COHADON Maurice, Adolphe [pseudonyme dans la résistance : Romano]

Par Patrick Bec, Eric Panthou

Né le 13 mars 1902 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), mort au combat le 20 juin 1944 au lieu dit "La Barre de Fer" à Pradels, commune d’Anterrieux (Cantal) ; serrurier chez Michelin ; résistant au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Maurice, Adolphe Cohadon était le fils de Joseph, Louis Cohadon marié le 29 avril 1898 à Clermont-Ferrand avec Anne Gaulin, domestique originaire de Saint-Julien de Coppel (Puy-de-Dôme). Le 20 avril 1929 il s’était marié au Mont-Dore (Puy-de-Dôme) avec Amélie, Marie, Jeanne Lacombe. Il était serrurier employé à l’usine Michelin à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), ville où il demeurait en 1944, habitant 18 allée des Carrières, quartier de l’Oradou.
Il faisait partie, sous le nom de guerre Romano, de la 3ème section, 2éme groupe de la 7ème Compagnie de FFI dite compagnie du Mont-Mouchet. Il fut tué lors des combats de la Truyère.
Une attestation indique qu’il aurait appartenu à la 2ème section de la 7ème Compagnie, sous les ordres du commandant Joseph Guignet alias Puichanet, du 26 mai au 20 juin 1944 comme 2ème classe.
Au lendemain de la dispersion du Mont-Mouchet (10 et 11 juin 1944), les troupes allemandes savaient que des maquisards s’étaient enfuis vers le sud et l’est. Dès le 16 juin le nouveau rassemblement est localisé ; Eugène Martres lit dans le journal de von Brodowski : "vastes concentrations de terroristes vers Chaudes-Aigues".
Mme Siquier, institutrice à Anterrieux fait le récit de la journée du 20 juin 1944 : « Malgré les précautions prises (destruction de ponts et de morceaux de route), les Allemands font leur apparition, terriblement armés avec une vingtaine d’autos blindées, des mitrailleuses, des canons. Devant cette attaque inopinée, l’état-major décida de replier ses troupes aux Bruyères afin de permettre au gros des forces de St-Martial soit de résister, soit de se replier. La bataille sur Anterrieux se trouva donc simplifiée puisque seuls quelques FFI résistèrent. Les Allemands attaquèrent avec un canon posté à la Barre de Fer (croisement de la route de Saint-Urcize et de Fournels) qui domine Anterrieux. Ils visaient le clocher de l’église croyant atteindre ainsi le poste d’observation. Ils tiraient aussi sur La Combe, route de repli sur St-Martial des FFI. »
D’après Mgr de La Vaissière, le but des Allemands était de détruire les camions de la Résistance qui stationnaient près de l’église, et de tuer les hommes qui pouvaient être cachés dans les maisons environnantes ou dans les replis de terrain. Quarante jeunes devaient périr dans ce combat. Ils furent ensevelis à l’endroit où ils tombèrent. La plupart d’entre eux étaient de la région de Clermont.
« Lorsque la nuit du mardi 20 juin tomba, les combats dans ce secteur étaient achevés. Plus de 40 morts (dont un ou deux habitants) s’éparpillaient au nord de Saint-Juéry, à l’est de Deux-Verges, à Laborie, Lacombe, Anterrieux, Pradels, Vieille et Ladignac. Parmi ces tués, une trentaine de la 7e cie de Pradels. » (Martres)
Maurice, Adolphe Cohadon a été tué à La Barre de Fer, près du village de Pradels, le 20 juin 1944. Il avait 42 ans.
Ses obsèques eurent lieu à Montferrand le 25 septembre 1944.

La mention "Mort pour la France" est portée sur l’acte de décès. Le 4 janvier 1952 il a reçu à titre posthume la carte de Combattant volontaire de la Résistance (CVR). Il fut homologué soldat de 1ère classe le 25 février 1947 pour une prise d’effet le 1er juin 1944. Ses dates d’homologation comme FFI vont du 26 mai au 20 juin 1944. Il s’est vu aussi attribué la croix de guerre avec étoile d’argent. Il a été homologué FFI.
C’est un jugement du tribunal civil de Saint-Flour le 2 novembre 1944 qui a fait office d’acte de décès, transcrit sur l’état-civil de Chaudes-Aigues le 11 février 1945.

Son nom est gravé sur le monument de la Résistance à Anterrieux ainsi que sur les monuments aux Morts de Clermont-Ferrand et Beaumont dans le Puy-de-Dôme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article212083, notice COHADON Maurice, Adolphe [pseudonyme dans la résistance : Romano] par Patrick Bec, Eric Panthou, version mise en ligne le 17 février 2019, dernière modification le 6 mars 2021.

Par Patrick Bec, Eric Panthou

SOURCES : SHD Vincennes, dossier de résistant de Maurice, Adolphe Cohadon : GR 16 P 135586 (non consulté) .— AVCC, dossier Maurice, Adolphe Cohadon : AC 21 P 46815 (non consulté) .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 2546 W 4775. Dossier attribution carte CVR à Maurice Cohadon .— La 7ème Compagnie : du Mont-Mouchet... à la Truyère, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 3éme édition modifiée, 2004. — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Jean Favier, Mémorial du réduit de la Truyère, Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008. — Les Allemands dans la région de Saint-Flour (Mai - août 1944), Témoignages des Instituteurs et des Institutrices collectés par M. Louis Bac, édition établie par Jean Favier avec l’aide des Archives Municipales de Saint-Flour (M. Gilles Albaret, directeur et Mme Lydia Lucchi), éditions de l’Association du Musée de la Résistance d’Anterrieux, janvier 2017 . — Mgr de La Vaissière, Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour, Imprimerie Clavel, St-Flour 1944 .— État civil (AD 15) .— registres matricules (AD 63) .— MémorialGenWeb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément