DANIEL Jean. [Loire-Atlantique]

Par Marie-Louise Goergen

Né le 23 juin 1922 à Hirson (Aisne) ; dessinateur aux chantiers navals puis à la mairie de Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; responsable de la fédération socialiste SFIO de Loire-Atlantique ; trésorier départemental des « Clubs Léo Lagrange ».

Fils de Maurice Daniel*, militant socialiste SFIO de Loire-Atlantique et résistant fusillé par les occupants nazis, Jean Daniel fut le descendant direct d’Émile Eudes* et de d’Adrien Farjat* (ses arrière-grands-pères), militants blanquistes. Son père avait été ingénieur et sa mère, Gabrielle Farjat, sans profession jusqu’en 1942, travaillait comme employée de bureau à la mairie de Nantes après l’exécution de son mari.
Après l’école primaire de Saint-Sébastien, il entra au lycée Livet qu’il fréquenta pendant quatre ans, avant d’obtenir son brevet vers 1940. Au moment de la guerre, il interrompit ses études et quitta le département pour échapper au Service du travail obligatoire (STO). Il s’engagea tardivement et fut envoyé au Maroc à la fin de la guerre. La guerre terminée, il reprit ses études en 1946-1947 et obtint son diplôme d’ingénieur après une année d’études supplémentaires à l’Institut polytechnique de l’Ouest. Dessinateur de métier, il exerça sa profession d’abord aux chantiers navals de Nantes, puis entra à la mairie de Nantes.
La tradition familiale révolutionnaire, liée à un anticléricalisme farouche cultivé par la famille depuis des générations - Jean Daniel ne fut pas baptisé et ne reçut aucune éducation religieuse -, l’amenèrent à s’engager dans le Parti socialiste SFIO à la Libération. Il franchit sans difficulté le passage au nouveau Parti socialiste en 1971, qu’il ne quitta jamais. Il soutint la « motion B » de Pierre Mauroy - qu’il avait rencontré plusieurs fois à Nantes dans le cadre des « Clubs Léo Lagrange » - à la Convention nationale d’information et de réflexion en 1979.
Il milita également à l’Amicale laïque de Saint-Sébastien-sur-Loire et adhéra à la CGT-Force ouvrière, sans pourtant y exercer de responsabilités. Il consacra toute son énergie au parti. Militant à la section de Nantes, il fit partie du comité fédéral dès les années 1950 ; en 1969, il était trésorier fédéral adjoint. Il fut également le trésorier, de sa constitution en 1958 jusqu’en 1965 au moins, du comité départemental des « Clubs Léo Lagrange ». Il s’y occupa plus particulièrement, avec sa femme, de l’organisation annuelle d’un rallye auto qui connut beaucoup de succès.
S’il ne fuit pas les responsabilités dans le sein de son parti, Jean Daniel ne chercha pas non plus à y occuper les premiers rangs. Mais à deux reprises au moins, il fut le candidat du Parti socialiste SFIO aux élections cantonales, sans pourtant être élu. En avril 1958, candidat pour Nantes-4, il obtint 1 248 voix sur 10 830 inscrits au premier tour. Il se désista au deuxième tour en faveur de Marcellin Verbe (UDSR), « un vrai laïque, démocrate et résistant » (profession de foi), et maire de Saint-Sébastien. Il se représenta en 1961 dans le canton d’Aigrefeuille.
Marié le 12 juillet 1947 avec Jeanne Laurent, Jean Daniel fut père de quatre fils : ils sont respectivement chef d’entreprise, ingénieur à l’Aérospatiale, dessinateur industriel et instituteur. Sa femme prit, pendant un temps, sa carte du Parti socialiste SFIO, sans pourtant y exercer de responsabilités. Néanmoins, de 1983 à 1989, elle fut élue conseillère municipale de Saint-Sébastien-sur-Loire dans la municipalité Yves Laurent. Adjointe au maire, elle fut chargée du jumelage de Saint-Sébastien avec la ville de Glinde en Allemagne (banlieue de Hambourg). L’expérience de la guerre et l’assassinat de son beau-père (qu’elle connaissait avant son mariage) n’avaient pas créé chez elle et son mari des ressentiments anti-allemands mais, au contraire, le besoin d’œuvrer à une meilleure entente entre les deux peuples respectifs, conformément d’ailleurs à ce que Maurice Daniel avait souhaité dans ses lettres d’adieu à sa famille.
Le fils aîné de Jean Daniel, Jacques, fut conseiller municipal, à partir de 1995, dans la municipalité de Jean-Marc Ayrault, sans pourtant afficher l’étiquette du Parti socialiste. Son beau-frère Pierre Roulleau, mari de sa sœur Renée, fut également conseiller municipal de Saint-Sébastien.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21393, notice DANIEL Jean. [Loire-Atlantique] par Marie-Louise Goergen, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Marie-Louise Goergen

SOURCES : Arch. Dép. 149 W 29. — Arch. OURS, correspondance Loire-Inférieure et dossier élections. — Arch. CHT, fonds Viau. — Arch. PS-44. — Robert Durand, Didier Guyvarc’h, François Macé et les « Amis de Saint-Sébastien », Du Village à la Cité-Jardin. Saint-Sébastien-sur-Loire depuis ses origines, Éditions ACL, 1986. — Yves Laurent, Le Cœur et la passion. Chronique du Parti socialiste en Loire-Inférieure-Loire-Atlantique. 1936-1988. Les faits. — Les hommes, avec la collab. de François Naud. Saint-Sébastien, ACL Édition, Société Crocus, 1988. — Entretien avec Jeanne Daniel, 15 juin 1999.

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