BELLE Élie, Gabriel, Albert

Par Jacques Girault

Né le 3 mars 1939 à Saint-Jean-en-Royans (Drôme) ; instituteur puis psychologue scolaire ; maire adjoint de Romans (Drôme), communiste (1977-1989,) puis au titre de « Romans-Citoyens » (1989-2001).

Fils d’un ouvrier et d’une ouvrière tisseuse, Élie Belle reçut les premiers sacrements catholiques. Élève de cours complémentaire, il entra à l’École normale d’instituteurs de Valence (Drôme) en 1955, obtint le baccalauréat et fut nommé instituteur en 1959. Il effectua son service militaire dans l’armée de l’Air de septembre 1960 à septembre 1962. Il refusa de suivre les cours d’élève-officier de réserve à Cherchell (Algérie). Muté à Colmar (Haut-Rhin) et Luxeuil (Haute-Saône), il milita comme communiste et membre du Mouvement de la Paix dans les casernes. Instituteur à Romans, il se maria en décembre 1962 à Saint-Jean-en-Royans, avec Madeleine Plot, native de la commune, institutrice, communiste, fille d’un ouvrier sur bois, communiste, et d’une institutrice communiste. Le couple eut deux enfants.

Élie Belle, membre des Jeunesses communistes en 1957, avait adhéré au Parti communiste français à Valence l’année suivante. Secrétaire de la section communiste de la Monnaie, il participa à l’école centrale réservée aux instituteurs communistes en août 1960.

Membre du Syndicat national des instituteurs depuis 1955, secrétaire cantonal à Romans, il militait dans le comité cantonal d’action laïque. Rédacteur d’Enseignement et Démocratie, publication périodique adressée aux enseignants et aux militants laïques, éditée par la Fédération communiste qui parut jusqu’en 1977, il anima notamment le comité de grève en mai 1968. En outre, il siégea pendant de nombreuses années à la commission administrative de la section de la Drôme de la Fédération de l’Éducation nationale. Il abandonna ses responsabilités municipales au début de son mandat de conseiller municipal en 1977.

Secrétaire du comité local du Mouvement de la Paix, Élie Belle fut membre du comité de la fédération communiste de la Drôme à partir de 1965. Il suivit les cours de l’école centrale d’un mois (juin-juillet 1968). Membre du bureau fédéral de 1970 à 1985, responsable du travail parmi les enseignants, il contestait la ligne du PCF depuis la qualification de « bilan globalement positif » après avoir soutenu tout ce qui pouvait transformer le Parti de l’intérieur. Dès 1975, un rapport du secrétaire fédéral indiquait ces critiques portées contre la ligne du Parti. Il démissionna publiquement du PCF en 1988 avec les autres adjoints communistes au maire de Romans.

Après avoir préparé le diplôme de psychologue scolaire de 1970 à 1972 à l’Université de Grenoble, Élie Belle exerça dans cette nouvelle fonction à Montélimar, Valence et Romans de 1982 à sa retraite en 1995 .

il fut candidat aux élections municipales de Romans en 1971. En 1977, élu sur une liste d’union de la Gauche conduite par le socialiste Georges Fillioud, il devint adjoint au maire, délégué à l’éducation (écoles, collèges, lycées) et à l’éducation populaire (Maisons de jeunes et maisons de quartier). Président du groupe des élus communistes et apparentés (1971-1988), candidat aux élections cantonales en 1970, 1976 et 1982, candidat aux élections législatives dans la troisième circonscription (Romans), le 4 mars 1973, il obtint 8 017 voix sur 69 743 inscrits et 54 579 suffrages exprimés et se désista pour le candidat socialiste Georges Fillioud qui fut élu. A nouveau candidat en 1978, il réunit le 12 mars, 10 828 voix sur 79 144 inscrits et 63 488 suffrages exprimés. Il se désista à nouveau pour le député socialiste sortant. Le même scénario se reproduisit en 1981. Lors des élections régionales de 1992, il figurait sur une liste associative « A gauche autrement » qui eut un élu.

Après son départ du PCF, Élie Belle anima une association « Romans-Citoyens » de 1989 à 2011 avec des anciens communistes, socialistes et sans parti. Dans la municipalité reconduite en 1989, en dépit de l’hostilité des élus communistes, il conserva son poste d’adjoint pendant deux mandats, délégué à l’urbanisme. Il fut le vice-président puis le président de l’office local d’HLM pendant dix-huit ans.

Après 2001, Élie Belle exerçait des responsabilités dans l’amicale laïque et l’Université populaire. Il présidait pour les départements de la Drôme et de l’Ardèche l’association France-Palestine-solidarité et figurait dans son conseil d’administration national.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article212101, notice BELLE Élie, Gabriel, Albert par Jacques Girault, version mise en ligne le 17 février 2019, dernière modification le 10 septembre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Archives comité national PCF. – Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes d’Alain Chaffel.

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