GARANDEL Jeanne, épouse Pantais

Par Rolf Dupuy, Laurent Beaumont

Née le 29 août 1919 à Carnoët (Côte-d’Armor), morte le 1er septembre 2014 à Trélazé (Maine-et-Loire). Militante de la Fédération anarchiste.

Sympathisante libertaire et assidue de l’auberge de jeunesse Floréal fondée vers 1936 à La Daguenière, Jeanne Garandel épousa le 18 juin 1940 à Angers le militant libertaire Roger Pantais : « Il était non rasé et en bleu de travail. Notre première rencontre date de son retour d’Espagne. J’étais montée dans un arbre et je l’ai vu passer. Il racontait son séjour en Espagne, et je fus fascinée. »
Dès le printemps 1936 elle collaborait au journal Terre Libre (Paris) qui publia notamment son poème antimilitariste Le Souvenir.
Pendant l’Occupation elle aida avec son compagnon plusieurs militants espagnols à s’évader du camp d’internement de Châteaubriant, et français réfugiés dans le Maine-et-Loire. Le couple participa également dans les carrières à plusieurs vols d’essence aux Allemands, qui furent ensuite redistribués aux ouvriers carriers.
A la Libération elle participa avec Roger à la reconstruction du mouvement libertaire et de la Fédération anarchiste (FA) où, dans les années 1950, tous deux s’opposeront à la tendance menée par Georges Fontenis et l’OPB. Après la victoire de ces derniers et après que la FA fut devenue FCL, Jeanne et Roger participèrent à la reconstruction d’une nouvelle Fédération anarchiste (congrès des 25-27 décembre 1953). De 1954 à 1956 elle fut la trésorière du Bulletin intérieur de la FA (Trélazé, 10 numéros de janvier 1954 à mai 1956), dont son compagnon était le responsable.
Jeanne Pantais était membre active de la Libre Pensée où elle exerça plusieurs mandats. Elle participa également aux tournées de propagande des frères Lapeyre au cours desquelles elle contribua activement aux avortements clandestins et à la diffusion des moyens contraceptifs.
Lors d’entretiens avec Laurent Beaumont, outre les souffrances tant psychologiques que physiques des femmes, elle dénonçait l’hypocrisie de la société, rappelant que « des femmes de flics venaient se faire avorter par les anars d’Angers ou Trélazé, et aussi des femmes de cléricaux qui n’en pouvaient plus de toute leur marmaille ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article214920, notice GARANDEL Jeanne, épouse Pantais par Rolf Dupuy, Laurent Beaumont, version mise en ligne le 24 avril 2019, dernière modification le 21 avril 2020.

Par Rolf Dupuy, Laurent Beaumont

SOURCES : R. Bianco « Un siècle de presse anarchiste… », op. cit. — Entretiens de Laurent Beaumont avec Jeanne Pantais — Terre Libre, Paris, année 1936.

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