ANTERRIEU Gilbert, Edmond, Aimé

Par Huguette Juniet

Né le 28 avril 1924 à Albi (Tarn), mort suite à ses blessures, après le 6 juin 1944 à la prison allemande du 92 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; résistant au sein des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI).

Gilbert Anterrieu est le fils de Jean Gustave, employé, et de Marie Cabrignac. Il serait décédé à la prison militaire de Clermont-Ferrand d’une gangrène suite aux blessures consécutives à l’attaque de son convoi par la Luftwaffe à Lempdes (Puy-de-Dôme). Il résidait avec ses parents au 48 rue Jean Jaurès à Saint- Eloy-les-Mines (Puy-de-Dôme). Célibataire, il travaillait comme manœuvre aux Houillères du Centre.

Dans la nuit du 4 au 5 juin 1944, un convoi venant de Montluçon (Allier) pour le Mont-Mouchet, sous le commandement non pas du Capitaine Lucien Lépine alias Barbouille comme l’indiquent certaines sources mais sous les ordres de Robert Lindron, fit halte à Ayat (Puy-de-Dôme). Il repartit en emmenant des volontaires résistants de la région. Une erreur de parcours conduisit le convoi dans une impasse à Lempdes (Puy-de-Dôme) devant le poste de garde de la Luftwaffe. Une fusillade s’ensuivit. Les maquisards abandonnèrent leurs véhicules et leurs contenus et se réfugièrent dans les vignes environnantes.
Suite à cet affrontement on releva un mort et huit prisonniers, dont certains blessés, qui furent dirigés à la prison militaire allemande du 92 à Clermont-Ferrand et livrés à la Gestapo. Parmi les blessés, entre autres, se trouvaient Gilbert Anterrieu et Joseph Blandi qui fut fusillé après avoir été interrogé.
Selon trois témoignages assez concordants, Gilbert Anterrieu avait été blessé gravement à la jambe, avec des plaies et fractures. Il fut soigné par le docteur Francis Rohmer, lui-même interné, qui demanda le transfert du blessé à l’hôpital. Mais la Gestapo refusa, à la suite d’une inspection d’un médecin-colonel les blessés devaient être transférés (témoignage de F. Rohmer, déporté, du 17 juillet 1945)
Le père de Gilbert Anterrieu évoque lui une lettre de Madame Perret, du service social 21 rue Blatin à Clermont-Ferrand, affirmant que Gilbert a été interné au 92 cellule n°8 le 5 juin 1944 avec un nommé Bremer Carles né le 23 mars 1925, replié de la Seine, classe 1943 qui était amputé d’une jambe et qu’ils quittèrent la prison le 30 juin 1944, date à laquelle ils furent remis à la Gestapo.
On ignore la date du décès de Gilbert Anterrieu, vraisemblablement en juillet 1944, son corps n’a jamais été retrouvé.
Les six autres prisonniers ont été déportés à Dachau ; les deux rescapés Joseph Léonard et Casimir Mordzialek ont témoigné des fractures à la jambe de leur co-détenu Gilbert.

Gilbert Anterrieu a été homologué FFI soldat de 1ère classe du 4 au 5 juin 1944 et reconnu le 9 avril 1958 Interné Résistant IR pour la période du 5 juin au 31 juillet 1944.
Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint Eloy-les-Mines (Puy-de-Dôme).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article213819, notice ANTERRIEU Gilbert, Edmond, Aimé par Huguette Juniet, version mise en ligne le 24 mars 2019, dernière modification le 25 avril 2021.

Par Huguette Juniet

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 14645. Dossier Gilbert Anterrieu (notes par Geneviève Launay) .— Arch. Dép. du Puy-de-Dôme : 908 W 147 : crimes de guerre à Clermont-Ferrand .— Recensement de la population de Saint-Eloy-les-Mines année 1936 .— La Résistance en Combrailles, témoignage du père de Gilbert Anterrieu .— Mémoire des Hommes .— MémorialGenWeb .— https://www.musee-resistance-zone13.fr/wp-content/uploads/2016/02/Trait-dunion-73.pdf

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