MAJERCZAK Marek [orthographié aussi MAJERSAK, MAJERSZAK, MAJERSACK, Pseudonyme dans la Résistance : Vincent]

Par Jean-Sébastien Chorin

Né en Pologne, exécuté sommairement le 11 mars 1944 à Lyon (Rhône), place de la Croix-Rousse (IVe arr.) ; Franc-tireur et partisan de la Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI) du bataillon Carmagnole.

Marek Majerczak était juif polonais. Il demeura à Montpellier (Hérault).
Il s’engagea dans les Francs-tireurs et partisans de la Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI) à Lyon (Rhône). Il prit le numéro matricule 94.037 et le pseudonyme de Vincent (une photographie de Marek Majerczak portant la mention « Grenoble » laisse à penser qu’il pourrait d’abord avoir intégré les FTP-MOI de Grenoble puis avoir été muté ensuite à Lyon). La lecture des communiqués militaires de l’inter-région HI4 permet de dire qu’il fut très actif du 8 octobre 1943 au 2 mars 1944, date à laquelle son matricule disparaît de la liste des actions militaires des FTP. Il prit part à au moins dix-neuf actions de Résistance : attaque de la maison de la Milice, rue des Archers (Lyon), le 8 octobre 1943, destruction des transformateurs de l’usine Paris-Rhône le 22 octobre, destruction de treize gros camions de l’ennemi dans l’usine Fourraye et Choussaude le 29 octobre 1943, attaque de soldats et officiers allemands sortant du cinéma Royal et du cercle militaire, place Bellecour, le 8 novembre 1943, attaque de quatre transformateurs desservant des usines le 9 novembre, attaque de « l’auto centrale de radio » (véhicule radiogonométrique) et action de récupération de 131000 francs le 19 novembre, récupération d’une ronéo, d’une machine à écrire et de stencils et exécution de l’espionne allemande « Ganache » le 1er décembre 1943, attaque de l’usine Delle à Villeurbanne le 11 décembre 1943, sabotage de la ligne Lyon-Ambérieu le 15 décembre, attaque à la grenade d’un groupe de vingt allemands le 17 décembre, récupération de six vélos le 21 décembre 1943, incendie du dépôt d’huile et d’essence de la SNCF, à Saint-Priest, le 25 décembre, attaque de trois allemands, quai Saint-Clair à Lyon le 10 janvier 1944, transport en ville de 125 kilos d’explosifs et d’un fusil-mitrailleur sous protection le 18 janvier 1944, attaque de l’usine Bronzavia produisant des moteurs d’avions pour l’ennemi le 27 janvier, reconnaissance armée de l’usine S.O.MU.A., à Vénissieux, le 18 février, attaque de l’usine Aciérie du Rhône fabricant des chaînes de tanks le 2 mars 1944.
D’après plusieurs sources, le 11 mars 1944, place de la Croix-Rousse (Lyon, IVe arr.), Marek Majerczak fut tué par des GMR au cours d’une rafle. Il n’existe pas de rapport du commissariat central de Lyon de la journée du 11 mars 1944 permettant de corroborer cette information (a-t-il été perdu ?). Il n’y a pas non plus d’acte de décès au nom de Majerczak (ou orthographes approchantes) dans le registre 1944 de Lyon. Par contre, on trouve l’acte suivant : « Le onze mars mil neuf cent quarante quatre, nous avons constaté le décès place de la Croix Rousse d’un homme se disant Marc Michel Berthieux, se disant domicilié 30 rue Chevreul et né à Alger le premier mars mil neuf cent seize fils de Jean Pierre et de Fatma Boughila, célibataire et dessinateur. Dressé le dix huit mars mil neuf cent quarante quatre, dix heures trente sur la déclaration de : Laurent Joseph secrétaire de police [...] ». Le corps de Marc Berthieux fut transporté à la morgue et inhumé le 20 mars 1944 au cimetière de la Guillotière (Lyon). Il s’agissait probablement de Marek Majerczak, inhumé sous une fausse identité comme le furent d’autres résistants juifs étrangers (notamment Mordka Rosen) car, en réalité, aucun Berthieux ne vit le jour le 1er mars 1916 à Alger.
Le nom de Marek Majersack apparaît sur la plaque commémorative « La ville de Vénissieux en hommage aux combattants F.T.P-M.O.I du bataillon Carmagnole-Liberté, aux Juifs, aux immigrés, aux Français tombés pour la France et pour nos libertés ». Il semble qu’il y ait ou qu’il y ait eu également une plaque honorant sa mémoire place de la Croix-Rousse.
Le SHD de Vincennes ne conserve pas de dossier administratif de résistant au nom de Marek Marjerczak mais à celui de Dawid Majerczak, né en 1918 à Wloclawek (Pologne), non homologué. D’après plusieurs sources (Yad Vashem, Geni.com), un certain Majer David Majerczak, né le 16 juin 1918 à Wloclawek (Pologne), fils de Ber Leib et Tema (Tamara, Temera) Lewinska, étudiant, juif et résistant de la Pown, fut assassiné à Lyon en 1944. Il s’agit probablement de la véritable identité de Marek Majerczak.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article212766, notice MAJERCZAK Marek [orthographié aussi MAJERSAK, MAJERSZAK, MAJERSACK, Pseudonyme dans la Résistance : Vincent] par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 4 mars 2019, dernière modification le 16 juin 2021.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 45W50.— Arch. Mun. Lyon, 1899W015, acte de décès 185 (IVe arr.).— CHRD, Lyon, ar. 1167.— SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série 16P.— ANOM, registre des naissances de 1916 de la ville d’Alger.— Amicale des anciens Francs-tireurs et partisans de la main d’œuvre immigrée (FTP-MOI), Région Rhône-Alpes, Carmagnole Liberté, 1995.— Roger Schkolnyk, Carmagnole-Liberté, Qui a fait quoi & qui était qui, 1994.— Site Internet de Yad Vashem (feuilles de témoignage de Sabine Elzon et de Beniamin Meierchik, list of Jews from Poland who died in battle while fighting in the POWN Polish underground active in France, 1944).— Site Internet Geni.com.— Site Internet Geneanet.

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