CULOT Charles, Eugène

Par Madeleine Singer

Né le 8 février 1909 à Pontarlier (Doubs), mort le 23 novembre 2002 à Sens (Yonne) ; professeur certifié d’allemand ; militant du SGEN ; rédacteur d’École et Éducation, puis de Syndicalisme universitaire de 1954 à 1969 ; récréateur du Syndicat national professionnel des artistes musiciens des cultes (SNPAMC).

Charles Culot, fils unique de Charles Culot, receveur des douanes, avait le prénom de son père. Il fit ses études au lycée de Pontarlier ainsi qu’à la Faculté de Besançon ; il obtint la licence d’allemand en 1932, le certificat d’aptitude en 1934. Après un an d’assistanat en Autriche, puis le service militaire, il enseigna dans les lycées de Tulle et de Vesoul. Ayant fait la guerre de 1939-1940 en qualité d’adjudant-interprètre d’allemand, il exerça au lycée de Besançon jusqu’en 1952 et fut alors nommé à Savigny-sur-Orge et l’année suivante à Paris, d’abord au lycée Voltaire, ensuite au Petit Condorcet où il prit sa retraite en 1970. Il s’était marié en 1935 avec Marie Debray qui, bonne musicienne, entra dès leur arrivée à Paris, dans le circuit des musiciens d’églises, de synagogues et de temples protestants. Ils eurent quatre enfants.
Membre de la JEC dès qu’elle se constitua en 1929, il en avait alors composé l’hymne sur les paroles de Joseph Folliet et jugea par le suite que sa musique était bien mauvaise. Il adhéra au SGEN à la Libération car il avait connu Paul Vignaux* par la JEC et l’admirait beaucoup. En 1945 il devint secrétaire académique de Besançon : il succédait à Pierre Danchin qui quittait l’Académie après avoir été un des quatre fondateurs du SGEN dans le Doubs. Charles Culot assuma cette responsabilité pendant quatre ans et se fit alors remplacer par un de ses collègues, Roger Martelet*. Mais dès l’année suivante, il suppléait au comité national le représentant de l’académie de Besançon et devenait en 1953 membre titulaire de cet organisme au titre du Second degré.
Il eut des débuts pénibles dans la région parisienne car, de 1952 à 1954, il fut souvent arrêté par la maladie. Mais sa santé lui permit en 1954 de devenir rédacteur d’École et Éducation à la place de F. Labigne* appelé à d’autres tâches. Pendant quinze ans, il siégea à ce titre au bureau national et géra les mutations successives du bulletin syndical. D’abord, le 19 octobre 1955, École et Éducation devint un journal au format 44x30. Le titre, en blanc sur fond rouge, était désormais Syndicalisme universitaire. Au bureau national du 28 septembre 1955, Charles Culot avait proposé cette nouvelle présentation : il s’agissait d’adopter un style « plus accrocheur » pour les jeunes, de faciliter l’affichage, tout en reflétant « nos préoccupations de syndicalistes confédérés » : Syndicalisme est en effet le titre de l’hebdomadaire confédéral. En surimpression noire sur le titre, Charles Culot avait ajouté sur la maquette École et Éducation quand il avait vu F. Labigne attristé de voir disparaître l’ancien titre qu’il avait entouré de tant de soins. Quelques mois plus tard, on reviendra, sans doute par économie, au titre en noir et blanc ; École et Éducation passa alors en sous-titre, puis finit par disparaître.
Au bureau national du 16 janvier 1957, C. Culot signala que ses difficultés s’aggravaient : des sections nouvelles se créant, le journal ne pouvait refléter cette expansion qu’en augmentant le nombre des numéros annuels et le nombre des pages par numéro. Or le budget de 1957-1958 ne prévoyait que 18 numéros de 12 pages ; il fallut gagner de la place en réduisant la part consacrée aux tableaux relatifs aux traitements, en ne publiant plus les fiches utilisées par les adhérents à l’occasion de promotions ou de mutations. C’est seulement le 22 novembre 1961 que Syndicalisme universitaire devint hebdomadaire avec 35 numéros annuels de huit pages.
Nouvelle mutation le 23 septembre 1965 : l’hebdomadaire reprit le format antérieur 21x29. C. Culot pense maintenant que ces changements ont suivi une sorte de mode, L’Express par exemple ayant paru d’abord en format journal. Mais, ajoute-t-il, ce format qui reflétait mieux le caractère général du Syndicat donnait aussi une impression de désordre : la mise en page était d’autant plus difficile qu’elle devait fréquemment être bouleversée au profit d’articles urgents de dernière heure. Par ailleurs pour rendre la publication moins austère, C. Culot y inséra à partir de 1959, diverses illustrations, en sus des photos de dirigeants ou de congrès ; il y eut ainsi un « chantier interdit » pour un CES inachevé, etc.
Le travail de Charles Culot était d’autant plus lourd qu’à partir d’avril 1956, le journal dût être imprimé en province car les prix parisiens étaient trop élevés : le SGEN choisit au Mans l’imprimerie qui travaillait déjà pour les cheminots de la CFTC et y resta jusqu’en 1968. Charles Culot devait donc chaque lundi relire sur place les morasses et en assurer la correction avec une adhérente du Mans. La partie la plus délicate de sa tâche était de choisir ce qui serait publié parmi la copie toujours trop abondante ; le marbre était encombré d’articles en souffrance qu’il fallait détruire parfois quand l’actualité les avait dépassés. Cet excès de marbre endémique qui lui donnait des difficultés avec les imprimeurs, était inévitable, vu le nombre de pages fixé à l’avance. Tant que ce dernier l’était par année financière, cela donnait encore un peu de latitude. Mais vers 1965 il fut établi par numéro. Toutefois c’est alors que s’instaura autour de Charles Culot une réunion hebdomadaire des représentants des degrés qui décidaient de ce qui serait publié puisqu’on attribua alors à chaque degré une place définie. C. Culot assuma cette fonction sans aucune décharge de service jusqu’à ce qu’en 1969, il mit au courant son successeur, à la veille d’une retraite qui allait mettre fin à sa présence tant au bureau national qu’au comité national.
La femme de Charles Culot l’avait peu à peu entraîné, dit-il, vers des activités d’organiste qu’il exerça parallèlement à ses fonctions universitaires. Vers 1960, l’appauvrissement de l’église catholique ayant amené bien des frictions entre le clergé et les musiciens, organistes ou chanteurs médiocrement rétribués, ils décidèrent tous deux de reconstituer un vieux syndicat tombé en désuétude ; le « Syndicat national professionnel des artistes musiciens des cultes » (SNPAMC) fut fondé le 22 novembre 1963 au siège de la CFTC, rue Montholon. Après la scission de 1964, les adhérents de ce Syndicat décidèrent par un vote le 14 janvier 1965 d’opter pour la CFTC ; C. Culot eut alors les deux cartes syndicales, CFDT et CFTC.
Une fois à la retraite à Sens, il alla à Paris toutes les semaines, le samedi et le dimanche, car il était titulaire de l’orgue de Saint-Denis-de-la-Chapelle. Mais en 1988 la surdité l’obligea à abandonner sa fonction. Il était officier des Palmes académiques. Touché par un cancer généralisé, il mourut à l’hôpital de Sens le 23 novembre 2002.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21204, notice CULOT Charles, Eugène par Madeleine Singer, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 8 novembre 2021.

Par Madeleine Singer

SOURCES : Madeleine Singer, Le SGEN 1937-1970, thèse Lille III, 1984, 3 vol. (Arch. Dép. Nord, J 1471). — École et Éducation (1945-1955). — Syndicalisme universitaire (1955-1970). — Lettres de C. Culot à M. Singer, 10 février 1988, 26 février 1995, 8 mai 1996, 22 mai 1996 (arch. personnelles).

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