IMBERT André, Julien

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 11 janvier 1900 à Paris (Xe arr.), mort le 10 septembre 1972 à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) ; tourneur-outilleur ; résistant FTP ; déporté à Dora (Allemagne).

Fils de Julien et d’Antonia née Ducatel, André Imbert était titulaire du BEP. Marié, le couple eut un fils prénommé Roger. Dès mars 1934 la famille vivait 5 rue de Bondy aujourd’hui René Boulanger à Paris (Xe arr.).
Militant syndicaliste CGT, sympathisant communiste André Imbert a été délégué en 1927 en Union soviétique pour les fêtes du Xe anniversaire de la Révolution d’Octobre. En 1936 il travaillait aux Établissements Lavalette à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis), il adhéra au Parti communiste.
Lors de la dissolution du Parti communiste par le décret-loi du 22 septembre 1939, il cessa toute activité politique. En septembre 1939 il fut affecté spécial à l’usine Messier à Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine).
Il renoua en 1942 par l’intermédiaire d’un militant communiste nommé « Horlay » avec le parti communiste. À la fin de l’année il fut désigné comme responsable de l’usine Dessert. En décembre 1943, il devint le responsable politique de la section de Saint-Denis sous le pseudonyme de « Petit Didier ». Il quitta son entreprise fut permanent rémunéré 2500 francs par mois, l’organisation comptait cent-cinquante militants.
Interpellé le 1er avril 1944, il a été interrogé par des inspecteurs. Il déclara que l’organisation communiste de Saint-Denis comptait 150 militants. « Pernod » était responsable des masses, et « Anatole » de l’organisation. Le responsable régional s’appelait « Marc ». Il était en liaison avec les syndicats, le Front national, les responsables des réfractaires et des jeunes.
Les policiers voulaient en connaître davantage sur les opérations prévues, ils frappèrent André Imbert à plusieurs reprises. Il affirma que son fils n’était pas entré par son « intermédiaire » dans les FTP. Il déclara : « Je n’ai jamais passé de renseignements concernant des « collaborateurs » [pas plus] que des « objectifs militaires ». Il savait que son fils était sur la région H (P 3). Il le disculpa de l’assassinat de Pion à Pantin. Il assuma le fait d’avoir déménagé avec son fils et son neveu Lucien Savoye les armes entreposées 11 rue Bleue (IXe arr.) et de les avoir stockées au 5 rue de Bondy (Xe arr.).
Roger Imbert fut incarcéré, il était le 15 août 1944 dans le convoi qui partit de la gare de Pantin avec dix-neuf autres résistants du groupe. Cinq cents quarante-six femmes étaient déportées à Ravensbrück et 1654 hommes à Buchenwald, les femmes arrivèrent à destination le 21 août et les hommes le 20 août.
Cinq jours furent nécessaires pour aller à Buchenwald, André Imbert a été envoyé au camp de Dora, il survécut aux épreuves de la déportation. Matricule 73123. Quinze femmes et hommes sur trente-cinq impliqués dans la même affaire moururent en déportation.
André Imbert a été homologué membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI), et Déporté interné résistant (DIR).
Il mourut le 10 septembre 1972 à Villeneuve Saint-Georges (Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article214305, notice IMBERT André, Julien par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 7 avril 2019, dernière modification le 14 janvier 2022.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo.BS2 carton 39. – Bureau Résistance GR 16 P 301291. – Livre-Mémorial, FMD Éd. Tirésias, 2004. – Etat civil site internet Match ID.

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