GUÉRIN Théophile [GUÉRIN Étienne, Théophile, Alexandre]

Par Gauthier Langlois

Né 16 juin 1823 à Jouy-en-Josas (Yvelines) ; chimiste ; opposant au coup d’état du 2 décembre 1851 il fut expulsé et intégra la communauté des proscrits de Jersey animée par Victor Hugo.

Théophile Guérin photographié à Jersey par Auguste Vacquerie vers 1853 (Source : musée d’Orsay).
Théophile Guérin photographié à Jersey par Auguste Vacquerie vers 1853 (Source : musée d’Orsay).

Théophile Guérin était le fils d’un couple normand originaire de l’Orne, venu travailler dans la région parisienne. Son père, Pierre François Alexandre Guérin, était contremaître à la manufacture de Jouy-en-Josas. Sa mère se nommait Élise Anne Thérèse Heron. En 1851 Théophile, était célibataire et domicilié 6 rue Guérard à Puteaux (Hauts-de-Seine).

Suite à son opposition au Coup d’état du 2 décembre 1851 il fut arrêté. La commission de révision de Paris proposa son expulsion motivée par le commentaire suivant : « Socialiste ardent. Faisait une propagande incessante dans la commune qui n’était déjà que trop pervertie ».

Réfugié à Jersey, il s’installa dans la paroisse Saint-Sauveur. Dans l’île il retrouva nombre de proscrits dont Victor Hugo. Il participait avec les Hugo aux séances de table tournante chez Edmond Le Guével et sa femme Rose. Il participa aux activités politiques des exilés et notamment, le 11 novembre 1853, à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant dans cette île, qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III. Le 17 octobre 1855 il fit partie des 36 signataires de la protestation rédigée par Victor Hugo et adressée au gouvernement anglais contre l’expulsion de Charles Ribeyrolles, du colonel romain Louis Pianciani et de Philippe Thomas de l’île de Jersey. Cet acte entraîna l’expulsion de l’île de tous les signataires de la protestation.

Sans doute suivit-t-il Hugo à Guernesey car il se fiança avec une jeune guernesiaise née en 1838, Marie Élisabeth de Putron, fille d’un constructeur de navire nommé Mathieu de Putron. Il retourna avec elle en France, s’installa chez son père au 56 rue de Paradis Poissonnière à Paris (Xe arr.) et trouva du travail comme employé de commerce. Théophile et Marie Élisabeth officialisèrent leur union en se mariant le 31 mai 1866 à Paris (Xe arr.) avec l’accord de leurs parents respectifs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article213857, notice GUÉRIN Théophile [GUÉRIN Étienne, Théophile, Alexandre] par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 1er avril 2019, dernière modification le 26 novembre 2020.

Par Gauthier Langlois

Théophile Guérin photographié à Jersey par Auguste Vacquerie vers 1853 (Source : musée d'Orsay).
Théophile Guérin photographié à Jersey par Auguste Vacquerie vers 1853 (Source : musée d’Orsay).

SOURCES : Geneanet. — Archives de Paris, mariages 10e arr., 1866, acte 503. — Archives de l’Oise, Album Asplet. — A la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Victor Hugo, Oeuvres complètes de Victor Hugo. Actes et paroles. 2 publiées par Paul Meurice, puis par Gustave Simon, 1937-1940, p. 123-125. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Guérin - Théophile Etienne Alexandre », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Gustave Simon, Les tables tournantes de Jersey : chez Victor Hugo : procès-verbaux des séances, Paris : L. Conard, 1923. — Jean-Claude Fizaine, Victor Hugo et les mystères de Jersey. Un manuscrit inédit de Xavier Durrieu (Les séances chez Leguével), 2015. — Charles Hugo, Les Hommes de l’exil, Paris, A. Lemerre, 1875.

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