CUPCIC Samuel, David

Par Lynda Khayat

Né le 16 janvier 1905 à Kilia (Roumanie), tué le 30 avril 1942 à Paris XIIIème arr. au cours d’un échange de coups de feu avec la police ; ingénieur électricien, ajusteur ; militant communiste ; résistant, membre de l’Organisation spéciale du Parti communiste clandestin (OS).

Fils d’une famille juive de Bessarabie, originaire d’Ismaïl, comptant cinq enfants, il quitta la Roumanie pour poursuivre ses études à l’étranger, gagna Liège en Belgique avant d’arriver en novembre 1926 en France, où il s’inscrivit à l’Institut électrotechnique de Toulouse (Haute-Garonne), obtenant, en octobre 1929, le diplôme d’ingénieur électricien. Le mois suivant, il commença à travailler dans une entreprise de transport et de distribution d’électricité. Il gagna, au début de l’année 1931, Paris, où il résida en hôtel. Il sollicita sa naturalisation en avril 1932 ; reconnu apte au service armée, il obtint la nationalité française en mars 1933.

Sans doute mobilisé au début de la guerre, il trouva à partir de décembre 1940 un travail d’ajusteur à la Société nationale aéronautique du Centre, à Boulogne (Seine, Hauts-de-Seine), habitant dans la même localité. Membre de l’Organisation spéciale, groupe armé clandestin du Parti communiste, il était chargé de l’exécution de soldats de l’armée occupante. Ainsi le 8 avril 1942, il tira, avenue de Versailles (XVIe arr.), sur un sous-officier, parvenant à le blesser.

Le 30 avril de la même année, il participa en compagnie d’Yves Glevarec, membre de l’OS, à la protection d’un groupe de militants chargés de la distribution de tracts, à la veille du 1er Mai, à l’entrée des usines Gnôme et Rhône, boulevard Kellermann à Paris (XIIIe arr.), à l’heure où s’effectuait la sortie des ouvriers. L’un des gardiens de la paix en civil, stationné en surveillance à proximité, intervint pour ceinturer l’un d’entre eux, qui s’apprêtait à lancer un paquet de papillons ; c’est alors que Samuel Cupcic se détacha du groupe et tira plusieurs coups de feu sur le policier, qui, lâchant prise, se laissa tomber, simulant une blessure. Il protégea alors la retraite de ses camarades se repliant vers la rue de la Poterne-des-Peupliers, en tentant d’utiliser une grenade, en tirant en direction des policiers, alors qu’alertés par les coups de feux, des gardiens cyclistes se jetaient à leur poursuite. Faisant feu sur eux, ils atteignirent mortellement d’une balle au visage Samuel Cupcic, tandis que le reste du groupe réussit à prendre la fuite, parvenant à se mêler aux ouvriers qui continuaient à sortir de l’usine.

Quelques jours après sa mort, tout près des usines Gnôme et Rhône, trois de ses camarades, Margueriteau, Sautet et Kerz, voulurent exécuter un gardien de la paix, tentative au cours de laquelle ils furent arrêtés, sans que les services de police n’aient pu établir si cette action avait un lien direct avec son décès. Une procédure de révision de sa naturalisation fut engagée en mars 1942, parce qu’il était Juif ; elle ne put être poursuivie car, après enquête, il fut constaté en octobre de la même année, qu’il était déjà mort.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21213, notice CUPCIC Samuel, David par Lynda Khayat, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 26 novembre 2020.

Par Lynda Khayat

SOURCES : Arch. Nat., CAC Natural. 19770876 art. 196 dos. 34829 X 31 Cupcic Samuel ; 19940508 art. 588 Fichier central de la Sûreté Nationale. — Arch. PPo., BS2 GB 101 Affaire Cupcic (décédé).

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