DANOS Jacques, dit Graves

Par Michel Lequenne

Né le 21 mai 1921, mort le 13 juillet 1969 ; cadre de l’édition ; militant trotskiste.

Fils de François Danos et de sa seconde femme, née Magnoux, Jacques Danos poursuivit ses études jusqu’à la préparation d’un doctorat de droit, que le STO l’empêcha de passer, devenant alors clandestin comme réfractaire. Mais il n’entra en politique au PCI-SFQI qu’après la Libération, et sa rencontre avec Marcel Gibelin, d’où naquit une profonde amitié entre les deux hommes. Ils écrivirent ensemble Juin 36, ouvrage qui ne cessa de faire référence et fut plusieurs fois réédité.

Dans le PCI, il se consacra essentiellement au travail anti-colonialiste, en particulier pour des activités illégales, et fut un membre dirigeant de la « commission coloniale ». Il appartint à la majorité française lors de la crise de 1951-1952. Après la prise de direction du PCI majoritaire par Pierre Lambert*, il se trouva en désaccord avec celui-ci au sein de la commission coloniale, partisan, comme la tendance Bleibtreu-Lequenne, de tenter un rapprochement entre le courant messaliste et le CRUA. Il tenta, à cet effet, d’organiser une rencontre entre Messali Hadj et Marcel Bleibtreu (qui jusque-là n’avait jamais eu de rapports avec le leader algérien). Mais Pierre Lambert y fit obstacle, et Danos fut lui-même écarté de la commission coloniale, après l’exclusion de Marcel Gibelin en 1953. Choqué par cette exclusion et par l’attitude de la direction par rapport à la tendance Bleibtreu-Lequenne, il quitta le PCI en avril 1954, avant l’exclusion de celle-ci, mais poursuivit son travail d’aide à la révolution algérienne et au FLN, et signa le Manifeste des 121.

Professionnellement, il fut cadre de l’édition et, en particulier, participa à l’aventure du Club du meilleur livre. Après la fin de ce club, il travailla ensuite comme conseil de constitution et d’organisation de sociétés. Ce fut à ce titre que, lors d’un voyage en Afrique, il contracta un virus qui le frappa d’une mort brutale, le 13 juillet 1969. Il avait fait un premier mariage avec "Mimi Lagune", suivi d’un prompt divorce à la fin des années 1940. D’un second mariage avec Jeanne, il eut deux garçons, Alain et Olivier, qui avaient onze et huit ans à la mort de leur père.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21417, notice DANOS Jacques, dit Graves par Michel Lequenne, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 27 juin 2020.

Par Michel Lequenne

ŒUVRE : Juin 36, Éditions ouvrières, 1952 ; réédition Maspero, 1972 ; réédition La Découverte, 1986 ; réédition Les bons caractères, 2006.

SOURCES : Arch. du CERMTRI (Jean Hentzgen). — Entretiens avec Jeanne Danos et Marcel Gibelin.

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