VIGNAUD Antoine dit « Le toine »

Par Jean-Noël Dutheil

Né le 17 février 1900 à Montluçon (Allier), mort le 18 mars 1970 à Montluçon ; chaudronnier ; secrétaire de l’Union Centrale des métaux CGT en 1939, 1944-1946 ; secrétaire de l’Union locale CGT de Montluçon 1939, 1944-1949 ; membre de la commission administrative de l’Union départementale CGT-Allier 1945-1953 ; résistant dans l’Isère ; communiste.

Antoine Vignaud était le fils de Gabriel, l’un des fondateurs du Syndicat CGT de l’usine Saint Jacques de Montluçon en 1901. Après une scolarité, primaire et primaire supérieur, à Nancy, il entra en qualité de compagnon aux Usines de la Compagnie des Forges de Neuves Maisons. En 1917, Antoine Vignaud retourna travailler aux usines Saint Jacques de Montluçon jusqu’en juillet 1918 puis il s’engagea volontaire à la flotte de Cherbourg. Il fut libéré le 1er novembre 1919 et rappelé en juin 1921 pour être définitivement libéré en février 1922. Il épousa Julia Hentzen à Chaligny (Neuves Maisons, Meurthe et Moselle) le 24 juin 1922 dont il eut deux enfants (nés en 1929 et 1932). En 1924, il travailla à Neuves Maisons, puis il partit à Verdun (Meuse), comme chef d’atelier dans une entreprise de construction mécanique (Marlan G) où il resta 10 ans. En 1934, il s’embaucha 6 mois à Paris chez Boutley.
Il rentra à Montluçon, comme chaudronnier, à Société d’Application Générale d’Électricité Mécanique (SAGEM). Il fut candidat aux élections municipales du 5 mai 1935 sur la liste communiste conduite par Jean Aucouturier. Signalé comme, en mars 1936, comme membre de l’Union Centrale des Ouvriers Métallurgistes de Montluçon, il négocia la Convention Collective des Métaux de Montluçon-Commentry (septembre-octobre 1936). Il habita 11 quai Barbès. Il fut désigné secrétaire administratif de l’Union centrale au conseil syndical du 12 février 1937 puis secrétaire général. Le 25 septembre 1937, il quitta la SAGEM et rentra aux Carrières du Diénat en qualité de travailleur mécanicien chargé de l’entretien du matériel, ces carrières appartenaient à une société lyonnaise de matériaux pour le ballast et la voirie routière. Il devint secrétaire-adjoint du syndicat du bâtiment en 1939, date à laquelle il fut également conseiller prud’hommes.
En 1939, il fut secrétaire de l’Union locale CGT de Montluçon et trésorier de la section communiste. Lors de la réunion extraordinaire du Conseil d’administration de l’Union locale de Montluçon du 7 octobre 1939, Antoine Vignaud vota, avec François Cussinet, Roger Varriéras et Delabre contre la déclaration du bureau confédéral à propos du pacte germano-soviétique et fut exclu de la CGT. Il fut déchu de ses responsabilités en avril 1940. Il participa à la réorganisation clandestine du Parti Communiste dans la région de Montmarault avec Léon Lanusse, Louis Bavay (père) et Georges Gauvin.
Pendant les hostilités, Antoine Vignaud fut interné pendant 27 mois. Le 5 mars 1940, placé en affectation spéciale à la Compagnie spéciale, le 6, par ordre d’appel individuel, il fut placé au dépôt de guerre 133 de Montluçon, le 15 août 1940, il fut affecté à la première compagnie (4ème section) de travailleurs du Fort Barraux (camp de séjour surveillé de Sisteron, Basses Alpes). Malgré sa démobilisation, il y fut maintenu sans qu’il en connaisse les raisons, en fait, il était interné par décision de l’autorité militaire comme membre du parti communiste et syndicaliste. Plusieurs demandes de libération (septembre et décembre 1940) lui furent refusées. Le 22 avril 1942, il souscrivit l’engagement d’honneur de se « rallier au nouvel ordre social et de respecter l’œuvre et la personne du Maréchal de France, Chef d’État ». Il fut libéré et rendit son paquetage le 23. Il aurait dû se rendre à Montluçon. Au cours d’une perquisition de son domicile de Montluçon, il fut retrouvé des circulaires du Front National pour : « l’Indépendance et la Liberté de la France » ainsi que deux brochures anciennes. Pour la Police, il était en fuite. Son « allégeance » au régime de Pétain fut l’unique possibilité de retrouver la liberté pour devenir l’un des responsables de la CGT clandestine à Grenoble. Il garda beaucoup de rancœur envers le Parti Socialiste et son arrestation en 1940 et ne manquait pas de dire « tant pis pour ceux qui croyaient qu’on serait mort avant eux. »
Après la Libération de Montluçon, il participa à la réunion qui donna naissance à la nouvelle Union CGT de Montluçon avec la mention, responsable de l’Isère. Antoine Vignaud succéda à Jacques Perrot la direction de l’Union Locale provisoire de Montluçon. Il adopta une attitude conciliante envers ceux qui avaient failli mais qui s’étaient repris, son poste fut confirmé lors du congrès de l’UL du 2 juin 1945. Admiré par la jeune génération pour son activité d’avant guerre, apprécié des anciens, il fut surnommé par les militants « Le toine ». Au congrès du 6 octobre 1946, il fut reconduit comme secrétaire général de l’UL jusqu’en 1949.
Il milita au PCF, membre du Comité Fédéral en 1947, candidat aux élections municipales d’avril 1945 sur la liste communiste conduite par Fernande Valignat. Mais il se tourna surtout vers l’action syndicale, il redressa la situation de l’Union Départementale des syndicats de la Métallurgie (UDSM), en 1947, il succéda à Varriéras. Il fut élu à la commission administrative de l’Union départementale CGT-Allier de 1945 à 1953, en 1946, membre du bureau, en 1947, l’un des six secrétaires permanents, candidat non élu aux élections de la Caisse Primaire de Sécurité Sociale (17 novembre 1955). Il travailla chez Berthon-Dechery dont il fut le secrétaire du syndicat (1957).
Antoine Vignaud fit également parti du bureau de l’Association France-Viet-Nam en 1948.
La Fédération du PC, la section Ville Gozet, la cellule de Blanzat publièrent une courte nécrologie à son décès, le 18 mars 1970.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article214001, notice VIGNAUD Antoine dit « Le toine » par Jean-Noël Dutheil, version mise en ligne le 29 mars 2019, dernière modification le 29 mars 2019.

Par Jean-Noël Dutheil

SOURCES : Arch. Dép. Isère, 15W227 17W143. — Arch. Dép. de l’Allier ; 1289W32-1 et 32-2. — Arch. IHS-CGT du 03 carton des métaux Montluçon et c.r. de congrès. — Marcel Légoutière, Un siècle de luttes en Bourbonnais, page 80. — André Sérézat, Et les Bourbonnais se levèrent, Nonette, Éd. Créer, 1986. — Presse : La Montagne 21 mars 1950. — Témoignage de Roger Tindilière, 5 mars 2012.

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