TRONCHON Henri, Marie, Jean

Par Claude Pennetier

Né le 18 juillet 1939 à Saint-Étienne (Loire) ; ouvrier de la métallurgie à Saint-Étienne ; militant communiste ; secrétaire de l’Union locale CGT Métaux de Saint-Étienne, membre du secrétariat de la Fédération CGT des Métaux, membre de la commission financière et de contrôle de la CGT (1969-1982), membre de la commission exécutive de la CGT (1982-1992).

Henri Tronchon blessé par balles le 24 mai 1968

Henri Tronchon naquit dans une famille de mineurs liée au mouvement ouvrier. Son grand-père paternel avait été militant du syndicat CGT des mineurs de Saint-Étienne ; son père, Jean Tronchon, fut secrétaire du syndicat CGT de l’entreprise ITT où il était chef d’atelier ; il passa la guerre prisonnier en Allemagne. Sa mère, Simone née Charroin, travailla comme vendeuse chez Étoile blanche et par ailleurs comme femme de ménage. Henri Tronchon eut une sœur, de treize ans sa cadette. Il se maria avec Jacqueline, née en 1941 à Kairouan en Tunisie, successivement coiffeuse, hôtesse d’accueil, standardiste, secrétaire de dirigeants communistes puis secrétaire d’un office HLM..

Élève de l’École nationale professionnelle de Saint-Étienne, pour aider sa famille il déchargea de nuit des camions de primeurs Chabas de Cavaillon au halles de Chavanel et y organsa d’ailleurs sa première grève de Ripeu, satisfaction obtenue le camion passa de 400 à 500 francs. Henri Tronchon obtint un CAP d’ajusteur en 1957, de dessinateur industriel en 1958, un BEI de mécanique générale en 1957 et 1958, puis après son entrée dans la vie professionnelle des CAP de tourneur en 1962 et de fraiseur en 1963. Ouvrier très qualifié, il travailla à l’usine SCEMM de Saint-Étienne à partir de 1957 où il adhéra dès le 2 septembre 1957 au collectif Jeunes de la CGT. Il participa aux manifestations du 1er mai 1956 au cours desquelles il fut témoin du matraquage des militants algériens par la police ; dans la lancée, il adhéra aux Jeunesses communistes. Il partit faire son service militaire pendant 28 mois durant la guerre d’Algérie et, à son retour, il adhéra au Parti communiste en janvier 1962.

En juin 1962, déjà délégué du personnel, Henri Tronchon entra au secrétariat de la section CGT SCEMM puis, en janvier 1963, au secrétariat du syndicat des Métaux de Saint-Étienne. À sa surprise, en raison de son jeune âge et du prestige de ses prédécesseurs, il devint en octobre 1963 secrétaire général permanent du syndicat des métaux de Saint-Étienne puis membre du secrétariat de l’Union locale, secrétaire du comité de coordination Métaux Loire et membre de la commission exécutive de l’Union départementale de la Loire. À partir de 1966, en tant que permanent, il accéda aux responsabilités nationales comme membre du comité exécutif de la Fédération CGT des Métaux puis, en février 1968, comme membre du bureau national.

Déjà élève d’un stage de formation d’une semaine en octobre 1964, au sein de la fédération communiste de la Loire, il suivit les écoles centrales du Parti communiste, celle d’un mois en juillet 1967 et celle de quatre mois entre octobre 1968 et février 1969. Membre du comité fédéral PCF de la Loire de 1965 à 1968, il joua essentiellement un rôle syndical et affirma son rôle dirigeant pendant les grèves de mai-juin 1968.

À Saint-Étienne, la métallurgie débraya de 17 mai, lançant un mouvement suivi au départ par 17 000 grévistes. Le 24 mai 1968 à Andrézieux (Loire), Henri Tronchon vint conseiller les grévistes pour l’essentiel inorganisés et installer un syndicat CGT avec les 800 nouveaux adhérents. Le patron de la SERUP (Mr Oriol) entra à toute allure dans la cour avec sa voiture de sport, heurtant un salarié, monta dans son bureau, sortit un fusil de chasse et commença à tirer sur les travailleurs. Henri Tronchon tenta de l’arrêter, le patron réarma et tira sur lui. Il reçut sept plombs dans le corps qui lui valurent un IPP de 10% et une certaine renommée.

Henri Tronchon partit pour Prague comme futur secrétaire de l’Union internationale de la métallurgie, en principe pour cinq ans, mais revint plus tôt. Il était arrivé au moment de l’entrée des troupes soviétiques. La CGT de Métaux le délégua comme observateur au congrès de l’IG Métal à Munich, du 2 au 6 septembre 1968, avec Henri Beaumont et Georges Croese. Il en rendit compte dans L’Union des métaux. La CGT l’envoya également, en octobre 1969, à la conférence mondiale de la jeunesse pour la Paix au Viêt-Nam, à Helsinki (Finlande), comme responsable de délégation.

Henri Tronchon devint un « national » en 1968 à l’occasion du 27e congrès de la Fédération des travailleurs de la Métallurgie (FTM) ; en février 1971, qui le vit entrer au secrétariat fédéral comme responsable de l’organisation et des finances. Depuis 1969, il était déjà membre de de la commission financière et de contrôle de la CGT et y resta jusqu’en 1982, en étant même pendant un mandat président. Ses responsabilités furent durablement orientées vers les questions financières et de gestion même s’il eut un regard, plus large de 1982 à 1992, comme membre de la commission exécutive de la CGT et un temps comme responsable du secteur Politique, Action, Gestion financière confédérale. Il mit notamment en place le prélèvement automatique des cotisations, non sans rencontrer des réticences de la part de responsables qui tenaient au contact direct entre le collecteur et l’adhérent. Délégué national MACIF, il anima le collectif national de la « sensibilité » CGT au sein de la MACIF de 1982 à 2002. Il occupa également la fonction de trésorier puis de secrétaire adjoint de « l’Avenir social » de 1975 à 2002. De 1992 à 2002, Henri Tronchon fut membre du bureau puis secrétaire de l’Union confédérale CGT des retraités. Il avait été par ailleurs, membre du conseil national du Mouvement de la Paix de 1969 à 1992, au titre de la FTM.

Domicilié dans les HLM de Champigny-sur-Marne (La campinoise), il y milita au Parti communiste (cellule Taravella) et participa à l’animation de la section CGT de Champigny des retraités. Il siégea au conseil d’administration de l’Institut d’histoire sociale (IHS) de la Fédération des travailleurs de la Métallurgie et à celui de l’IHS du Val-de-Marne. Son épouse fut animatrice à l’amicale laïque du Crêt du roc, elle adhéra au PCF en 1964, membre du bureau de l’UFF Loire, responsable CGT HLM la Campinoise, membre du CA de l’IHS CGT du Val-de-Marne et se consacra à La Croix rouge.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article215133, notice TRONCHON Henri, Marie, Jean par Claude Pennetier, version mise en ligne le 2 mai 2019, dernière modification le 17 août 2020.

Par Claude Pennetier

Henri Tronchon blessé par balles le 24 mai 1968
Henri Tronchon et Jackie le 24 mai 1968.
En 1971, lors d’un congrès de la métallurgie.

SOURCES  : Questionnaire rempli le 16 avril 2019 et notes de novembre 2019  ; entretiens en 2019 à Champigny. — Comptes rendus des congrès de la Fédération CGT des métaux. — La Vie ouvrière, notamment n°1256, 25 septembre 1968, p. 14. — Joseph Sanguedolce, Parti pris pour la vie. L’aventure des Hommes, VO éditions, 1993. — La Vie ouvrière.

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