NOULLEZ Achille

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 7 juin 1885 à Maubeuge (Nord), mort le 7 mai 1945 à Sandbostel (Allemagne) ; magasinier ; communiste ; résistant FTP ; déporté.

Achille Noullez
Achille Noullez

Achille Noullez était le fils de Laurent Joseph, 27 ans, journalier et de Florence Élodie Joseph Hotton, 27 ans, sans profession, deux témoins Adolphe Croisart, 49 ans, cabaretier, et Alexandre Vilmart, 47 ans, cordonnier accompagnaient le père le 10 juin lors de la déclaration de l’enfant. Il épousa le 15 février 1908 en mairie de Courcelles en Belgique sa compatriote Alexandrine Garin, née le 1er juillet 1887. Le couple vivait en France depuis 1912. En 1927 la famille quitta Maubeuge pour la région parisienne. La famille vivait sentier des Grives à Epinay-sur-Seine (Seine, Seine-Saint-Denis). Le couple eut sept enfants dont cinq de nationalité française.
Magasinier, il travaillait depuis 1937 à l’entreprise Laforge au 18 avenue Joffre à Épinay-sur-Seine. Membre du Parti communiste, organisé à la cellule de la cité d’Orgemont, il était également syndiqué à la CGT au syndicat de la métallurgie.
Dans le courant de l’été 1943, il fut contacté par un membre du Parti de la ville qui lui demanda de reprendre de l’activité, il accepta. Il eut pour mission de constituer un groupe de trois militants sur le triangle du cygne d’Enghien.
Interpellé le 23 mars 1944 par des inspecteurs de la BS2. Lors de la perquisition de son domicile les policiers saisissaient des tracts, des cocardes, 350 francs qui provenaient de collectes en faveur des FTP, des brochures de La Vie du Parti de décembre 1943 et janvier 1944, ainsi qu’un carnet de tickets de souscription pour les « combattants ».
Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, il minimisa son rôle et son action. D’autres résistants avaient été arrêtés, les policiers savaient qu’il avait recruté Jean Couchouron et Marcel Wager. Il déclara : « Je n’ignorais pas que les FTP avaient pour mission de commettre des attentats. » Il en avait d’ailleurs informé les jeunes FTP qu’il recrutait.
Les policiers voulaient en connaître davantage, ils frappèrent à cinq reprises. Achille Noulez concéda qu’il expliqua à Marcel Wager que le « travail des FTP consistait à effectuer des déraillements et d’autres attentats. » Le 29 mars 1944, il a été incarcéré à la prison de Fresnes.
Son épouse écrivit le 26 avril 1944 au Préfet : « Après de nombreuses démarches auprès des services de votre administration, c’est une épouse en peine qui vient implorer votre pitié afin d’obtenir de vous quelques renseignements sur la situation présente de mon malheureux mari qui a été arrêté dans la nuit du 23 mars dernier. Il s’agit de monsieur Noullez Achille. […] Dans l’attente de recevoir bientôt des nouvelles de mon époux. » Suivait une formule de politesse, avec un timbre pour la réponse.
Emprisonné, Achille Noullez était le 15 juillet 1944 dans le convoi de 1522 hommes à destination de Il a été transféré à Oberstdorf-Birgsau kommando de travail du camp de concentration de Dachau. Créé en novembre 1944, ce Kommando travaillait pour la Zentralbauleitung de la Waffen SS. Ce camp était situé dans le Sud-Ouest de la Bavière, près de la frontière autrichienne. Transféré au camp de Sandbostel, ancien camp de prisonniers de guerre, le Stalag XB devint un mouroir à partir du 13 avril 1945. Le camp situé à l’ouest de Hambourg fut libéré le 29 avril 1945 par les troupes britanniques qui affrontèrent la 15e division Panzer Grenadier. Matricule 36841 Achille Noullez âgé de 60 ans, mourut le 7 mai 1945 avant son rapatriement.
La mention « Mort pour la France » a été apposée le 18 janvier 1949 sur le registre de l’état civil d’Épinay-sur-Seine. Il a été homologué au grade de sous-lieutenant par décret du 9 septembre 1947. Achille Noullez a été promu au grade de Chevalier de la Légion d’honneur, et décoré de la Croix de Guerre avec palme et titulaire de la Médaille de la Résistance par décret du 2 septembre 1952. Il a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (DIR).
Alexandrine, sa veuve vivait depuis mars 1952 chez René son fils ainé, 13 rue Lesage à Paris (XXe arr.). À la demande du gouvernement belge, une enquête a été ouverte en février 1953 sur les circonstances de l’arrestation d’Achille Noullez.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article214384, notice NOULLEZ Achille par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 9 avril 2019, dernière modification le 1er juin 2019.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Achille Noullez
Achille Noullez

SOURCES : Arch. PPo. BS2 carton 39, 77 W 819-267684. Bureau Résistance GR 16 P 447593. – Livre-Mémorial, FMD Éd. Tirésias, 2004. – JO du 9 octobre 1947. – AD du Nord numérisé 1 Mi EC 392 R6 acte n° 200, page 481.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 185

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