BLONDEAU Cécile, Claudine

Par Jean-Louis Ponnavoy

Née le 10 mai 1927 à Mary (Saône-et-Loire), massacré le 10 juin 1944 à Mary ; cultivatrice ; victime civile.

Cécile Blondeau était la fille de Lazare et de Marie Françoise Gueugnon, tous deux cultivateurs. Elle était célibataire et domicilié chez ses parents avec lesquels elle exerçait le métier de cultivatrice.
Après le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie, la Résistance vit arriver de nombreuses recrues. Un camp de mobilisation fut installé au hameau de la Croix-Bousseau, au pied du Mont-Saint-Vincent pour accueillir les nouveaux maquisards parmi lesquels il y avait beaucoup de mineurs travaillant dans le bassin minier. Cette effervescence et l’arrêt de la mine ne passèrent pas inaperçus à l’ennemi. Le 10 juin 1944, une colonne constituée de soldats allemands de l’école d’infanterie de Dijon et de miliciens français encadrés par le Sipo-SD de Dijon fut lancée contre le maquis. Elle arriva vers quinze heures au Mont-Saint-Vincent et se divisa en deux parties, l’une restant en réserve au hameau de la Gare et l’autre montant au bourg de Mary. Dix otages furent pris parmi la population et les maisons furent fouillées. Rien ne permettant d’affirmer que la population aidait le maquis les otages furent relâchés mais des mouvements furent aperçus en bas du Mont. Les maquisards tentaient de se replier. Les Allemands installèrent un mortier derrière l’église et tirèrent sur le hameau de la Croix-Bousseau et le bois qui le bordait. L’ennemi fut attaqué par les maquisards au carrefour du Bois de Boulogne et repoussé à plusieurs reprises mais les résistants inférieurs en nombre durent se replier. Les premières maisons du village furent investies et le massacre commença. Le premier à être tué fut Louis Marillonnet puis ce fut le tour de la famille Bertrand et de quatre hommes au hameau du But.
Avant de repartir les soldats allemands tirèrent des rafales sur les façades des maisons. Cécile Blondeau qui était chez elle au lieu-dit "La Bruyère" reçut alors une balle au pli de l’aine et eut l’artère fémorale sectionnée. Elle décéda en quelques minutes à 20h15 sous les yeux de sa famille. Celle-ci fut elle-même bousculée par les Allemands avant d’être relâchée. Les soldats tentèrent de mettre le feu à la maison, mais Lazare Blondeau parvint à éteindre l’incendie avant qu’il ne se propage.
L’acte de décès fut dressé le lendemain sur la déclaration de son père, Lazare Blondeau.
Pendant cette journée il y eut au total trois maquisards tués et dix habitants innocents exécutés. Huit autres otages furent arrêtés dont sept furent déportés et trois ne revinrent pas des camps.
Ce même 10 juin 1944, les hordes nazies assassinaient 642 personnes à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne).
Son nom figure sur la stèle commémorative du 10 juin 1944, à Mary (Saône-et-Loire).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article215473, notice BLONDEAU Cécile, Claudine par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 13 mai 2019, dernière modification le 9 janvier 2022.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Site "Le Grenadier Bourguignon", La Bataille Mont-Saint-Vincent Mary, d’après le livre de Jérémie Beurier.— Mémorial Genweb.— État civil (acte de décès).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément