HYVERNAUD Henriette [épouse JOYEUX]

Par Dominique Tantin, Isabel Val Viga

Née le 22 septembre 1921 à Chamboret (Haute-Vienne), massacrée le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; sans profession ; victime civile.

Henriette Hyvernaud aurait eu 100 ans le 22 septembre 2021

Henriette Hyvernaud, épouse Joyeux
Henriette Hyvernaud, épouse Joyeux
Crédit : MémorialGenWeb.

Henriette Hyvernaud était la fille de Fernand* (né le 17 octobre 1898, à Limoges), et de son épouse Marie – dite Germaine née Bois* (née le 24 septembre 1903, à Peyrilhac), cultivateurs. Ses parents s’étaient mariés le 20 novembre 1920 à Peyrilhac.
Elle était l’aînée d’une fratrie de neuf enfants, Louis Marcel (né le 16 octobre 1922, à Peyrilhac), René (né le 7 octobre 1925, à Peyrilhac), Marcel Albert* (né le 22 juillet 1928, à Oradour-sur-Glane), Raymonde Marcelle* (née le 13 juin 1932, à Oradour-sur-Glane), Yvonne* (née le 3 décembre1935, à Oradour-sur-Glane), Gabriel* (né le 6 juin 1938, à Oradour-sur-Glane), Roland* (né le 11 novembre 1939, à Oradour-sur-Glane), André* (né le 15 décembre 1940, à Oradour-sur-Glane).
La famille Hyvernaud, cultivateurs, vécurent successivement à Chamborêt, Peyrilhac puis, à partir de 1928 au Bourg d’Oradour-sur-Glane.
Le 19 décembre 1942 à Oradour-sur-Glane, elle épousa Marcel Joyeux* (né le 30 mai 1921, à Limoges), mécanicien. De cette union naquit un garçon prénommé René* (né le 24 novembre 1943, à Limoges).
En 1944, le couple était domicilié à Soudanas, commune de Panazol, dans les environs de Limoges. Le samedi 10 juin 1944, elle était avec sa famille en visite chez ses parents au Bourg d’Oradour-sur-Glane.
Son frère Louis Marcel était déporté au titre du STO. Son frère René, échappa au massacre, absent, il travaillait à La Lande à Saint-Gence. Sa grand-mère maternelle échappa au massacre, habitant Le Repaire à Oradour-sur-Glane, hameau non raflé le 10 juin 1944, fille de Jean Devoyon et de son épouse Françoise née Chevalier*.
Elle fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich et brûlée dans l’église avec sa mère, ses frères et sœurs, son fils, son arrière grand-mère et l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane, les corps de sa mère et de son fils furent identifiés. Son époux, son père, son frère Marcel Albert, et Martial Ledot le second époux de sa grand-mère furent mitraillés puis brûlés dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés.
Henriette fut enfermée dans l’église avec l’ensemble des femmes et des enfants.
Elle périt dans des circonstances relatées par la seule rescapée de l’église, Madame Marguerite Rouffanche née Thurleaux : « Ayant » échappé à la tuerie et n’ayant reçu aucune blessure, je profitai d’un nuage de fumée pour me glisser derrière le maître-autel. Il existe dans cette partie de l’église trois fenêtres. Je me dirigeai vers la plus grande qui est celle du milieu et à l’aide d’un escabeau qui servait à allumer les cierges, je tentai de l’atteindre. Je ne sais alors comment j’ai fait, mais mes forces étaient décuplées ; je me suis hissée jusqu’à elle, comme j’ai pu. Le vitrail étant brisé, je me suis précipitée vers l’ouverture qui s’offrait à moi. J’ai fait un saut de plus de trois mètres. Ayant levé les yeux, je me suis aperçue que j’avais été suivie dans mon escalade par une femme qui, du haut de la fenêtre me tendait son bébé [René Joyeux*]. Elle se laissa choir près de moi. Les Allemands, alertés par les cris de l’enfant, nous mitraillèrent. Ma compagne et le poupon furent tués. Je fus moi-même blessée en gagnant un jardin voisin. Dissimulée parmi les rangs de petits pois, j’attendis dans l’angoisse qu’on vienne à mon secours. Je ne fus délivrée que le lendemain vers 17 heures ».

Elle fait partie des 52 corps identifiés pour lequel un acte de décès put être établi.
Henriette Hyvernaud obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
Son frère René, sera témoin au procès de Bordeaux en 1953. Il décède le 23 novembre 1998.
Sa grand-mère sera témoin au procès de Bordeaux en 1953.
Son frère Marcel Louis, il sera un habitant du village provisoire avec sa grand-mère maternelle Léonarde Devoyon veuve de Jean Bois, et veuve en secondes noces de Martial Ledot*. Il épousera le 30 avril 1949 à Oradour-sur-Glane, Yvonne Gaudy (née le 10 février 1928, à Nieul), sœur de Pierre Gaudy*, témoin au procès de Bordeaux en 1953. Il décède le 16 mars 2012 à Oradour-sur-Glane.
Voir Oradour-sur-Glane

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article213522, notice HYVERNAUD Henriette [épouse JOYEUX] par Dominique Tantin, Isabel Val Viga, version mise en ligne le 15 mars 2019, dernière modification le 30 septembre 2021.

Par Dominique Tantin, Isabel Val Viga

Henriette Hyvernaud, épouse Joyeux
Henriette Hyvernaud, épouse Joyeux
Crédit : MémorialGenWeb.
Négociant en Bestiaux, Fernand Hyvernaud, Oradour-sur-Glane
Négociant en Bestiaux, Fernand Hyvernaud, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Négociant en Bestiaux, Fernand Hyvernaud, Oradour-sur-Glane
Négociant en Bestiaux, Fernand Hyvernaud, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Négociant en Bestiaux, Fernand Hyvernaud, Oradour-sur-Glane
Négociant en Bestiaux, Fernand Hyvernaud, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Négociant en Bestiaux, Fernand Hyvernaud, Oradour-sur-Glane
Négociant en Bestiaux, Fernand Hyvernaud, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque famille Hyvernaud - Joyeux, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Hyvernaud - Joyeux, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194, 54-55. — MémorialGenWeb. — Archives État civil de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès, recensements.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément