CONRIÉ Pierre Louis [pseudonyme dans la résistance : Lampert]

Par Patrick Bec

Né le 11 juin 1922 à Laroquebrou (Cantal), disparu le 21 juin 1944 à Boyès, commune d’Espinasse (Cantal) ; résistant au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Pierre-Louis Conrié était le fils de Antoine, Louis Conrié, cordonnier de Laroquebrou, marié en 1911 avec Philippine, Agnès Couderc, originaire de Nieudan (Cantal). Il avait une sœur née en 1912 et mariée à Laroquebrou en 1933. Il était célibataire et habitait Laroquebrou. Il rejoignit la Résistance au sein de la 8ème compagnie FFI Fred.
Au lendemain de la dispersion du Mont-Mouchet (10 et 11 juin 1944), les troupes allemandes savaient que des maquisards s’étaient enfuis vers le sud et l’est. Dès le 16 juin le nouveau rassemblement est localisé ; Eugène Martres lit dans le journal de von Brodowski : "vastes concentrations de terroristes vers Chaudes-Aigues".
Le mardi 20 juin 1944 l’assaut allemand contre le réduit de la Truyère se développa à partir de 3 axes de pénétration. Vers 8 h 30 - 9 h une colonne allemande buta au Pont Rouge à 8 km au sud de Chaudes-Aigues. Elle atteignit la ville vers midi et l’occupa. Une violente bataille continua tout l’après-midi autour de Chaudes-Aigues ; les maquisards ont perdu 65 à 70 hommes : 10 au Pont Rouge ; une douzaine à Chaudes-Aigues - Bressoles - Ladignac ; 34 autour de Pradels - Anterrieux ; 5 vers Saint-Juéry ; 5 à Deux-Verges ; 1 ou 2 vers Mallet. Il y a aussi des blessés graves. (Martres).
Le 21 juin la grande masse des combattants avait réussi à se replier. L’ennemi se livra avant tout à la chasse aux maquisards et à l’armement. Des patrouilles d’une quinzaine d’hommes parcourent les chemins et les sentiers, s’enfoncèrent au fond des gorges du Bès et de la Truyère. Ces battues durèrent 6 jours du 21 au 26 juin. Il est difficile de tenir un compte exact des exécutions.
M. Pouget, instituteur à Espinasse relate les événements de juin 1944 : Après le décrochage, une partie des troupes FFI traversa la commune pour chercher abri au-delà de la Truyère. La plupart des maquis passèrent la rivière au Fleys et prirent la direction du Plomb du Cantal les 20, 21 et 22 juin. Le 21 au soir (17 heures), sur les rives du lac de Sarrans, à 200 m de l’ancien hameau de Boyès (submergé quand les eaux du lac sont au niveau maximum), se déroulait un incident tragique. Quatorze maquis descendaient la vallée du Levandès et s’apprêtaient à remonter celle de la Truyère en suivant les berges dénudées du lac lorsqu’ils furent mitraillés par un poste allemand en position au Pouget. Deux FFI furent tués - Milou Chaxel et Marc Serboli tous deux de Blainville-sur-l’eau (Meurthe-et-Moselle) -, trois autres blessés. La plupart ne dut son salut qu’à l’immobilité gardée pendant plusieurs heures en attendant le moment de s’enfuir. Un des trois blessés n’était que légèrement atteint à l’omoplate. Le deuxième atteint profondément à la cuisse et au genou ne dut son salut qu’au dévouement des habitants du Vialard qui le soignèrent pendant trois semaines. Le troisième, Conrié, blessé et isolé, a hurlé jusqu’à la nuit. Son corps n’a jamais été retrouvé. Il avait sans doute été pris par les Allemands. On n’a pas retrouvé sa trace malgré les recherches effectuées à plusieurs reprises.
Le disparu était Pierre-Louis Conrié. Il avait 25 ans.
Son acte de décès porte la mention "Mort pour la France".
Il a reçu la Croix de guerre avec étoile d’argent.

Le nom de Pierre-Louis Conrié est gravé sur les monuments aux Morts de Laroquebrou, Montsalvy, Leucamp et les monuments commémoratifs de Chaudes-Aigues et du cimetière de Laroquebrou.

Par jugement du tribunal civil de Saint-Flour en date du 4 décembre 1947, son décès a été déclaré constant à Espinasse le 21 juin 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article212293, notice CONRIÉ Pierre Louis [pseudonyme dans la résistance : Lampert] par Patrick Bec, version mise en ligne le 22 février 2019, dernière modification le 11 janvier 2022.

Par Patrick Bec

SOURCES : SHD Vincennes, dossier de résistant de Pierre-Louis Conrié : GR 16 P 140512 (non consulté) .— AVCC, dossier Pierre-Louis Conrié : AC 21 P 48197 (non consulté) .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Jean Favier, Mémorial du réduit de la Truyère, Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008 . — "Les Allemands dans la région de Saint-Flour (Mai - août 1944)", Témoignages des Instituteurs et des Institutrices collectés par M. Louis Bac, édition établie par Jean Favier avec l’aide des Archives Municipales de Saint-Flour (M. Gilles Albaret, directeur et Mme Lydia Lucchi), éditions de l’Association du Musée de la Résistance d’Anterrieux, janvier 2017 .— MémorialGenWeb .— État civil (AD 15) et Espinasse.

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