GABON Charles

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 9 octobre1883 à Marigny (Saône-et-Loire), massacré le 10 juin 1944 à Mary (Saône-et-Loire) ; cultivateur ; victime civile.

Charles Gabon était le fils d’Antoine, fermier au hameau du Boucanseaud et de Marie Decerle, cultivatrice. Il se maria le 29 avril 1911 à Mary avec Jeanne Bertrand. Il exerçait le métier de cultivateur.
Après le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie, la Résistance vit arriver de nombreuses recrues. Un camp de mobilisation fut installé au hameau de la Croix-Bousseau, au pied du Mont-Saint-Vincent pour accueillir les nouveaux maquisards parmi lesquels il y avait beaucoup de mineurs travaillant dans le bassin minier. Cette effervescence et l’arrêt de la mine ne passèrent pas inaperçus par l’ennemi. Le 10 juin 1944, une colonne constituée de soldats allemands de l’école d’infanterie de Dijon et de miliciens français encadrés par le Sipo-SD de Dijon fut lancée contre le maquis. Elle arriva vers quinze heures au Mont-Saint-Vincent et se divisa en deux parties, l’une restant en réserve au hameau de la Gare et l’autre montant au bourg de Mary. Dix otages furent pris parmi la population et les maisons furent fouillées. Rien ne permettant d’affirmer que la population aidait le maquis les otages furent relâchés mais des mouvements furent aperçus en bas du Mont. Les maquisards tentaient de se replier. Les Allemands installèrent un mortier derrière l’église et tirant sur le hameau de la Croix-Bousseau et le bois qui le bordait. L’ennemi fut attaqué par les maquisards au carrefour du Bois de Boulogne et repoussé à plusieurs reprises mais les résistants durent se replier. Les premières maisons du village furent investies et le massacres commencèrent. Le premier à être tué fut Louis Marillonnet puis ce fut le tour de la famille Bertrand. Continuant son avancée, une partie de la troupe arriva au lieu-dit "Le But" où elle pénétra dans les maisons qui furent fouillées et pillées. Quatre hommes furent arrêtés et exécutés devant les maisons à vingt heures. Charles Gabon était parmi eux.
L’acte de décès fut dressé le lendemain sur la déclaration de son gendre Marius Tremeau, âgé de 33 ans, cultivateur à Mary.
Il obtint la mention « Mort pour la France » transcrite sur l’acte de décès le 3 juillet 1951.
Pendant cette journée il y eut au total trois maquisards tués et dix habitants innocents exécutés. Huit autres otages furent arrêtés dont sept furent déportés et trois ne revinrent pas des camps.
Ce même 10 juin 1944, les hordes nazies assassinaient 642 personnes à Oradour-sur-Glane.
Son nom figure sur la stèle commémorative du 10 juin 1944, à Mary (Saône-et-Loire).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article215474, notice GABON Charles par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 13 mai 2019, dernière modification le 13 mai 2019.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Site "Le Grenadier Bourguignon", La Bataille Mont-Saint-Vincent Mary, d’après le livre de Jérémie Beurier.— Mémorial Genweb.— État civil (actes de naissance et décès).

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