ANTONIO Paul, Aurélien

Par Notice revue et complétée par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 8 mai 1894 à Paris (Xe arr.), mort en août ou septembre 1951 à Paris (XIIIe arr.) ; nettoyeur de vitres, monteur en bronze ; militant communiste ; volontaire en Espagne républicaine.

La naissance de Paul Antonio fut légitimée par le mariage de ses parents, Paul, Gustave Antonio, né à Paris (XIe arr.), employé de bureau, et de Jeanne, Aurélie L’Hôte, née à Sedan (Ardennes).

Titulaire du certificat d’études primaires, il fut successivement nettoyeur de vitres et monteur en bronze. Son état signalétique et militaire fait état des nombreuses condamnations dont il fit l’objet avant la Première Guerre mondiale : quinze jours de prison pour vagabondage en avril 1912 devant le Tribunal de la Seine, quatre mois de prison pour vol en novembre 1912, quatre mois et 25 F d’amende en janvier 1913 pour abus de confiance devant la Cour d’Orléans, quinze jours de prison pour port d’arme prohibée en juillet 1913 par le Tribunal de la Seine, deux mois en janvier 1914 pour vagabondage, six mois pour vol, coups et blessures en mai 1914 (toutes ces mentions sont raturées en rouge sur le document).

Paul Antonio combattit dans le 5e bataillon d’infanterie légère d’Afrique pendant la Première Guerre mondiale. Il fut affecté en Tunisie de septembre 1914 à octobre 1916, puis sur le front français jusqu’en janvier 1917 et à nouveau en Tunisie jusqu’en décembre 1920. Déclaré déserteur le 18 janvier 1917, il avait été arrêté et ramené au corps par la gendarmerie le 22 et condamné le 28 avril par le Conseil de guerre de la 45e Division d’Infanterie à cinq ans de travaux publics. Il obtint une remise du restant de sa peine le 6 juin 1920 par décret présidentiel et fut amnistié par la loi du 29 avril 1921.

De 1921 à 1926, il était officiellement domicilié à Paris (Xe arr.), passage Julien Lacroix. L’après-guerre le soumit à de nouvelles condamnations : un an de prison et 25 F d’amende en mars 1922 pour abus de confiance devant la 14e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine, puis six mois de prison en février 1924 pour vol.

En août 1932, il demeurait 40, allée des Peupliers à Paris (XVIIIe arr., actuellement Saint-Ouen) et dans la 2e moitié des années 1930 52, rue Camille Desmoulins à Cachan (Seine, Val-de-Marne). Il adhéra au Parti communiste en 1934 à la suite des événements de février. Son appartenance au syndicat CGT des nettoyeurs et femmes de ménage laisse à penser qu’il n’exerçait plus son métier initial à cette période.

Divorcé et père d’un enfant, Paul Antonio fut condamné par défaut le 2 novembre 1936 par la 14e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine à un mois de prison et 16 F d’amende pour un vol commis au mois d’août. À partir du 21 novembre 1936 il était volontaire en Espagne républicaine. D’abord caporal dans le bataillon « André-Marty », alors dépendant de la 13e Brigade internationale, il fut pendant six mois affecté dans une compagnie hippomobile. Hospitalité pour bronchite à Benissa en 1937, il rentra en France après octobre 1938.

Mobilisé le 2 septembre 1939, il intégra la 18e Brigade d’infanterie légère, puis fut rattaché au dépôt 172 bis jusqu’en novembre de la même année.
Les autorités allemandes demandèrent en mars 1942 qu’un passeport lui soit délivré dans les plus brefs délais. Il venait de souscrire un contrat de travail pour l’Allemagne, déclarant être terrassier. Domicilié dans un hôtel 23, rue des Cinq-Diamants (XIIIe arr.), la police mena une enquête de voisinage. Paul Antonio y avait séjourné du 16 au 29 mars, le service des garnis, fit des recherches qui furent infructueuses.

Si la date précise de son décès n’est pas connue, on sait qu’il fut inhumé le 11 septembre 1951 au cimetière de Thiais (Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21492, notice ANTONIO Paul, Aurélien par Notice revue et complétée par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 3 août 2009, dernière modification le 11 octobre 2021.

Par Notice revue et complétée par Renaud Poulain-Argiolas

SOURCES : Arch. AVER. — Arch. RGASPI, 545/6, RGASPI 545.6.1038 liste des Brigadistes français en Espagne républicaine, fiches individuelles 31 décembre 1937, RGASPI 545.6.44. — Arch. PPo. 77W 237 (notes de Daniel Grason). — Données du site Généanet. — État signalétique de l’intéressé, Matricule : 849, D4R1 1813 (Filae). — Registres journaliers d’inhumation, Cimetière parisien de Thiais (Généanet).

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