VERNIÈRE René, Jean, Élie, dit Jean [écrit aussi VERNIÈRES ]

Par André Balent

Né le 13 octobre 1925 à Lunel (Hérault), exécuté sommairemment par les Allemands le 27 juillet 1944 à Courtauly (Aude) ; résistant du maquis « Vincent-Faïta » des FTPF de l’Aude

Jean Vernière était le fils d’Armand, Marius Vernière et d’Antoinette Caumeil. Sans doute réfractaire du STO, il intégra le maquis « Vincent-Faïta » des FTPF audois (Voir Alcantara Joseph). Cette formation fut présente au sud de Carcassonne, dans le Kercorb puis dans les Corbières. Son origine fut le fait de résistants communistes de Limoux (Aude) et des environs
Les 26 et 27 juillet 1944, le maquis « Vincent-Faïta » fut décapité par les Allemands. Dénoncée, sa présence était connue, sans doute initialement par la Milice. Il était pourchassé par les militaires allemands et la Milice dans la région de Chalabre (Aude). Le commandement allemand du groupe d’armées G , installé à Rouffiac-Tolosan (Haute-Garonne), donna l’ordre, après le 6 juin 1944, d’attaquer tous les maquis susceptibles d’entraver les communications militaires le long de l’axe Toulouse-Nîmes. L’anéantissement de « Vincent-Faïta », comme celui d’autres maquis indépendamment de leur affiliation, fut donc un des objectifs allemands. Un groupe de FTPF de ce maquis franchit donc l’Aude et se rendit en reconnaissance dans les Corbières, sur l’autre rive du petit fleuve, dans la vallée de l’Orbieu. Mais les Allemands parcouraient cette partie des Corbières, à la recherche du maquis de Villebazy, de l’AS. Ils tombèrent donc sur le détachement des FTPF. À proximité de Lairière (Aude), le chef du maquis Joseph Alcantara fut tué ainsi que deux autres FTP, Attilio Donati et Gaston Prat. Le chef adjoint de « Vincent-Faïta », André Riffaud, fut grièvement blessé. Conduit à Carcassonne, il expira le 30 juillet 1944. Un cinquième homme, Bourges, prisonnier fut incarcéré à la maison d’arrêt de Carcassonne. Le lendemain, le 27 juillet, à la recherche de « Vincent-Faïta », dans la région de Chalabre, trois cents Allemands avaient été dépêchés avec quinze camions depuis Foix (Ariège) afin d’accrocher et d’anéantir le maquis « Vincent-Faïta » qui se trouvait encore dans le secteur avant de s’installer dans le nouveau cantonnement des Corbières. Trois hommes (Paul Vernière, Louis Bages, et André Laffon*) du maquis furent tués, d’après certaines sources, au col de la Flotte (commune de Sonnac-sur-l’Hers), à proximité de la limite avec l’Ariège. Mais l’état civil de Courtauly indique que Jean Vernières aurait été tué comme Thomas Helmut, dans cette commune, route de Chalabre (Aude) au lieu-dit « A Coustet » où leurs cadavres furent découverts.
Jean Vernières fut inhumé (inconnu n° 2) dans le cimetière de Courtauly le 29 juillet 1944, après sa découverte, la veille. Il est décrit comme ayant une taille de 1, 70 m environ, nu-tête avec des cheveux châtain foncé, le visage rasé. « Il était vêtu d’une chemise kaki sur un tricot hygiénique molletonné, d’un pantalon de drap bleu marine, de chaussures montantes noires ». Identifié ultérieurement, son nom et ses prénoms furent transcrits en marge de l’acte de décès avec la mention « Mort pour la France ».
Son corps fut exhumé du cimetière de Courtauly le 7 octobre 1944 afin d’être réinhumé à Lunel.
Il a été homologué interné résistant, et FFI statut militaire.

Le nom de Jean Vernière a été gravé sur le monument commémoratif du col de la Flotte avec celui des cinq autres victimes des accrochages de Sonnac-sur-l’Hers et de Courtauly.

Voir Courtauly et Sonnac-sur-l’Hers (Aude), col de la Flotte, 27 juillet 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article212223, notice VERNIÈRE René, Jean, Élie, dit Jean [écrit aussi VERNIÈRES ] par André Balent, version mise en ligne le 19 février 2019, dernière modification le 2 avril 2022.

Par André Balent

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21P 166051 et 21P 687854 (nc). — SHD, Vincennes, GR 16P 590748 (nc). — Arch. com Courtauly, état civil, acte de décès de Jean Vernière et mentions marginales. — Julien Allaux, La 2e Guerre mondiale dans l’Aude, Épinal, Le Sapin d’or, 1986, 254 p. [p. 179]. — Serge Fournié, « Maquis du Kercorb », site chalabremetaitconte.pagesperso-orange.fr, consulté le 18 août 2018. — Lucien Maury, La Résistance audoise (1940-1944), tome II, Carcassonne, Comité de l’histoire de la Résistance audoise, Carcassonne, 1980, 441 p. [pp. 255-256, p. 395]. — La Marseillaise, 16 septembre 1960. — La Dépêche, édition de l’Aude, chronique de Sonnac-sur-l’Hers, 25 septembre 2017. — MemorialGenWeb consulté le 19 février 2019, recherches infructueuses.

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