COEURDEVEY Christiane [née BOLOTTE Christiane, Madeleine, Marie, Jeanne]

Par Annie Kuhnmunch

Née le 2 juillet 1933 à Paris (XVIe arr.), morte le 13 février 2014 à Messigny-et-Vantoux (Côte-d’Or) ; professeur certifiée de philosophie ; animatrice du Centre promotionnelle féminin de Chenôve (Côte-d’Or) de 1972 à 1979 ; membre de la Commission Santé de l’Union Départementale CFDT de Côte-d’Or (1987-1999) ; membre du groupe CFDT au Conseil Économique et Social (1999-2001).

Christiane Coeurdevey en 2008
Christiane Coeurdevey en 2008

Christiane Bolotte naquit à Paris (XVIe arr.). Son père, Marcel, médecin militaire et médecin des Pompiers de Paris épousa en secondes noces Suzanne Fraisse, modéliste aux Galeries Lafayette. De ce mariage était déjà né un fils, Pierre, dix ans avant Christiane. Les obligations mondaines de ses parents firent que Christiane fut davantage élevée par sa demi-sœur, âgée de 22 ans au moment de sa naissance. Son père, en 1941, fut nommé médecin général au Service de Santé des armées puis directeur des services de santé de la région Bourgogne, ce qui explique que la famille déménagea pour Dijon (Côte-d’Or) lorsque Christiane eut 12 ou 13 ans. Elle suivit donc sa scolarité à Dijon au Collège Marcelle Pardé jusqu’à l’obtention du baccalauréat.

Elève en Khâgne au lycée Carnot de Dijon, où elle fit connaissance de son futur mari, elle prépara le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure (ENS) de Fontenay-aux-Roses qu’elle intégra en 1950-51. Comme ses condisciples, elle suivit alors en parallèle les cours de philosophie à La Sorbonne et à ceux de l’ENS de Fontenay-aux-Roses qui préparaient aux concours d’enseignement du CAPES et de l’Agrégation, concours auxquels elle se présenta en 1955. Admissible à l’agrégation, elle échoua à l’oral ; par contre, elle fut admise au CAPES alors que seulement deux postes de philosophie étaient au concours.

C’est cette même année, en décembre 1955, qu’elle épousa Jean Cœurdevey en dépit du peu d’inclinaison que ses parents portait à Jean. Désormais certifiée, elle fut affectée au lycée Ernest Renan de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) où elle enseigna la philosophie jusqu’en 1963. Jean Cœurdevey la suivit dans cette région comme maitre auxiliaire de lettres d’abord au lycée Chateaubriand de Dinan puis au Collège de garçons de Lamballe, enfin, après avoir obtenu son CAPES de lettres, au lycée Anatole Le Braz de Saint-Brieuc.

C’est au cours de cette période de leur vie que Christiane et Jean Cœurdevey eurent quatre enfants, deux garçons d’abord : Rémi né en 1958 et Laurent, né en 1960, puis deux filles, Emmanuelle, née en 1961 et Marie, née en 1963. Ces enfants lui donnèrent six petits-enfants.

Lorsqu’en 1963, Jean Cœurdevey fut nommé professeur de pédagogie à l’École Normale d’Instituteurs de Dijon (Côte-d’Or), Christiane Cœurdevey se mit en disponibilité pour le suivre dans cette ville. Cette mise en disponibilité ne dura que peu de temps puisque, suite à l’ouverture d’un poste de professeur de philosophie au Lycée Stephen Liégeard de Brochon (Côte-d’Or), ce poste lui fut confié. Elle resta attachée à cet établissement jusqu’en 1987, année où elle prit sa retraite. C’est lors de son arrivée à Brochon qu’elle adhéra au SGEN-CFDT et fut élue secrétaire d’établissement.

Le vote de la loi du 16 juillet 1971 portant organisation de la formation professionnelle continue dans le cadre de l’éducation permanente fut à l’origine de son investissement dans le Centre Promotionnel Féminin (CPF) de Chenôve créé en 1972 sous l’impulsion de Marie-Louise Pérignon et de Jean Rossigneux.. Ce centre, émanation de l’Association Syndicale de Familles de Chenôve (Côte-d’Or), initiée par un groupe de militants dont Marie-Louise et Jacques Pérignon, avait pour objectif d’ouvrir des perspectives aux femmes sans formation. Les cours rassemblant environ quarante personnes, réparties en trois groupes, avaient lieu le vendredi après-midi ou soir. Ils comportaient à la fois un tronc commun de culture générale, mais aussi d’alphabétisation pour les femmes récemment arrivées en France, ainsi qu’une approche psychologique de l’enfance, de l’adolescence ou de la population âgée et des notions sur le monde du travail : législation, conditions de travail. Il s’agissait de faciliter leur insertion dans des crèches, des grandes surfaces ou des résidences pour personnes âgées. On peut estimer que 1 000 à 1 200 femmes purent bénéficier de formations. C’est Jean Rossigneux qui, connaissant la famille Cœurdevey depuis leur arrivée à Dijon, proposa à Christiane d’animer la petite équipe du CPF et d’assurer la coordination avec les intervenants extérieurs. Elle assura ces activités jusqu’en 1979 tout en gardant son temps plein de professeur de philosophie. C’est à cette date qu’elle obtint une décharge partielle de cours car, forte de l’expérience du CPF, elle répondit favorablement à une demande du rectorat de Dijon pour la formation des femmes.

Arrivée en 1987 à l’âge de la retraite, elle s’investit dans les travaux de la Commission Santé de l’Union départementale CFDT de Côte-d’or. Sous son impulsion, cette Commission mena notamment une enquête approfondie sur les maisons de retraite en Côte-d’Or tant sur leur fonctionnement que sur la situation du personnel de ces maisons.

Présentée par l’union territoriale des retraités CFDT, elle fut élue suppléante, au bureau de l’union départementale CFDT lors des congrès de 1995 et 1998.
C’est probablement l’action menée au sein de la Commission santé qui fit que la Confédération, au moment de constituer le groupe CFDT qui siégerait au Conseil Economique et Social pour la mandature débutant en 1999 proposa la candidature de Christiane. Elle siégea pour la CFDT aux côtés de René Rousseau-Joguet et de Bernard Quintreau dans la section Cadre de vie. Cette section eut durant cette période à émettre des avis ou à rédiger des rapports tels que "Situation de handicap et cadre de vie" (Vincent Assaute, septembre 2000) ou "Causes et conséquences du naufrage du pétrolier Erika" (Charles Fiterman, Catherine Battut, Michel Muller, mars et décembre 2000), "Les archives orales : rôle et statut" (Georgette Elgey, janvier 2001), pour ne citer que quelques exemples. Toutefois, fatiguée par les déplacements hebdomadaires entre Dijon et Paris et déçue par le fonctionnement du groupe, elle démissionna en 2001.

Elle redevint alors simple membre de la Commission santé de l’Union départementale CFDT. Toutefois, en 2010, les premières atteintes de la maladie d’Alzheimer apparurent. La situation se dégradant, elle dut quitter son domicile pour une maison pour personnes âgées à Messigny-et-Vantoux (Côte-d’Or) où elle vécut ses derniers jours.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article213411, notice COEURDEVEY Christiane [née BOLOTTE Christiane, Madeleine, Marie, Jeanne] par Annie Kuhnmunch, version mise en ligne le 26 mars 2019, dernière modification le 7 avril 2021.

Par Annie Kuhnmunch

Christiane Coeurdevey en 2008
Christiane Coeurdevey en 2008

SOURCES : Interview par l’auteur de Jean Coeurdevey et documents communiqués par lui dont une publication présentant l’activité du Centre Promotionnelle Féminin de Chenôve.— Archives confédérales : Bureau National de juin 1999.— Archives de l’union départementale CFDT.— Association bourguignonne des amis du Maitron.

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