FONS Clemenceau, Jean, Georges

Par André Balent

Né le 8 novembre 1906 à Baillestavy (Pyrénées-Orientales), mort le 18 août 1944 à Quillan (Aude) des suites de blessures ; transporteur et exploitant forestier à Prades Pyrénées-Orientales) ; résistant de l’Armée secrète (AS)

Dans leur ouvrage (1998), Ramon Gual et Jean Larrieu donnent de façon réitérée et erronée le prénom de « Clément » (p. 567 sq., p. 921) à Clemenceau Fons. Il en est de même de Jean Larrieu (op.cit., 1994, p. 345, p. 360). L’acte de naissance établi en mairie de Baillestavy indique clairement parmi ses trois prénoms celui de Clemenceau.
Clemenceau Fons était le fils d’Adolphe Fons, meunier âgé de trente-six ans et de Françoise Puységur âgée de de vingt-huit ans. Sa commune d’origine, Baillestavy, est un petit village montagnard du Conflent bâti sur le versant septentrional du Canigou.
Il s’établit professionnellement non loin de Baillestavy, à Prades, sous-préfecture, au pied du Canigou où ses parents et son frère s’étaient installés. En 1931, son père était décédé et sa mère et son frère, Pierre, étaient négociants à Prades. À cette date, il était menuisier à Prades. Il fonda ensuite une entreprise de travaux et de transports forestiers qui assura l’aisance à sa famille. Il se maria à Prades le 19 décembre 1931 avec Henriette, Pilar Vidal née le 10 octobre à Bolvir (province de Gérone, Catalogne), en Cerdagne espagnole, localité proche de la frontière des Pyrénées-Orientales. La famille de sa mère était originaire de Das (province de Gérone, Catalogne), commune de la Cerdagne espagnole : son oncle, Joseph Pujol, propriétaire à Das fut témoin de son mariage avec Clemenceau Pujol (l’autre témoin était Pierre Fons, frère de Clemanceau). Les parents de sa femme, Joseph Vidal et Rose Pujol étaient, en 1931, "propriétaires" à Prades. De son mariage avec Henriette Vidal, Clemenceau Fons eut une fille unique. Le couple résidait 4 route de Ria à Prades.
Clemenceau Fons participa activement à la résistance en Conflent. Il intégra le groupe de Prades de l’AS dirigé par Marcel Clos (Voir Clos Alfred), et composé pour l’essentiel de membres du Parti socialiste SFIO (Voir Thorent Louis, Quès Thérèse, Font Jean). En 1944, quand l’AS du Conflent organisa un maquis dans la commune de Mosset (Pyrénées-Orientales), près du col de Jau (Voir Soler Joseph), Clemenceau Fons se chargea de la logistique, mettant ses camions à la disposition de leur ravitaillement.
Le 17 août 1944, alors que la libération des Pyrénées-Orientales était proche, Fons était en mission de l’autre côté du col de Jau (1506 m), dans la commune de Counozouls (Aude) où le maquis avait établi un de ses camps au lieu-dit la Molinassa. Fons se tenait sur le marche-pied d’un camion transportant des FFI. Selon un rapport des FFI signé par un de leurs chefs, « Job », seul témoin de l’« accident », le véhicule fit une embardée près de la Molinassa. Fons aurait sauté. Après que le camion eut stoppé, les FFI découvrirent Fons, blessé et souffrant, sur le côté gauche de la chaussée, en contre-bas. Toutefois, Jean Larrieu (op. cit., 2004, p. 346) et Ramon Gual (op.cit., 1998, p. 564), qui ont consulté d’autres sources, en particulier les archives de la famille Fons, assurent que Clemenceau Fons mourut « dans des circonstances mal établies ». « Job » étaient les trois lettres qui désignaient en fait les initiales de Jacques Oscar Bonneric. Originaire de Counozouls, il s’était installé à Montpellier (Hérault) où il avait ouvert un bar. Il avait adhéré à la Milice et quitta le chef-lieu de l’Hérault après qu’un client allemand eut été tué dans son bar. Revenu à Counozouls, il franchit le col de Jau et intégra le maquis formé depuis Prades. Bonneric fut arrêté et condamné après la Libération. Son arrestation rend suspect le récit qu’il fit de la mort de Clemenceau Fons dans le rapport qu’il rédigea au nom des FFI à propos de la mort de ce dernier.
Transporté à la clinique de Quillan (Aude) qui soignait les résistants, il y mourut le 18 août. Dans l’ouvrage répertorié dans les sources (Gual, Larrieu, 1998, p. 921) de cette notice, Ramon Gual et Jean Larrieu indiquent dans leur nomenclature des tués des Pyrénées-Orientales pendant les combats de la Résistance dans ce département que Clémenceau est mort à Prades. Ils s’appuient aussi sur l’état civil qui a enregistré son décès à Prades (à son domicile, route de Ria, le 18 août 1944 à 4 heures). Pourtant, le reste de la documentation consultée annonce sa mort à la clinique de Quillan. Toutefois, il est possible que son corps ait été ramené de Quillan à Prades, sans que son décès ait été enregistré à l’état civil de la première de ces villes
Il fut inhumé à Prades, après la Libération de la ville, le 21 août 1944. Ses obsèques durent grandioses ainsi qu’en témoignent les six photographies publiées par Gual et Larrieu (op.cit., 1998, pp. 567-569). Il fut inhumé dans le carré des corps restitués du cimetière de Prades. Son nom figure sur le monument aux morts de Prades.
Pour son action dans la Résistance, Fons reçut à titre posthume la Croix de guerre avec étoile de vermeil. Le 21 août 1945, il reçut le grade fictif d‘adjudant des FFI. La mention de mort pour la France avec celle du grade posthume d’adjudant des FFI ne fut inscrite que le 8 janvier 1958, en marge de son acte de décès sur le registre de l’état civil de Prades

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article213793, notice FONS Clemenceau, Jean, Georges par André Balent, version mise en ligne le 22 mars 2019, dernière modification le 28 octobre 2020.

Par André Balent

SOURCES : Arch. com. Baillestavy, acte de naissance de Clemenceau Fons avec mentions marginales. — Arch. com. Prades, actes de mariage et de décès de Clemenceau Fons, avec, pour ce dernier, des mentions marginales. — Ramon Gual, Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b, De la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, pp. 559-569, 921. — Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, I, Chronologie des années noires, Prades, Terra Nostra, 1994, p. 346, 360. — Le Journal des Mossétans, 23, janvier-février 2002, pp. 20-22, article de Jean Parès. — Site Mémoire des hommes consulté le 13 juillet 2018. — Site MemorialGenWeb consulté le 21 mars 2019.

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