VERNAY Édouard

Par Alain Dalançon

Né le 2 octobre 1877 à Saint-André-de-Corcy (Ain), mort le 1er mai 1954 à Trévoux (Ain) ; instituteur, directeur d’école ; militant syndicaliste du SNI dans l’Ain, résistant.

Fils de Pierre Vernay, charpentier, âgé de 52 ans, et de Marie-Antoinette Solominiac, cabaretière, Édouard Vernay devint instituteur public. Il effectua son service militaire en 1898-1899 au 23e régiment d’infanterie et fut nommé instituteur à Chatillon-sur-Chalaronne où son épouse, Jeanne Pernel, sans profession, donna naissance en 1904 à leur fils aîné, Louis, futur inspecteur primaire, militant syndicaliste.

Il était en poste à Hotonnes quand la guerre éclata. Ayant fait plusieurs périodes militaires en tant que télégraphiste, il fut mobilisé dans le 8e régiment du Génie. Promu sergent fourrier, il fut envoyé avec son régiment sur le front d’Orient en janvier 1917 et ne revint qu’en septembre 1918.

Démobilisé en février 1919, il rentra à Neuville-les-dames puis fut nommé directeur de l’école de garçons et du cours complémentaire à Trévoux où il effectua le reste de sa carrière jusqu’à sa prise de retraite le 1er octobre 1933.

Edouard Vernay militait au Syndicat national des institutrices et instituteurs dont il était le secrétaire départemental en 1929 et au début des années 1930. Il était également trésorier de la société de secours mutuels et de l’orphelinat de l’enseignement primaire à Trévoux en 1929. Il en devint le secrétaire ensuite, quand il abandonna, peu avant sa retraite, le secrétariat du SNI qu’il laissa à Béchet. Il était aussi secrétaire de mairie et vint en aide aux plus démunis.

Sa fille, Hélène, Marcelle, épouse Van Dievort, née le 4 mars 1922, surnommée la « ptoune », était résistante et c’est dans la maison de son père que Jean Moulin passa son dernier week-end de liberté en juin 1943. Hélène Vernay a raconté cet épisode dans le livre d’Henri Calef, Jean Moulin, une vie. Elle l’avait déjà fait dans une lettre à Mme Appelton, conservée aux Archives nationales (72 AJ 233), où se trouve également la lettre de son père, du 21 octobre 1948. Edouard Vernay a aussi raconté l’épisode dans le Progrès de Lyon, le 28 décembre 1948, journal où sa fille l’avait déjà fait dans l’édition des 28-29 décembre 1946.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article213262, notice VERNAY Édouard par Alain Dalançon, version mise en ligne le 11 mars 2019, dernière modification le 8 novembre 2021.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. Dép. Ain (état civil, registre matricule). — L’École libératrice, 1929-1935. — Mémoires de Trévoux (1939-1945, Les Octogones, 2018. — SHD, dossier résistance de sa fille homologuée FFC. — Daniel Cordier, Alias Caracalla, 2009.

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