BODINEAU Roger, Pierre

Par Annie Pennetier

Né le 17 avril 1900 à Véretz (Indre-et-Loire), exécuté le 9 août 1944 au camp d’aviation de Tours ; cultivateur ; résistant DGSR-BCRA.

Fils d’ Émile Bodineau et de Clotilde Gibert, décédés avant 1944, Roger Bodineau était marié à Marcelle Charlotte Habert ; le couple exploitait une ferme de vingt-sept hectares au lieu-dit La Salle Girault à Larçay (Indre-et-Loire).
Avec leurs fils,Raoul, 20 ans, et son frère Daniel 15 ans, ils assuraient de nombreux passages clandestins de la ligne de démarcation dans le réseau d’évasion Bourgogne.
En juillet 1942, ils accueillirent des aviateurs anglais qu’ils cachèrent dans la ferme abandonnée des Landes et les conduisirent en zone libre.Quelques mois plus tard, en février 1943, la famille Bodineau ravitailla l’équipage australien composé de neuf aviateurs et de Georges Broussine, dont l’avion avait été abattu au lieu-dit La Chaussée à Saint-Branchs. Pendant que Georges Broussine dont la mission était de créer le réseau Évasion-Bourgogne rejoignit Paris, puis Lyon, une partie de l’équipage fut arrêtée au passage de la ligne de démarcation et l’autre groupe vers leur destination prévue Toulouse. Quand Georges Broussine revint à Larçay, il intégra au réseau Bourgogne Marcelle et Roger Bodineau comme agents P2 et Raoul, comme agent P1. Ils recueillaient notamment des informations ferroviaires auprès de trois agents de la SNCF.
Le 24 juillet 1944, la police allemande arrêta la famille Bodineau et ses deux hôtes, James Clement aviateur canadien abattu le 6 juin 1944 lors du bombardement de la gare de Saint-Pierre-des-Corps et un officier français Maxime Piette chargé d’émissions vers Londres.
Incarcérés dans la prison rue Henri-Martin, Roger Bodineau, James Clement, ses camarades et d’autres prisonniers en furent extrait le 9 août et conduits au camp d’aviation de Parçay-Meslay. Après leur exécution par balles, les 26 corps furent sommairement enfouis dans des trous de bombes.
C’est fin août que leurs corps furent découverts, sans papiers d’identité, puis inhumés au cimetière de Saint-Symphorien après des obsèques officielles.
Sa femme Marcelle Bodineau, née à Véretz le 10 janvier 1905,déportée par le transport parti de Belfort le 1er septembre 1944 vers Ravensbrück avec Suzanne Bizien épouse de Noël Bizien rentra de déportation, en avril 1945.Ses fils avaient poursuivis l’exploitation de la ferme.
La mention - Mort pour la France- a été apposée sur l’ acte de décès de Roger Bodineau (établi le 21 septembre 1944 et indiquant le 8 août 1944) en date du 9 mai 1946.
Dans le cimetière Saint-Symphorien à Tours (partie nord) un monument a été édifié "À la mémoire des 26 victimes de la barbarie allemande fusillées au camp d’aviation de Saint-Symphorien - le 9 août 1944. Son nom est également gravé sur le monument Aux martyrs de la résistance d’Indre-et-Loire, érigé à l’entrée de la base aérienne 705 et sur le monument aux morts de Larçay.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article215514, notice BODINEAU Roger, Pierre par Annie Pennetier, version mise en ligne le 14 mai 2019, dernière modification le 24 novembre 2019.

Par Annie Pennetier

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 66682 et GR 28 P 4 242 87. — AVCC Caen, AC 21 P 711774. — Documents fournis par Hélène Biéret . — . — AERI Indre-et-Loire, Jack Vivier, Le réseau Bourgogne, La famille Bodineau . — État civil, acte de décès de Tours . — Fondation pour la mémoire de la déportation . — MémorialGenweb.

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