RAÏEVSKY Michel

Par Jean Limonet

Né le 16 décembre 1927 à Granville (Manche) ; militaire (1946-1949), électricien dans la métallurgie, maître auxiliaire puis titulaire en CET (1963-1987) ; jociste (1949) ; syndicaliste CFTC des ouvriers de la métallurgie de la région parisienne et parties similaires (1949), secrétaire général du syndicat de la métallurgie d’Argenteuil, permanent CFTC à l’URP (1960-1963) ; adhérent au SGEN-CFDT, membre de nombreuses associations d’activité populaire, adhérent à plusieurs associations de solidarité internationale.

Sa famille paternelle était originaire de Pskov, proche de Pétrograd en Russie. Son grand-père, Dimitri Raïevsky (décédé en 1915), pope à Niegote, petite ville au bord de la rivière Velikaïa, et sa grand-mère, Nadiejda Filipova, orpheline décédée en 1931, élevée chez un pope, eurent huit enfants, dont Constantin Raïevsky, né le 28 mai 1903, le sixième de la fratrie, était son père. Les enfants étaient élevés avec le souci d’une éducation de qualité : tous fréquentèrent le lycée. Constantin Raïevsky étudia le russe, le grec, l’algèbre, et fut marqué par les décès de son frère Michel tué au début de la Première Guerre mondiale sur le front russo-allemand en 1914, puis de celui de son père, malade, en 1915.

Âgé de seize ans, Constantin Raïevsky falsifia son état civil pour s’engager dans une unité de l’armée dirigée par le général Ioudenitch, membre du gouvernement contre révolutionnaire durant la guerre civile et commandant en chef de l’armée blanche sur le front de la Baltique en juillet 1919, pour reprendre Pétrograd à l’armée rouge. Le 10 octobre, l’armée se mit en route et se trouva le 20 octobre 1919 à 30 kilomètres de Pétrograd. L’armée rouge contre-attaqua et le premier novembre 1919, le général Ioudenitch ordonna la retraite. Constantin, participa à de très nombreux combats, ainsi qu’à la retraite, accompagnée de longues marches forcées, et contracta le typhus. Il fut in extremis sauvé par la Croix rouge américaine qui le soigna dans un hôpital de campagne, proche de la frontière russo-esthonienne. Poursuivant la retraite vers l’Europe occidentale, il fut démobilisé à la frontière polonaise. Il fut alors embauché comme bûcheron dans les grandes forêts de Bioloveg.

Grâce à la Société des Nations (SDN), qui créa en 1922 le « Passeport Nansen » qui permettait aux Russes apatrides déchus de leur nationalité russe de se déplacer plus facilement en franchissant les frontières, Constantin Raïevsky traversa une partie de l’Europe et rejoignit en France la région normande, lieu d’accueil où se regroupaient en France de nombreux Russes exilés. Il occupa alors de nombreux emplois dans la métallurgie à Caen, également dans les travaux de reconstruction du port de Granville en 1923-1924 et chez de nombreux artisans électriciens. Il s’établit à Granville.

Les origines de la famille maternelle de Michel Raïevky étaient normandes. Sa mère, Clémence Lefrançois, née en 1899 à Granville, était la fille d’un marin-pêcheur terre-neuvas. Celui-ci, victime d’un accident du travail sur le bateau de pêche alors que sa fille avait six ans, mourut en 1904. Sa veuve engagea un procès pour obtenir en vain une pension, ce fut alors des petits « boulots », et la pêche à pied. Clémence Lefrançois obtint le certificat d’études en 1912, puis réalisa des travaux de couture pour réparer les uniformes militaires. Elle était modiste dans un atelier de mode au moment de la naissance de Michel Raïevsky.

Le mariage de Constantin Raïevsky et de Clémence Lefrançois eut lieu le 27 juin 1925 à Granville où ils se fixèrent. Ils eurent cinq enfants, deux garçons, trois filles, Michel était l’aîné, né le 16 décembre 1927, André le 15 janvier 1930, Anne-Marie le 4 août 1932, Madeleine le 27 décembre 1934 et Françoise le 15 octobre 1939. Né dans le quartier de la Hauteville, à quelques mètres des falaises, Michel Raïevsky commença sa scolarité en 1933 à l’école privée Notre-Dame à Granville puis son parcours scolaire suivit les aléas de la famille durant cette période. En 1937, la famille vint habiter à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le département de Seine-et-Oise où son père avait trouvé un emploi comme salarié électricien d’entretien au collège Saint-Martin à Pontoise. Il avait obtenu cet emploi à la suite d’une proposition de l’artisan chez lequel travaillait son père. Michel Raïevsky resta à Granville chez sa grand-mère, où il effectua son année scolaire de 1937 et rejoignit sa famille en septembre 1938 pour entrer l’école Saint-Martin, tenue par des oratoriens.

Aux vacances scolaires de l’été 1939, face à la menace des troupes Allemandes en Pologne pouvant menacer une partie de l’Europe, la famille souhaita prendre des précautions et retourna à Granville jusqu’en septembre 1940. La famille revint ensuite à Pontoise. En 1943, Michel Raïevsky changea d’école et s’orienta dans une classe qui préparait au bac professionnel, dans une école privée, l’école Violet rue Émile Zola à Paris (XVe arr.), où il fut demi-pensionnaire. Mais, malade, il dut suivre les cours complémentaires à Pontoise. Il obtint le BEPC en 1945. Durant les étés 1943 et 1944, il avait travaillé comme ouvrier agricole chez un grand fermier du Vexin, à Ennery (Seine-et-Oise) dans le cadre du service civique rural, où il était nourri. Il avait également mené en 1944, lors du débarquement des alliés en Normandie, avec ses camarades de Pontoise, quelques brèves actions de « résistance » contre les militaires allemands stationnés en gare de Pontoise, en lançant des sortes de grenades incendiaires de leur confection sur les wagons militaires. Il intégra brièvement le groupe FFI de Montgeroult et de Courcelles-sur-Viosne dans le Vexin. Au même moment, son père avec des amis profitait de la débâcle allemande pour organiser l’évasion de prisonniers russes, restés sans surveillance en les cachant et leur donnant de la nourriture.

Après avoir obtenu le BEPC, Michel Raïevsky chercha une école de radio pour se spécialiser dans la TSF. N’ayant obtenu aucun résultat positif, il décida d’arrêter les études et de trouver un emploi. Ce fut pour lui, une nouvelle étape. À cause du fort environnement maritime à Granville, tout comme ses camarades d’écoles, enfants ou petits enfants de marins-pêcheurs ou fils de salariés à l’entretien de bateaux, il avait participé à des activités de loisirs liées à l’océan : navigation sur des bateaux de fortune fabriqués par les jeunes, port, pêche, découverte d’espaces maritimes. Ne trouvant pas d’embauche, il s’engagea comme militaire dans l’aéronavale pour trois ans afin d’acquérir une véritable formation professionnelle dans des métiers qui l’intéressaient.

Il rejoignit alors début 1946 Toulon et embarqua en février sur le croiseur Georges Leygues pour Bizerte en Tunisie. Il fit ses classes à Karouba en Tunisie, puis d’avril à décembre il suivit des cours d’électricien d’aéronautique à la base de Lartigue-Tafaraoui au sud de l’Oranais et obtint le brevet d’électricien aéronautique. Durant ces déplacements entre Bizerte et Oran, en passant par Constantine, il fut sensibilisé et marqué par les vives réactions des populations algériennes qui réagissaient aux répressions françaises à la suite des émeutes de 1945 à Sétif. Il fut affecté en janvier 1947 au centre d’essais de Saint Raphaël-Fréjus-Valescure à la 10e escadrille, comme électricien sur les prototypes d’avions Bloch 175. Pendant cette période, il rencontra Gilbert Guillemaud militant jociste de Lyon qui lui fit découvrir la JOC et ses analyses.

À la fin de son engagement, fin 1948, il revint auprès de sa famille à Pontoise. Grâce à ses brevets professionnels, Michel Raïevsky trouva un emploi d’électricien à la Société française d’équipement pour la navigation aérienne (SFENA), en mars 1949, comme monteur câbleur P2 à Valenton (Seine-et-Oise), puis à Neuilly-sur-Seine (Seine). Fort du témoignage de Gilbert qu’il avait connu, il rencontra en 1949, à sa demande, l’aumônier jociste de la paroisse de Pontoise ainsi que Jean Hoffichir, militant qui participait aux réflexions d’un groupe d’apprentis adhérents à la JOC. Il adhéra à la JOC et participa aux activités de la fédération de la JOC d’Argenteuil avec l’aumônier Marty. Il anima la fédération jusqu’en 1953. Dans cette période, il accompagna de nombreux militants jocistes engagés dans des actions d’organisation de loisirs en lien avec l’association les Loisirs populaires, liée à la JOC, qui apportaient de nombreux soutiens aux actions des jeunes dans leurs loisirs.

Dès son embauche à la SFENA Michel Raïevsky adhéra à la CFTC, par l’intermédiaire d’Henri Arcaro, élu CFTC dans l’entreprise. La CFTC était rattachée au syndicat des ouvriers de la métallurgie de la région parisienne, dont le secrétaire général était Roger Gillot. Il fut élu délégué du personnel. En 1950, avec les autres élus de la CFTC et de la CGT, une campagne d’action s’engagea sur la revendication de faire respecter le retour aux 40 heures de travail par semaine. La campagne fut lancée en prenant des bons de sortie arrêtant le travail une fois après avoir effectué 40 heures dans la semaine. Cette action non reconnue par le service du personnel entraîna son licenciement en 1952 pour raison d’activités syndicales. Il retrouva un emploi le 11 février 1952, comme électricien P2 chez Claret, usine de moteurs électrique à Colombes (Seine), qu’il quitta volontairement quatre mois plus tard, le 5 juin.

Ayant fait la connaissance d’une amie, Suzanne – qui allait devenir son épouse – animatrice dans un orphelinat, et partageant les mêmes souhaits de découvrir les grandes mutations économiques et politiques en cours en Yougoslavie ayant recours à un système économique socialiste d’autogestion, ils partirent du 8 juin au 20 septembre 1952. Pendant le premier mois, ils participèrent à des travaux de terrassement sur le chantier de la centrale hydraulique de Vinodol en Croatie, puis ils utilisèrent les deux autres mois pour visiter les régions du sud de la Yougoslavie et de la Grèce.

De retour en France, Michel Raïevsky retrouva le 25 septembre 1952 un emploi d’électricien chez Électrocable qui fut par la suite intégré au groupe Tréfilerie et Laminoirs du Havre (TLH) devenu Tréfimétaux, à Argenteuil. Il découvrit alors qu’il n’y avait que la CGT comme syndicat dans l’établissement d’environ 500 salariés. Il constitua une section CFTC avec ses collègues des services d’entretien et de production, essentiellement des travailleurs immigrés, et fut élu délégué du personnel. De nombreux conflits se développèrent en particulier en août 1953 portant sur les revendications d’augmentation des salaires et de questions sur les conditions de travail. Plus tard, lors d’un nouveau conflit, des salariés de l’établissement d’Argenteuil se rendirent au siège social du groupe, avenue de Iéna à Paris (XVIe arr.), en bicyclette et l’occupèrent à deux reprises. Les actions dans les ateliers s’organisaient pour bloquer la production par service à tour de rôle pour ne pas trop empiéter sur les salaires. Par la suite, Michel Raïevsky fut élu au comité d’établissement, en devint le secrétaire, puis délégué au comité central d’entreprise (CCE). Ce fut dans ces réunions qu’il milita avec de nombreux membres élus de la CFTC au sein d’autres établissements du groupe dont Gaby Graveleau, délégué de l’important établissement de Montreuil-Belfroy, devenu par la suite Montreuil-Juigné (Maine-et-Loire) et de Pont-de-Cheruy (Isère), ainsi que celui d’Amfreville-la-Mi-Voie (Seine-Maritime).

Dès octobre 1953, il fut appelé à participer aux réunions régulières du syndicat des ouvriers de la région parisienne et en particulier lors de leurs réunions en assemblées générales. Avec Jacques Pointel de la SAGEM d’Argenteuil, ils constituèrent le syndicat CFTC des métallurgistes de la région d’Argenteuil, Jacques en devint le président et Michel le secrétaire. L’Union parisienne des syndicats de la métallurgie (UPSM) comptait alors de nombreux syndicats.

À l’automne 1957, la confédération CFTC donna le mandat à Michel Raïèvsky pour la représenter, comme membre d’une mission inter-syndicale (CFTC, FO, et CGC) ainsi que des représentants du ministère du Travail afin de se rendre pendant plusieurs semaines (novembre, décembre) aux USA. Cette mission devait enquêter sur l’évolution des métiers de la métallurgie dans ce pays. Ils visitèrent des entreprises à New York, Détroit, Birmingham et interviewèrent tant les syndicats que les représentants du ministère du Travail américain à Washington. Les enseignements retirés de cette mission permirent au syndicat d’avoir une vision plus claire des évolutions futures probables dans cette industrie et d’ébaucher des hypothèses qui allaient se révéler exactes par la suite.

Alors que le nombre d’adhérents de la CFTC de la région parisienne poursuivait une forte progression, un accord fut obtenu à partir des propositions faites par les dirigeants du groupe reconstruction de l’URP de cette époque et la direction de la confédération représentée par Eugène Descamps pour solliciter Robert Duvivier bien connu dans la confédération depuis son élection au bureau confédéral d’accepter les fonctions de délégué général de l’union régionale syndicale parisienne interprofessionnelle (URP) avec mission d’organiser et de structurer les nouveaux adhérents en syndicats et d’accompagner les débats internes sur l’évolution allant vers une laïcisation de la CFTC. Robert Duvivier arriva de Bretagne en mars 1959 et, aidé de Roger Gillot, Robert Jacquet, ils mirent en place un plan d’organisation de la région, accompagné par de nouveaux responsables permanents embauchés par la région. Henri Sinjon continua d’exercer la responsabilité de secrétaire général de l’Union régionale des syndicats chrétiens jusqu’en 1963. Dans cette dynamique, Michel Raïevsky, connu comme secrétaire de syndicat dans l’industrie, fut embauché comme secrétaire permanent interprofessionnel CFTC pour la région parisienne le premier juin 1960. D’autres permanents furent embauchés : Claude Le Pennec, Guy Gouyet qui succéda à Robert Duvivier, Louis Moulinet, puis ultérieurement Jean Boussenard*, Raymond Darcel, Maurice Maillard, André Téqui.

Michel Raïevsky poursuivit le travail de Madame Riou, secrétaire administrative, et développa par ailleurs le secrétariat permanent du secteur d’Argenteuil. Il assura les permanences interprofessionnelles au siège de l’Union locale, l’animation de son conseil, il apporta les conseils juridiques auprès des prud’hommes et le soutien aux syndicats locaux. Il participa également à l’organisation des Écoles normales ouvrières (ENO), aux préparations et encadrements des manifestations à Paris, dont celle du 8 février 1962 au métro Charonne (manifestation PC, CFTC, CGT, UNEF) contre les attentats de l’OAS et qui dégénéra avec des violentes charges policières qui firent huit morts et plus de cent blessés. Il travailla également avec la Fédération de la métallurgie et Jean-Paul Murcier*, secrétaire général de l’UPSM, sur les enquêtes salaires et le travail des femmes. Sur demande du commissariat général du plan, la CFTC le mandata pour participer aux travaux de la commission du IVe Plan sur tout ce qui concerne la première transformation des métaux.

Il quitta ses responsabilités de permanent syndical CFTC le 12 septembre 1963, suivant les engagements qu’il avait pris au départ. Il voulut retrouver un emploi dans la métallurgie de la région parisienne. Avant même de terminer un premier essai pour une embauche chez Ericson, le service du personnel refusa de poursuivre l’essai après que l’entreprise eut réalisé une enquête auprès de ses anciens employeurs et lui fit comprendre qu’il ne serait pas embauché. Dans ces conditions, il se réorienta professionnellement et fut embauché comme maître auxiliaire à la rentrée scolaire de septembre 1963 dans l’enseignement technique. Il obtint un premier emploi au collège d’enseignement technique de Poissy ou il enseigna l’électrotechnique préparant aux CAP d’électricien. Il obtint sa titularisation comme professeur technique adjoint en 1973, puis de professeur technique d’enseignement professionnel, poste qu’il occupa jusqu’à sa retraite en 1987. Durant toute cette période Michel Raïevsky continua d’adhérer à la CFTC-CFDT au sein du syndicat des enseignants du technique rattaché au Syndicat général de l’enseignement (SGEN).

Avec son nouveau statut professionnel, il prit de nouvelles responsabilités en lien avec ce qu’il avait vécu durant sa jeunesse dans le loisir maritime et la promotion collective des jeunes de milieux populaires qu’il rencontrait. Tout d’abord, il adhéra à l’école de voile de la ville de La Frette-sur-Oise (Val-d’Oise), non loin de son habitation, et en devint le directeur en 1966 avec pour objectif de participer à la démocratisation de la pratique de la voile en l’ouvrant principalement aux jeunes du milieu populaire et exerça cette responsabilité jusqu’en 1973. Il avait aussi adhéré à l’association nationale « des Glénans », d’utilité publique, créée en 1948 par Philippe Viannay et HélèneViannay, dont le but visait principalement la formation à la pratique de la voile. Dès lors, Michel Raïevsky avec une équipe d’animateurs bénévoles demanda et obtint en 1971 la mise en place d’une « commission ouverture » au sein des structures de l’association ayant pour objectif de permettre et faciliter la pratique de la voile en organisant des stages de découvertes les week-ends. La commission, composée de plus de vingt membres, lança une campagne d’informations sur les activités de l’association auprès des collèges d’enseignement techniques, des comités d’entreprise, des maisons de jeunes, etc. En 1971, il fut élu au conseil d’administration pour le mandat 1972-1973, où il siégea avec Jean-Marc Pilpoul comme président et Hélène Viannay comme déléguée générale dans un conseil de 26 membres. Il en fut membre jusqu’en 1978.

Durant ces années, à partir de 1971, puis plus largement grâce aux soutiens logistiques et financiers obtenus par la commission « ouverture », l’association Les Glénans permit à des centaines de jeunes du milieu populaire, issus de foyers de jeunes travailleurs, de maisons de jeunes et de la culture, d’Instituts médico-éducatifs, (IME), de CET, des quartiers de la région parisienne, de la région grenobloise, et partout où était représentée l’association, de pratiquer la voile dans les différents centres des Glénans, comme à Marseillan près de Sète, ou à la base de Saint-Mandrier à Toulon.

Professionnellement, Michel Raïevsky fut, en 1973, muté au CET Georges Guynemer de Grenoble, sur sa demande, souhaitant se rapprocher de la Haute-Maurienne, région où son fils fut tué accidentellement à Lanslevillard, le 3 janvier 1973, lors d’une avalanche déclenchée par des imprudents. Il fut, lui et son épouse, traumatisé par cet événement.

Ayant la possibilité professionnelle d’utiliser des mises en disponibilité, Michel Raïevsky décida d’interrompre l’enseignement à deux reprises. En 1976, il participa à la constitution d’une association, la Fondation pour la recherche et les activités maritimes (FRAM) dont il fut le fondateur et le gérant, composée de 70 adhérents et avait pour objectif de trouver les moyens nécessaires à l’achat d’un voilier et de constituer un équipage afin de se rendre au Groenland, sur la côte ouest. Ayant réalisé l’achat du thonier « Vieux copains », ce bateau partit avec un équipage composé de douze membres qui participèrent, en se relayant à sa conduite, à la première campagne de juillet 1976 à mars 1977, puis à la deuxième campagne d’avril à novembre 1977 composée cinquante membres dans les mêmes conditions.

Michel Raïevsky reprit les cours à Grenoble au collège Guynemer fin 1977 jusqu’en juillet 1980, date à laquelle il demanda une nouvelle disponibilité à l’Éducation nationale pour retourner au Groenland avec son propre voilier « Nuka » sur la côte ouest du Groenland. Durant ces séjours, il occupa des emplois d’électriciens à Pamiut et à Narsaq.

En septembre 1982, il demanda sa réintégration dans l’Éducation nationale et obtint un poste de professeur technique d’enseignement professionnel au lycée de Saint-Pierre et Miquelon, poste qu’il occupa jusqu’en septembre 1986. Il fut ensuite nommé au lycée Viette, à Montbéliard, où il enseigna jusqu’en décembre 1987, date de sa retraite. Michel Raïevsky poursuivit alors, à plein temps ses activités d’animateur, de formateur, de cadre dans l’animation et l’organisation de loisirs maritimes avec des amis. Comme adhérent du SGEN, il travailla avec Michel Cordillot et Bernard Lachambre dans la section de Montbéliard. Il adhéra également en 1987 à la Cimade, Comité intermouvement auprès des évacués, au groupe de Montbéliard en tant qu’équipier bénévole, activité qu’il allait poursuivre à Paris pour aider les migrants et demandeurs d’asile. En effet, en 1988, Michel Raïevsky revint à Paris dans le XIIIe arrondissement puis, en 2006, dans le Ve. En 1983, il avait adhéré à l’Action chrétienne pour l’abolition de la torture (ACAT), organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme et de lutte contre la torture et la peine de mort, à Saint-Pierre et Miquelon et poursuivit son soutien et son adhésion, dans l’équipe de Paris du Ve arrondissement.

Michel Raïevsky avait été membre de l’ACO de 1953 à 1973 dans l’équipe d’Argenteuil. Il s’était marié en 1952 avec Suzanne Vanlaere à Paris (XVe arr.). Le couple eut trois garçons : Jean (1953), Pierre (1955) et André (1957).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article213393, notice RAÏEVSKY Michel par Jean Limonet, version mise en ligne le 13 mars 2019, dernière modification le 13 mars 2019.

Par Jean Limonet

SOURCES : Archives de l’URP-CFDT, archives de l’UPSM-CFDT. – Archives personnelles et familiales avec nombreuses notes de Michel Raïevsky. – Bulletin du Centre nautique des Glénans, numéro spécial « Assemblée 1973 », rapport de synthèse et d’orientation. – Jo Bibard, Faire l’histoire ensemble. La CFDT en région Ile-de-France, 1887-1990, Édition, La Toison d’Or, 2007. – Étienne Davodeau, Les mauvaises gens. Une histoire de militants, Édition Delcourt, 2016. – Rencontres et interviews avec Michel Raïevsky, des 5 avril, 7 mai, 25 juin, octobre, 13 novembre, décembre 2018, janvier et 4 février 2019. – Notes de Yolande Combès.

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