un billot de boucher comme l’a écrit un ouvrage affirmant pourtant en couverture présenter “la vérité sur l’insurrection du 8 mai” ! De même, à l’inverse de ce que dit un article récent paru dans Libération, Albert Denier n’était pas le maire communiste de Sétif, n’a pas essayé de s’interposer et on ne lui a pas tranché les bras à coup de hache !
C’est parce que les os de ses bras étaient broyés et trop endommagés que le docteur Angel s’est résigné à amputer Albert Denier des deux bras. Le rapport d’expertise indique qu’il a été blessé à plusieurs endroits par des « armes tranchantes » (oreille, thorax, mains et poignet) et qu’il a été amputé des mains car l’infection menaçait. Le chirurgien qui l’opéra apprit à sa famille qu’Albert Denier avait été le troisième blessé à arriver à l’hôpital et que les deux premiers avaient succombé rapidement à leurs blessures. Sa constitution particulièrement solide lui permit de survivre.
Quelques mois plus tard, alors qu’il revient de chez le coiffeur, sa femme découvre une cicatrice au niveau de sa nuque et en extrait un corps étranger qui se révèle être une balle de 6/68. On lui a tiré dans la tête le jour de son agression, et la balle a traversé le crâne sans le blesser plus gravement. En outre, il avait eu ce jour-là l’oreille coupée en deux et reçu des blessures à l’arme blanche qui avaient entamé la plèvre et perforé le poumon.
Sur son lit d’hôpital, Albert Denier reçoit de nombreuses personnalités et de nombreux courriers de solidarité. Du général Duval, il obtient que son fils cadet soit démobilisé en Alsace pour venir à son chevet. D’un dirigeant communiste venu spécialement de métropole il obtient l’envoi d’une boite de bonnes aiguilles pour lui faire des transfusions, s’étant plaint du matériel local. Le quotidien du PCA, Liberté, organise aussi une délégation auprès de lui et en rend compte dans ses pages. Et André Marty, au nom du secrétariat du PCF, lui adresse ses sentiments fraternels et lui rappelle que Denier l’avait accueillit chez lui à Sétif lors d’un voyage passé.
Prise de zèle, la police fait défiler devant son lit d’hôpital des suspects arrêtés en nombre. Albert Denier se refuse à désigner des coupables. On lui reprocha d’avoir voulu protéger ses agresseurs. Il aurait déclaré : “C’est le colonialisme qui a voulu m’assassiner.”
En réalité, il n’avait pas été en mesure d’identifier ceux ou celui qui l’avaient attaqué, veillant d’abord à se protéger des coups. Quelques semaines ou mois plus tard, il signe une pétition en faveur de la libération des emprisonnés suite aux événements de Sétif. Il reçut d’ailleurs en juillet 1946 une petite somme en marque de solidarité de la part du Comité d’initiative pour l’amnistie des emprisonnés politiques musulmans, comité départemental de Constantine. Ferhat Abbas qui se trouvait ce jour du 8 mai 1945 à Alger pour une cérémonie officielle écrit dans son testament politique : « Un employé des postes, foncièrement honnête comme mon ami Denier, victime innocente d’un salaud… ».
Un article, intitulé “les responsables”, paru dans Liberté, évoque directement Albert Denier. Celui-ci venait la veille du 8 mai, de poster une lettre à la rédaction de l’hebdomadaire du PCA. L’article déclare que Denier ne peut plus dorénavant écrire une telle lettre de sa main car ses mains ont été coupées “à la hache”, attaqué par les hommes de la 5éme colonne, “après avoir organisé la distribution de tracts appelant à l’union contre les provocateurs hitlériens”, la 5éme colonne étant composée d’une “poignée de misérables nationalistes, seigneurs de la colonisation, féodaux terriens, agents des trusts”.
Dans sa lettre, Denier demandait au journal de publier des informations qu’il disait avoir “scrupuleusement vérifiées”. Il dénonçait la faim dont souffrait la population musulmane dans la région, la farine de très mauvaise qualité, les milliers d’ouvriers agricoles sans travail et la montée de la misère. Il signalait aussi plusieurs cas de stockages clandestins de blés et se plaignait des tentatives d’étouffement d’affaires de stock de nourritures cachées par des grands propriétaires. Le journal en conclut qu’en raison de ces pénuries de ravitaillement, des provocateurs hitlériens avaient pu entraîner des milliers de Musulmans des campagnes parce que ceux-ci avaient faim et étaient mécontents. Il demandait donc des sanctions à la fois contre les provocateurs mais aussi les hauts fonctionnaires responsables qui organisent la faim et le mécontentement.
Interrogé sur son lit de convalescence par une délégation de Liberté accompagnée du docteur Deboucher, Albert Denier déclare que selon lui rien ne permettait de prévoir un tel dénouement tragique ce 8 mai. “Certes il y avait depuis quelques jours de l’effervescence, la fin imminente de la guerre créait un peu de nervosité et les difficultés de ravitaillement des populations musulmanes semblaient servir de prétexte à une sourde agitation ; toutefois l’attitude de la grande masse des Musulmans était calme. Des bruits divers circulaient, mots d’ordre d’excitation très certainement lancés par des éléments de la 5ème colonne destinée à créer une atmosphère trouble”. Il note néanmoins la “journée fiévreuse” du 7 mai avec des manifestations soudaines, des mots d’ordre circulant, ne pouvant être ignorés des autorités.
Il affirme que l’excitation était encore plus grande le matin du 8 mai et qu’il n’a reconnu personne parmi ceux qui en tête du cortège cherchaient à exciter la masse des Musulmans par des cris.
L’envoyé spécial du journal déclare que les milliers de Musulmans présents dans le cortège, en plus de ceux présents au marché ce jour-là, étaient là pour manifester leur joie de la victoire mais aussi pour réclamer un meilleur ravitaillement, 150 à 200 provocateurs selon lui, venant s’insérer parmi eux et sortant les banderoles “Vive l’Algérie indépendante”, “Libérez Messali”.
Dans un Appel du Parti Communiste Algérien, intitulé “Union”, on dénonce au lendemain du 8 mai, les provocateurs à gages, hitlériens, du PPA, du PPF au service de l’impérialisme fasciste [qui] ont tenté de troubles les grandioses manifestations d’union antifascistes et ont occasionné des émeutes à Guelma et à Sétif, faisant couler le sang d’innocentes victimes européennes et musulmanes.
Le Parti Communiste Algérien tient à rendre hommage au courage tranquille des Européens et Musulmans qui se sont opposés aux émeutiers, et en particulier au camarade Denier, secrétaire de la section à Sétif, qui a perdu ses deux mains au cours des émeutes”. L’appel s’en prend aux agents hitlériens qui parlent aujourd’hui de “séparatisme et d’indépendance”. Il poursuit en affirmant qu’il “ne s’agit pas d’une “révolte arabe” mais bel et bien d’un complot fasciste où se trouvent mêlés les traîtres de toutes races et de toutes religions”. L’appel émet dix revendications au niveau économique, social et politique, mais aucune en faveur de l’arrêt de la répression, demandant seulement “l’amnistie en faveur des éléments honnêtes entraînés par les traîtres”.
Bien que l’exigence de l’arrêt de la répression et la condamnation de celle-ci ne figurent pas parmi les premiers mots d’ordre du PCA dans les semaines qui suivirent, une conférence du PCA se prononça néanmoins peu après pour “faire cesser tout de suite une répression bestiale et aveugle qui ne peut qu’élargir le fossé entre Européens et Musulmans”. Pour autant, même si la censure peut entrer en compte dans l’appréciation qu’on peut se faire de l’orientation du PCA à travers la lecture de son organe, Liberté n’accorde aucune importance dans ces semaines suivant le drame, à dénoncer les massacres et à en mesurer l’ampleur. Et quand Liberté titre, “après les incidents de Sétif, la répression se trompe d’adresse”, ce sont surtout les arrestations de syndicalistes et communistes à l’échelle de toute l’Algérie qui sont dénoncées plutôt que la “masse d’innocents entraînés” dans cette aventure. Et trois semaines après les événements, H. Neveu parle toujours de “l’expérience fasciste de Sétif” et constate que la “politique d’apaisement” se solde par des représailles collectives atroces. En 1946, des articles de Liberté parlèrent encore de complot fasciste.

L’Humanité, reprenant les termes de Liberté considéra que les événements graves survenus à Sétif étaient dus au rôle d’une 5éme colonne favorable aux régimes fascistes, aiguillonnée par des colons mais comprenant également des représentants arabes favorables à Hitler. Sans citer son nom, L’Humanité évoque également Albert Denier quand elle écrit que “des communistes algériens ont été blessés ou gravement mutilés en essayant de montrer à la foule surexcitée que ses véritables ennemis n’étaient pas les Français en général, mais les vichystes et quelques caïds voleurs protégés par l’administration.” Pour autant, si l’on en croit l’outil de reconnaissance des caractères du site Gallica, L’Humanité ne cite pas une seule fois le nom de Denier en 1945 où les années suivantes. Celui-ci n’a pas été érigé en symbole par l’organe du PCF. En revanche, l’artiste peintre et dessinateur Boris Taslitzky, lui-même communiste, vint en 1952 faire le portrait d’Albert Denier, mutilé. Ce portrait est dorénavant conservé parmi les collections du Musée Pompidou à Paris.
Selon Ahmed Akkache, militant du PCA, Albert Denier fut l’un des premiers à dénoncer ce discours du complot fasciste. Il faut nuancer ces propos.
Le 7 juin 1945, on peut lire à la Une de Liberté : “Ce que dit Denier grand mutilé du 8 Mai : “Je ne regrette rien. Je continuerai à œuvrer pour l’union des Musulmans et des Européens.” Dans ce long article, Denier déclare plus loin : “Personnellement, je n’éprouve aucun ressentiment à l’égard des Musulmans, à l’exception de quelques criminels qui ont accompli les abominables forfaits, je ne les rends pas responsables de ce qui m’est arrivé. [ ] J’ai un fils au 7ème Tirailleurs, je pense avec tristesse à ses camarades musulmans qui firent, eux, leur devoir en bon Français, beaucoup ont leur famille dans les régions où la répression fut particulièrement dure. Celle-ci est une grosse erreur qui risque de diminuer considérablement le prestige de la France et de la démocratie.” Il conclut plus loin ; “Je ne regrette rien de mon action passée. Plus que jamais, les quelques forces qui me restent sont à la disposition du Parti. Je suis persuadé qu’un jour, l’union des populations d’Algérie se réalisera autour de ses mots d’ordre. Plus que jamais, j’œuvrerai au rapprochement et à l’union des masses musulmanes et européennes.” Cette déclaration est en phase avec l’orientation du PCF et du PCA qui soutiennent alors l’Union Française prônée par de Gaulle. Albert Denier avait côtoyé des militants du MTLD. Il était pour sa part favorable à une indépendance par étape, avec une Algérie gardant des liens particuliers avec la France, à l’image de ce qui se passait en Indes.
À cette étape, Albert Denier distingue la masse de la population musulmane d’une fraction de “criminels” de la “5e colonne”, ce qui n’est pas différent de l’orientation du PCA. Ce qui le distingue évidemment, c’est qu’il a vécu dans sa chair la violence commise par la population en furie le 8 mai mais il refuse de faire un amalgame. Ce qui le distingue aussi, c’est qu’il n’est pas du côté de la répression, comme ont pu l’être une partie des européens, y compris des syndicalistes comme l’indique E. Vallet dans son ouvrage paru en 1946, ou comme des militants du PC engagés dans l’armée et refusant de désobéir.

Dans le même temps, le PCA et le PCF continuèrent pendant des mois à présenter ces événements de Sétif et de sa région comme un complot fasciste, apportant chaque semaine ce qui pour eux constituait la preuve de cette présentation. Le 28 juin, Roger Esplass peut ainsi se féliciter que le “complot fasciste”, l’abominable provocation du 8 mai” a échoué. Ce n’est que le 19 juillet que le PCA se prononce non plus seulement pour la libération des “militants des diverses organisations démocratiques arrêtés arbitrairement” (28 juin) mais pour la “libération des démocrates, amnistie pour les égarés non coupables de crimes”. C’est le 3 octobre 1945 que l’ensemble des Conseillers généraux communistes écrivent au Gouverneur général pour demander la libération de tous les internés musulmans.
En mars 1946, Albert Denier est accueilli à Alger par deux cents membres de la fédération postale d’Algérie. L’un des dirigeants de la Fédération rappelle “les origines fascistes du complot, lequel, sans la vigilance des démocrates de ce pays, aurait pu transformer l’Algérie en une véritable filiale de l’Espagne franquiste”. L’article se conclut que “l’auditoire retiendra de cette belle réunion que l’union des populations d’Algérie est indispensable au relèvement de ce pays et de la France”.

Plus que des émeutes de la faim, les émeutes de Sétif et de la région, sont d’abord le résultat d’une situation économique de plus en plus tendue pour les populations musulmanes de plus en plus nombreuses à venir s’installer à Sétif sans pour autant trouver du travail. L’émeute a été spontanée, elle n’est pas le fruit d’un mot d’ordre. En revanche, il y a une véritable explosion de violence dans les heures et jours qui ont suivi les premiers coups de feu policier au centre de Sétif ce matin du 8 mai.

Conservée à la photothèque de l’ECPA, du service historique de la Défense, sans légende, la photo d’Albert Denier amputé fut publiée dans un reportage de Paris Match en avril 1972, la légende affirmant qu’il s’agissait d’un colon laissé pour mort dans sa ferme incendiée après avoir été amputé. Or, Albert Denier vivait en ville, était postier et c’est la gravité de ses blessures qui entraîna son amputation. Suite au courrier de protestation de son fils Roger contre le détournement de cette photo, la direction du service de l’ECPA, décida de retirer ce cliché des collections.

Bien qu’on lui ait assuré que la chirurgie réparatrice avait fait de grands progrès depuis 1918 où il avait vu tant de camarades estropiés, il dut se résigner à supporter une prothèse particulièrement gênante et peu maniable. Il ne pouvait plus à son grand regret jouer de la clarinette, lui qui avait appris le solfège dès l’âge de neuf ans, qui avait fait partie de l’orchestre symphonique de Sétif à partir de 1920 et qui organisait chaque année à partir de la fin des années trente la fête annuelle de la ville. Après son agression, on lui fit miroiter un traitement de faveur avec la possibilité pour lui de revenir travailler aux PTT avec quelqu’un pour l’aider et comme contrôleur principal. Mais l’administration s’y opposa finalement, malgré les démarches de la fédération syndicale des Postiers début 1946. Il fut donc mis à la retraite d’office. On lui proposa aussi un poste d’élu municipal, qu’il refusa.
Il s’était marié en 1921 avec Marthe Deybach qui était surveillante des PTT. Ils eurent deux fils. Roger, né en 1922, fut cadre aux chemins de fer, militant cégétiste, mais non adhérent au PCF. Il resta à Alger bien après l’Indépendance jusqu’à sa mutation à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en 1967. Marcel, né en 1923, instituteur en Algérie puis en France à partir de 1962, décédé en 2016.
Des personnes de son entourage lui firent parfois remarquer qu’il aurait été préférable de mourir plutôt que d’avoir été aussi gravement blessé dans sa chair. Albert Denier balayait ses objections en se déclarant heureux de continuer à vivre, de côtoyer ses enfants et petits-enfants, à continuer d’écouter la musique qu’il aimait tant, à lire et aussi à apprécier les plats de son épouse, souvent qualifiée de sainte tant elle fut dévouée à son mari. Cette dernière s’était également engagée politiquement après-guerre en adhérant à l’Union des Femmes Françaises, organisation créée et contrôlée par le Parti communiste. Elle décéda en 1978 à Nice après avoir quitté l’Algérie en 1962.

Depuis des décennies, journalistes, historiens et aujourd’hui polémistes de tout poil via Internet et les réseaux sociaux, déforment la réalité de ce qu’a subi Albert Denier, soit par manque de rigueur historique, soit pour servir leur propos. Albert Denier, victime d’une foule en colère, ne fut pas le symbole des exactions de la population arabe comme beaucoup auraient voulu qu’il soit présenté. Y compris plusieurs décennies après sa mort, certains essaient encore de justifier le massacre de milliers de personnes par les forces de l’ordre, avec l’aide parfois de civils réunis en milices, par la nécessité de réprimer les actes odieux subis par Albert Denier et quelques dizaines de victimes parmi la population “européenne”.

Avec une grande dignité, celui-ci ne s’en prit pas aux Algériens indigènes et aux nationalistes. Il n’aura pas voulu “hurler avec les loups” dira un camarade cheminot de son fils Roger, après la mort d’Albert. Plusieurs témoignages écrits traduisent l’admiration que l’attitude d’Albert Denier a suscité parmi les gens qui le connaissaient ou ceux qui ne le connaissaient pas.
Jacques Duclos, dans un courrier à la famille d’Albert Denier en 1972 déclara que ce dernier était “un homme remarquable qui malgré sa grave mutilation après les événements de mai 1945, fit preuve de courage et d’esprit de Parti en condamnant les responsables des événements du constantinois en mai 45, les colonialistes et leurs auxiliaires de l’administration coloniale. Il resta solidaire à ce moment là et jusqu’à la fin de sa vie du mouvement de libération algérien.” On a vu précédemment que la présentation faite par Duclos, 27 ans après les faits, n’était pas exactement conforme à la réalité, Albert Denier défendant en 1945 la position du PCA et du PCF.
Après ces événements, il resta communiste jusqu’à sa mort, restant actif de 1945 jusqu’à l’interdiction du PCA en 1955, notamment en recevant des dirigeants du Parti qui progressivement furent majoritairement issus de la population musulmane et se prononcèrent pour l’Indépendance quand la direction du PCF continuait à défendre l’idée d’un maintien des liens entre France et Algérie dans l’Union française. Albert Denier pensait quant à lui qu’il y avait eu des occasions manquées qui auraient sans doute permis de permettre une indépendance par étape de l’Algérie, conservant des liens particuliers avec la France.
Victime d’une crise cardiaque, il fut soigné à Constantine et c’est peu après son retour, qu’il mourut subitement.
Il fut enterré à Boufarik, sa ville natale, et l’harmonie municipale de Sétif était là pour accompagner son cercueil quand celui-ci fut amené à la gare.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article211692, notice DENIER Albert, Louis par Eric Panthou, version mise en ligne le 11 février 2019, dernière modification le 21 novembre 2022.

Par Eric Panthou

SOURCES : Égalité, 16 août 1946, récit de l’amputation. — F. Abbas, La nuit coloniale, Julliard, Paris, 1962. — Témoignages recueillis, R. Aïnad-Tabet, Le mouvement du 8 Mai 1945 en Algérie, OPU, 2e édition, Alger 1987, réédition ANEP, 2005. — Autres témoignages dans B. Mekhaled, Chroniques d’un massacre : 8 mai 1945, Sétif-Guelma-Kherrata, Syros, Paris 1995. — Henri Alleg, La guerre d’Algérie, op. cit. et Mémoire algérienne, Stock, Paris 2005. — Arch. militaires françaises, SHAT, citées dans A. Rey-Goldzeigher, Aux origines de la guerre d’Algérie 1940-1945 de Mers El-Kébir aux massacres du nord-constantinois, La Découverte, Paris 2002. — Témoignage de Lakhdar Berkoukéche sur Albert Denier, cité par Redouane Aïnad Tabet, Le Mouvement du 8 mai 1945 en Algérie, Alger, OPU, 2e édition, 1987 .— Abderrahmane Bouchène, Jean-Pierre Peyroulou (dir), Histoire de l’Algérie à la période coloniale, Paris, La Découverte, 2012 .— Arch. de police, arch. d’outre-mer dans Jean-Louis Planche, Sétif 1945. Histoire d’un massacre annoncé, Perrin, Paris 2006. — Témoignage de son fils, Clermont-Ferrand, 23 février 2017. Lettre du directeur-adjoint de l’ECPA à Roger Denier, le 10 juillet 1990 .— Évaluation des blessures d’Albert Denier le 8 mai 1945, dactyl., 1 p. .— Jean-Marie Blas de Roblès, Dans l’épaisseur de la chair, Paris, Éditions Zulma, 2017.— Jacques Jurquet, La Révolution nationale algérienne et le Parti communiste français, Paris, éditions du Centenaire, 1979 .— Entretien d’Eric Panthou avec Roger Denier, son fils, le 25 octobre 2018 et 22 novembre 2018 .— “Guerre d’Algérie - dix ans après”, Paris-Match, n°1197, 15 avril 1972 .— René Galissot, “Du débarquement allié de novembre 1942 au 8 Mai 1945 (1re partie)”, El Watan, site web, paru le mardi 10 juin 2008 .— Boukhalfa Amazit, « Le colonialisme n’est pas une histoire anecdotique de coup d’éventail » , El Watan, site web, paru le mardi 10 juin 2008 .— Laurent Joffrin, “Algérie : la chasse est ouverte ”, Libération, 5 mai 2015 .— “Il nous faut deux millions : souscriptions parvenues pour le Parti”, L’Humanité, 16 février 1924 .— “La souscription du Parti”, L’Humanité, 9 décembre 1926 .— “La souscription du Parti”, L’Humanité, 28 janvier 1932 .— “Pour mettre fin aux troubles d’Algérie”, L’Humanité, 15 mai 1945 .— Boris Taslitzky, Albert Denier (Reportage en Algérie), 1952, Mine graphite sur papier, Centre Pompidou, MNAM-CCI. — Roger Esplas, “De Sétif”, Liberté, 10 mai 1945 .— H. Neveu, “Les responsables”, Liberté, 17 mai 1945 .— “Un appel du Parti Communiste Algérien. Union !”, Liberté, 17 mai 1945 .— H. Neveu, “Faisons le point”, Liberté, 31 mai 1945 .— “Ce que dit denier, grand mutilé du 8 mai”, Liberté, 7 juin 1945 .— Larbi Bouhali, “Après les incidents de Sétif. La répression de trompe d’adresse”, Liberté, 31 mai 1945.— V. Joannes, “La monstrueuse provocation du Constantinois”, Liberté, mai 1945 .— Roger Esplaes, “Enquête ministérielle, Liberté, 28 juin 1945 .— “Une belle manifestation de sympathie en l’honneur de notre camarade Denier, symbole de dévouement, de clairvoyance et de sacrifice pour l’union des populations algériennes”, Travail, 20 mars 1946 (archives privées Roger Denier) .— Lettre de Jacques Duclos à Madame Isel à Bondy, 5 mai 1972 (archives privées Roger Denier) .— Lettre d’André Marty à Albert Denier, 21 mai 1945 (archives privées Roger Denier) .— Le Gouverneur Général de l’Algérie à Monsieur Albert Denier, 19 octobre 1940 .— Lettre du Parti socialiste, section de Sétif, à Albert Denier, 4 avril 1944 (archives privées Roger Denier). — Courriel de Geneviève Binet, petite-fille d’Albert Denier, à Eric Panthou, le 28 octobre 2018 .— Courriel de Roger Vétillard à Eric Panthou, le 31 octobre et 1er novembre 2018 .— Courriel d’Elïse Dreure à Eric Panthou, le 9 décembre 2018 .— ANOM : livret militaire d’Albert Denier. [en ligne]. Chaleureux remerciements à Sébastien Le Chévère pour l’aide apportée à la consultation de certains documents.

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