WELLNER Marie

Par Daniel Grason

Née le 6 février 1921 à Heegermühle dans le Brandebourg (Allemagne), morte à une date inconnue à Auschwitz (Pologne) ; piqueuse en maroquinerie ; victime de l’antisémitisme.

Marie Wellner
Marie Wellner

Fille d’Israël et d’Anna née Grymwald, Marie Wellner de nationalité polonaise, habita 31 rue Chapon à Paris (IIIe arr.), puis avec son ami Simon Kupper 3, passage Goix à Paris (XIXe arr.). Elle savait lire et écrire le français, était titulaire de la carte d’identité de « travailleur industriel » délivrée par la Préfecture de police le 19 août 1938, prorogée jusqu’au 3 mai 1943. Elle était sans travail depuis un an.
Interpellée le 10 octobre 1942, Marie Wellner interrogée déclara qu’elle n’avait « jamais appartenu avant-guerre au parti communiste, pas plus qu’aux autres organisations de même obédience, telles les « Jeunes Filles de France ». Je n’ai jamais eu l’occasion de lire un seul tract communiste. »
Selon ses déclarations, elle fit la connaissance de Kupper en juin 1941 dans un café sur les grands boulevards. Marie Wellner et Simon Kupper sympathisèrent, il quitta le domicile paternel. Elle affirma aux policiers qu’elle avait « toujours ignoré les opinions politiques de mon ami. J’affirme que je n’ai jamais été tenu au courant de son activité tant sur le plan politique. Je ne pouvais d’ailleurs me douter qu’il participait à l’activité communiste, de fait qu’il a constamment travaillé à mon domicile à la coupe de fourrures. Je l’aidais d’ailleurs dans ce travail. Il sortait très rarement le soir et, strictement me disait-il, pour des raisons professionnelles. Je ne connais aucun de ses fournisseurs, ni aucun de ses clients. »
Les policiers lui demandèrent la raison de la présence de la carte d’alimentation d’Isaac Mendzylewski à son domicile. Elle déclara l’avoir connu lors « d’une partie de camping peu après l’exode » mais elle ne connaissait pas son nom. Elle avait été surprise que lors d’une promenade en compagnie de Simon Kupper alors qu’ils croisaient Mendzylewski, voir son ami s’arrêter pour lui parler. Elle demanda à son ami Kupper dans qu’elles circonstances il l’avait connu, « Comme toujours, il s’est contenté de répondre d’une façon très évasive. » Elle affirma aux policiers qu’elle ignorait qu’Isaac Mendzylewski était communiste.
Le 12 octobre 1942, les quatre inspecteurs de la BS1 qui l’appréhendèrent écrivirent à propos de Marie Wellner « cette dernière ne paraît avoir qu’un rôle secondaire se bornant à assumer le ravitaillement des deux acolytes de son ami. »
Le 11 février 1943, Marie Wellner était dans le convoi n° 47 à destination d’Auschwitz (Pologne). Neuf cents quatre-vingt-dix-huit détenus hommes et femmes étaient dans ce transport, 802 furent gazés dès l’arrivée, 143 hommes et 53 femmes sélectionnés subirent le même sort. Quand l’armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1945, il ne restait que dix survivants dont une femme.
Le nom de Marie Wellner ne figure pas dans le dossier de la Commission rogatoire du 9 janvier 1945 qui examina l’activité du commissaire Fernand David. Fernand David a été jugé après la Libération, condamné à mort, et exécuté le 5 mai 1945.
Sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah 17 rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (IVe arr.) a été gravé le nom de Marie Wellner.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article215550, notice WELLNER Marie par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 mai 2019, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Daniel Grason

Marie Wellner
Marie Wellner

SOURCES : Arch. PPo. GB 068, GB 110, 77 W 942-204992 (dossier Fernand David). – Bureau Résistance (pas de dossier). – Jean-Marc Berlière avec Laurent Chabrun, Les policiers français sous l’Occupation, Éd. Perrin, 2001. – Site internet du Mémorial de la Shoah.

Photographie : Arch. PPo. GB 170

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément