DANIEL René, Joseph

Né le 9 août 1897 à Quimper (Finistère), mort le 27 septembre 1993 à Quimper ; instituteur ; syndicaliste du Finistère ; pédagogue proche de Célestin Freinet.

Fils d’un cordonnier, René Daniel, instituteur à Trégunc (Finistère) pendant toute sa carrière, se maria en septembre 1925 à Morlaix avec une institutrice, Armande, Louise Morvan. Membre du Syndicat des membres de l’Enseignement laïque (Fédération unitaire de l’Enseignement), il joua un rôle important lors des grèves du bâtiment à Concarneau. À la tête du syndicat à Quimper, le 14 juillet 1928, il joua dans une pièce d’H. Prigent, On a tué un homme et chanta sur scène L’Internationale. Il fut le responsable de la diffusion du livre d’histoire édité par la fédération. Selon la police, il avait été chargé par l’Internationale des Travailleurs de l’Enseignement d’une enquête sur le bilinguisme. Il lança dans le journal autonomiste Breiz Atao, en février 1929, un appel aux autonomistes bretons. Le préfet proposa de l’inscrire au Carnet B en février.

Pour l’élection au Conseil départemental de l’Enseignement primaire en avril 1932, les syndicats confédéré et unitaire, sur le point de fusionner, avaient décidé de présenter des candidats communs. Daniel, en désaccord avec la fusion, se présenta, à titre individuel ou au nom de la minorité du syndicat « unitaire », et obtint 79 voix sur 852 inscrits. Il ne suivit pas ses camarades qui rejoignirent peu après le Syndicat national. Il fut élu secrétaire du syndicat unitaire reconstitué après la fusion. Candidat du syndicat « unitaire » au conseil départemental en avril 1935, il obtint 96 voix sur 856 inscrits.

Inquiété par la justice pour ses options antireligieuses (affaire du « Catéchisme rectifié »), en 1934, Daniel fut condamné à 10 000 F de dommages et intérêts à la requête de l’évêque de Quimper pour distribution en janvier de tracts qui portaient le timbre du syndicat. Cette condamnation fut infirmée par la cour d’appel de Rennes qui s’appuyait sur un arrêt de la cour de cassation relatif à un procès de même nature intenté à L’Ère nouvelle et au Quotidien, qui stipulait que le contenu du catéchisme rectifié n’excédait pas « la libre discussion d’opinions philosophiques, sociales ou religieuses ».

René Daniel fut l’un des premiers instituteurs à appliquer la pédagogie de l’École moderne de Célestin Freinet, avec qui il fut en rapports étroits. En 1926, commença une correspondance régulière avec Freinet à laquelle il fit participer ses élèves. Ils mirent au point leurs techniques pédagogiques nouvelles (imprimerie, sorties-découvertes, livres de vie, journal scolaire, correspondance interscolaire). La commission pédagogique de la FUE en profita et L’École émancipée en 1927-1928 diffusa ces réflexions pédagogiques. En 1928, il fut le premier trésorier de la Coopérative de l’enseignement laïc.

En 1927, Daniel tourna avec ses élèves à Trégunc-Saint-Philibert le premier film de correspondance scolaire qu’il projeta à nouveau, en juillet 1989, à ses anciens élèves.

Après la fusion syndicale, Daniel, « libertaire de cœur et d’esprit », mettant les luttes syndicales, pacifistes, laïques au premier plan, appartint aux « Amis de L’École émancipée » et conserva cet engagement après la guerre. Il continuer à militer au sein du groupe de l’École moderne.

À son décès, L’École émancipée lui consacra un article, le 9 décembre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21405, notice DANIEL René, Joseph, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 11 août 2021.

SOURCES : Arch. Nat., F7/13033, 13749, 13789. — Presse syndicale. — Le Télégramme, 17 juillet 1989. — Cinéma et mouvement Freinet 1927-1940, ICEM. Pédagogie Freinet, s.d. — Notice DBMOF. — Notes de Loïc Le Bars.

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