CYNAMON Szmul, Jacob, dit Samuel. Pseudonyme : FARBER Jacques

Par Lynda Khayat

Né le 24 septembre 1898 à Wloclawek (Pologne), mort le 18 octobre 1979 à Bobigny (Seine-Saint-Denis) ; peintre en bâtiment, soudeur ; militant, résistant puis permanent du secteur juif du Parti communiste français.

Szmul Cynamon
Szmul Cynamon

Fils aîné d’une famille nombreuse dont le père Maurice, établi crémier, était secondé par sa femme Tauba Tchorz, tous deux sympathisants de gauche, Szmul Cynamon commença à militer en Pologne au sein du Linke Poalé-Sion, où il était responsable à la jeunesse. Au début de l’année 1920, il quitta son pays natal, sans avoir satisfaisait à ses obligations militaires. Durant huit mois, il séjourna à Berlin ; de là, il partit pour la Palestine où il adhéra au Parti communiste. Il aurait quitté la région, ne pouvant supporter le climat, atteint de paludisme et gagna la France.
Dès son arrivée en 1929, installé à Paris, il rejoignit le PCF. Peintre-décorateur, il devint militant du syndicat du bâtiment affilié à la CGTU. À partir de 1930, responsable du travail parmi les jeunes et les enfants au sein de la sous-section juive de la MOI, il rejoignit en 1934 le secrétariat de la Kultur Ligué. Du fait de ses pérégrinations à l’étranger, il parlait plusieurs langues : le yiddish, l’hébreu, le polonais, l’allemand, le français et même un peu le russe.
Lors du déclenchement de la guerre, il était membre de la commission régionale du travail parmi les juifs du PCF. Déchu de la nationalité polonaise, de nationalité indéterminée, il souscrivit à Vincennes (Seine, Val-de-Marne) un engagement volontaire au titre de la Légion étrangère ; reconnu inapte, il ne fut pas incorporé. En avril 1940, il trouva à s’employer comme soudeur dans une usine de Montreuil. Durant l’exode, il se replia à Toulouse. Dès son retour à Paris, il reprit ses fonctions militantes. Sa compagne, Sophie Poznanska, aurait été membre de l’Orchestre rouge ; arrêtée en Belgique en 1941, elle décéda la même année en prison.
En janvier 1942, il quitta Paris pour Lyon, où il devint membre du secrétariat pour la zone Sud du groupe juif de la MOI du Parti communiste clandestin, aux côtés d’Albert Youdine et de Jacques Ravine, en tant que responsable à l’organisation et aux jeunes. Au moment de la Libération, il prit part à l’insurrection de Villeurbanne ; il fut homologué FFI (groupe de subdivisions de Lyon). Sa famille, restée vivre, semble-t-il, en Pologne, disparut en déportation, à l’exception de sa sœur, surveillante d’enfants en Palestine, qui échappa à ce sort.
De retour à Paris, Szmul Cynamon reprit son travail de peintre-décorateur. De 1944 jusqu’en 1948, il fut l’un des dirigeants de la commission centrale de l’enfance de l’UJRE. Il s’occupait tout particulièrement du collectage de fonds pour les orphelins de guerre et, à ce titre, il fut envoyé à plusieurs reprises durant cette période en Belgique, en Angleterre et en Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Uruguay, Chili). Il habitait 2 rue du Capitaine-Marchal (XXe arr.) et appartenait à la cellule Paradis rattachée à la section du Xe arr. Magenta de la fédération de la Seine du PCF. Naturalisé français en 1948, il était le tuteur de deux orphelines de guerre, dont les parents furent déportés et dont la plus âgée appartenait à l’Union des jeunes filles de France. La même année, il devint permanent du Parti communiste français, en tant que membre du secrétariat de la commission du travail parmi les juifs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21255, notice CYNAMON Szmul, Jacob, dit Samuel. Pseudonyme : FARBER Jacques par Lynda Khayat, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 1er juin 2020.

Par Lynda Khayat

Szmul Cynamon
Szmul Cynamon

SOURCE : Arch. Nat. 19940508 art. 592, Fichier central de la Sûreté Nat., 19940437 art. 440 dos. 40129 Cynamon Szmul ; Natural. 19780018 art. 222 dos. n° 18841 X 47 Cynamon Szmul.

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