BACHELET Georges, René, Jean [pseudonyme dans la résistance : Matelot]

Par Eric Panthou, Émeric Tellier

Né le 17 mars 1925 à Pontoise (Val-d’Oise, anciennement Seine-et-Oise), mort en déportation le 1er mai 1945 à Bad Sassendorf (Allemagne) ; salarié Michelin à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; membre de la Confédération générale du Travail (CGT) ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI) ; déporté à Dachau puis Neuengamme.

Portrait de Georges Bachelet

Fils de Irénée, employé du chemin de fer et de Marie Eyragne sans profession, Georges Bachelet habitait 123 rue du Devoir, dans la cité Michelin de la Plaine à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il avait un frère, Roger, né le 4 mai 1929.
Georges Bachelet est entré chez Michelin le 28 juillet 1939 comme "petit ouvrier", c’est-à-dire manœuvre. Son père était lui-même ouvrier Michelin au Service DC. Georges eut le temps de se syndiquer avant que le syndicat CGT Michelin soit dissout quelques semaines plus tard, la majorité des élus refusant de dénoncer le pacte Germano-soviétique. Il cessa d’être employé chez Michelin le 31 mars 1942. On ignore si ce fut pour entrer dans la clandestinité ou s’il s’agit seulement d’un changement d’employeur.
Il rejoignit la résistance sans doute au moment de l’appel au maquis du Mont-Mouchet lancé la 20 mai 1944. Sous le nom de guerre Matelot, il a appartenu à la 1ère Section 3e groupe de la 7e Compagnie. La 7éme Compagnie comprenait près d’une cinquantaine d’hommes venus du quartier de la Plaine, dont de nombreux salariés Michelin.
Celle-ci fut décimée lors des combats de la Truyère, le 20 juin 1944, 29 des siens étant tués au combat ou exécutés par les Allemands ce jour là.
Les combats de la Truyères, sur les communes de Chaudes-Aigues et surtout Anterrieux, eurent lieu après que les maquisards aient dû se replier après les combats du Mont-Mouchet.

Georges Bachelet fit partie des hommes qui purent fuir mais il fut arrêté avec Louis Clouvel le 21 juillet 1944 à Clermont-Ferrand par des agents de la Gestapo qui venaient d’effectuer une perquisition infructueuse chez le FTP Francisque Barraire au 108 rue de Devoir. Cette arrestation eut lieu la veille de la grande rafle du quartier de la Plaine, où il habitait, où 123 habitants furent arrêtés par la Milice et 18 déportées, dont Irénée Bachelet, son père, mort en déportation .
Interné sans doute à la prison du 92è Régiment d’infanterie, il fit partit du transport qui quitta Clermont-Ferrand le 20 août 1944, organisé par les Allemands dans la hâte, à cause de l’approche des forces alliées, avec au moins 238 détenus extraits de la caserne du 92è Régiment d’infanterie. A peine arrivés au KL Natzweiler, tous ces prisonniers sont évacués vers le KL Dachau. Ils sont soit affectés dans des Kommandos, soit transférés vers d’autres KL. Une cinquantaine est transférée au KL Neuengamme, le 22 octobre 1944. Georges Bachelet fit partie de ce transfert avec le matricule 26408.

Grâce à d’importantes recherches de la famille d’une victime néerlandaise, on sait que Georges Bachelet a été enterré à Bad Sassendorf. C’est dans ce secteur de Soest-Bad Sassendorf, à une trentaine de kilomètres à l’est de Dortmund, qu’il a été transféré, peut-être en février 1945 comme d’autres détenus venant de Neuengamme, dans un groupe appelé « Baubrigade 11 » et chargé de réparer des voies ferrées endommagées par des bombardements des forces alliées. Le groupe dormait dans des wagons et ensuite dans une vieille ferme de Bad Sassendorf, appelée Lohoff. Beaucoup de ces travailleurs sont morts au cours des raids de l’aviation alliée, qui cherchait à détruire les voies ferrées. 98 victimes de la Baubrigade 11, dont on ne connait pas les noms, furent enterrées dans une fosse commune à Bad Sassendorf. 48 des 98 victimes furent exhumées mais les exhumations furent arrêtées pour des raisons inconnues. Les 48 avaient été ré-inhumés les uns à côté des autres mais toujours sans noms. C’est en recoupant les numéros des victimes exhumées et celle des français déportés ici qu’on peut affirmer que Georges Bachelet a bien été tué ici et fut enterré à Bad Sassendorf. Il existe cependant un autre document faisant état d’un décès de Georges Bachelet au camp de Sandbostel, dit Stalag X-B où en 1945, 9.500 déportés du camp de concentration de Neuengamme et de ses camps extérieurs arrivèrent. Parmi eux, plus de 3000 trouvèrent la mort durant les transports, au camp et pendant les premières semaines suivant la Libération.
Aucun document n’a été trouvé attestant la présence de G. Bachelet dans le mouroir du camp de concentration de Neuengamme au Stalag XB Sandbostel. Les déportés français au Stalag XB ont été répertoriés par les prisonniers de guerre français à partir du 24 avril 1945 et le nom de G. Bachelet ne figure pas sur cette liste.

Georges Bachelet a reçu à titre posthume le titre de Déportés et internés de la résistance (DIR), Forces françaises de l’intérieur (FFI). Il a été reconnu Mort pour la France.

Son nom est inscrit par erreur sur le Monument de la Résistance d’Anterrieux (Cantal) alors qu’il n’est pas mort des combats en ce lieu. Il figure aussi sur le monument aux Morts 1939-1945 rue Diderot à Clermont-Ferrand ainsi que sur le tableau commémoratif des martyrs au siège national de la Fédération nationale des Industries Chimiques de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
A l’initiative de l’association Viviani, des habitants du quartier de la Plaine à Montferrand, une rue Georges et Irénée Bachelet a été inaugurée dans ce quartier de Clermont-Ferrand après 2013.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article212460, notice BACHELET Georges, René, Jean [pseudonyme dans la résistance : Matelot] par Eric Panthou, Émeric Tellier, version mise en ligne le 27 février 2019, dernière modification le 11 décembre 2020.

Par Eric Panthou, Émeric Tellier

Portrait de Georges Bachelet

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 25976, dossier Georges Bachelet (nc) .— Livre Mémorial des Déportés de France" de la FMD, tome 3, page 349. — Informations communiquées par le Musée de la Résistance d’Anterrieux. — MémorialGenweb. — Fiche de recrutement chez Michelin, Acte de disparition du Ministère des anciens combattants, daté du 17 octobre 1946 (archives Michel Bertrand, Clermont-Ferrand) . — Informations transmises par Michel Bertrand (Clermont-Ferrand) le 27 février 2019, concernant le lieu du décès. — Lettre de Ton Van den Berg à Monsieur Patrick Delmont, 4 novembre 2014 (archives Michel Bertrand, Clermont-Ferrand). — https://www.stiftung-lager-sandbostel.de/more-languages/fran%C3%A7ais/. — Arch. FNIC-CGT. — Liste des camarades fusillés déportés ou sans nouvelles du syndicat des produits chimiques ; Archives Henri Verde, UD CGT 63. — Message de Dr. Lars Hellwinkel à Eric Panthou, 27 janvier 2020 . — État civil Pontoise.

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