MONTEIL Renée, Gisèle [Pseudonyme : Simone]

Par Daniel Grason

Née le 9 septembre 1927 à Ivry (Seine, Val-de-Marne) ; blanchisseuse ; résistante ; déportée à Ravensbrück (Allemagne).

Renée Monteil
Renée Monteil

Fille de Maurice Monteil, monteur en fer, et d’Henriette Keller, confiseuse, Renée Monteil était domiciliée chez ses parents, 5 sentier des Herbeuses à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). À l’issue de l’école primaire elle obtint le CEP. Sans formation professionnelle, elle travailla aux Établissements Cybo 72 route de Choisy à Vitry-sur-Seine, puis au Fort d’Ivry (Seine, Val-de-Marne). Embauchée dans une blanchisserie, elle quitta son emploi en octobre 1943.
Elle fit connaissance de Jean, devint son amie en août 1943. Celui-ci s’était engagé dans le Nationalsozialistische Kraftfahrkorps (NSKK), Corps de transport paramilitaire du parti nazi fondé en 1931. En France occupée la première troupe française a été formée en juillet 1942, l’engagement minimum était de deux ans. Jean quitta le NSKK sans rendre son uniforme.
Renée Monteil et Jean vécurent rue des Deux-Moulins à Charenton-le-Pont (Seine, Val-de-Marne). Un jour la police allemande se présenta… Renée Monteil retourna chez sa mère. À la mi-décembre, Jean demanda à Renée de reprendre la vie commune, elle accepta. Ils vécurent chez des amis rue Ollier dans le XVe arrondissement.
Jean avait déserté du NSKK sans rendre son uniforme, et rejoint la résistance. Elle fit de même, présentée à « Edgar » qui la chargea des liaisons. Elle serait appointée 1 000 francs par mois, plus des cartes d’alimentation et des frais de transports. Elle rencontra plusieurs membres de l’organisation dont « Claude » Robert Vimont.
Elle entra dans les FTP en janvier 1944, appointée 1000 francs par mois, elle était chargée de reconnaître des lieux en vue d’actions. Renée Monteil a été interpellée le 3 avril 1944 porte de Clignancourt à Paris XVIIIe arrondissement par cinq inspecteurs de la BS2 alors qu’elle avait rendez-vous avec « Claude » Robert Vimont. Emmenée dans les locaux des Brigades spéciales elle a été fouillée par une femme policière, elle portait sur elle des feuilles de tickets de pommes de terre portant le cachet de différentes mairies, quatre cartes de matières grasses et des tickets de pommes de terre. Hébergée par Lucia Franconi 102 rue Oberkampf à Paris (XIe arr.), le domicile de celle-ci a été perquisitionné, sans résultat. Elle était inconnue des services policiers et de la justice.
Interrogée dans les locaux des Brigades spéciales, elle a été frappée à plusieurs reprises. Elle assura que son ami Jean « malade de la poitrine » avait cessé tout travail dans les FTP depuis deux mois. Elle affirma qu’elle n’était pas informée des attentats commis sur la région.
Incarcérée, Renée Monteil était le 15 août 1944 dans le convoi de 543 femmes qui partit de la gare Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis) à destination de Ravensbrück (Allemagne). Le voyage dura six jours dans des conditions très dures. Dès l’arrivée, elle a été envoyée au kommando de travail de Torgau qui dépendait du camp de concentration de Buchenwald, les déportés hommes et femmes travaillaient dans une usine de munitions et d’explosifs. Transférée au Kommando Abterode en Thuringe, les détenues fabriquaient des explosifs. Matricule 57732 Renée Monteil a été libérée à une date inconnue.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article215574, notice MONTEIL Renée, Gisèle [Pseudonyme : Simone] par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 mai 2019, dernière modification le 12 juin 2019.

Par Daniel Grason

Renée Monteil
Renée Monteil

SOURCES : Arch. PPo. GB 131. – Bureau Résistance dossier GR 16 P 427746 (non homologuée). – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 185

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