ALVITRE Jean (L’abbé)

Par Gilbert Beaubatie

Né le 27 septembre 1889 au Pescher, alors commune de Sérilhac (Corrèze) ; mort le 25 juin 1983 à Brive (Corrèze) ; vicaire puis curé à Brive ; ancien combattant et résistant.

Avant la Première Guerre mondiale, il était étudiant à Limoges. En tant que militant du Sillon de Marc Sangnier, il a pris part aux batailles menées contre les Camelots du roi qui essayaient d’interrompre les réunions. Il aimait « bien [se] battre ». En 1911, il fut incorporé au service militaire pour trois ans et, sans discontinuer, il servit durant tout le conflit, dans des unités combattantes. Sa brillante conduite, notamment à Verdun, lui valut, outre une blessure, deux citations et la Croix de guerre avec palmes, qui lui fut remise par le général Pétain.
Après avoir été démobilisé en 1919, il reprit ses études au Grand Séminaire de Tulle. Ordonné prêtre l’année suivante et nommé à Égletons (Corrèze), il fut promu en 1921 vicaire à Saint-Sernin de Brive, puis en octobre 1933, curé-fondateur de la paroisse Notre-Dame de Lourdes, située dans un quartier populaire de Brive-Ouest, où il exerca son ministère durant 25 ans.
Le 19 juin 1940, cet ancien du Sillon, qui appartenait « à cette génération de rouges chrétiens, comme disaient avec mépris leurs adversaires, qui s’était tout naturellement groupée à l’avant-garde de ce qu’on a appelé bien vite la Résistance », est venu déclarer à son ami, Edmond Michelet, qu’il était « gaulliste ». C’est par « ce curé démocrate » que ce dernier a « entendu, pour la première fois, prononcer le mot ».
Entré dans la Résistance dès le premier Appel du général de Gaulle, il a participé au sein des Mouvements Liberté et Combat, à toutes les actions de la Résistance intérieure. Il a été, dans la clandestinité, « un des meilleurs collaborateurs » de la Résistance en recevant chez lui les chefs nationaux, en assurant la distribution des tracts, en stockant des armes…
Du 1er au 12 avril 1944, après avoir été longuement interrogé par la Gestapo, il fut relâché, et put ainsi continuer de remplir sa mission. Aux yeux d’Edmond Michelet, il fut « le phare de la Résistance corrézienne ».
Par son activité incessante, il fut pour tous un « réconfort et un modèle de patriotisme » ; « l’homme que tout le monde, dans tous les milieux a aimé » (Jean Charbonnel, le 22 décembre 1979).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article213895, notice ALVITRE Jean (L'abbé) par Gilbert Beaubatie, version mise en ligne le 26 mars 2019, dernière modification le 26 mars 2019.

Par Gilbert Beaubatie

SOURCES : La Montagne, 24 décembre 1979 et 2 juillet 1983 ; renseignements fournis par François David, René Jugie, ex. commandant Gao et Françoise Germane (Centre Edmond-Michelet à Brive).

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