DUBOIS Arthur, Ghislain [Pseudonyme dans la Résistance : Arthur ROUX]

Par Daniel Pillon, Catherine Roussel

Né le 15 mai 1903 à Maubeuge (Nord), exécuté sommairement dans la nuit du 28 au 29 août 1944 au bois de Gentelles à Boves (Somme) ; visiteur à la SNCF ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Arthur Dubois
Arthur Dubois
SOURCE : Photo Daniel Pillon

Fils de Jean-Baptiste et d’Octavie née Copain, Arthur Dubois était marié à Hélène Filleul avec laquelle il eut trois fils : Alfred né en 1923, Arthur né en 1928 et André né en 1936. La famille résidait 41 rue des Events à Feignies (Nord) où Arthur Dubois était employé comme visiteur au service du matériel à la gare depuis 1936.
En 1937, Arthur Dubois adhéra au parti communiste. Il s’engagea tôt dans la Résistance. En 1941, il fut l’un des fondateurs à Feignies d’un groupe de résistants appartenant au Front national. En 1943, il rejoignit les FTP sous le pseudonyme de « Arthur Roux » et devint l’un des responsables des résistants cheminots du Nord.
Arthur Dubois multiplia les actions contre l’occupant. En janvier 1943, il participa au déraillement d’une locomotive sur la ligne Paris-Bruxelles. En février 1943, la bifurcation de Douzies (Nord) fut détruite. En mai 1943, il sabota la ligne haute tension à Feignies. En juillet 1943, il incendia des camions allemands et, en octobre 1943, des wagons de paille en gare de Feignies.
Dans le cadre de son activité professionnelle, Arthur Dubois vola des récepteurs de TSF, appareils qui provenaient de saisies effectuées par les Allemands. Découvert, il fut condamné, le 14 décembre 1943, à six mois de prison et à 500 francs d’amende pour vol par le tribunal correctionnel d’Avesnes (Nortd). Il ne s’était pas présenté au tribunal et, traqué par la Gestapo, il quitta Feignies pour Lille (Nord) en janvier 1944. De temps en temps, il revenait clandestinement à Feignes. Au cours d’une de ses visites, il informa sa femme qu’il était chargé d’une mission dans la Somme. Il arriva dans ce département en février 1944 où il fut hébergé chez deux cheminots résistants, Ismaël Fiévet à Cagny (Somme) et Pierre Vasseur à Longueau (Somme).
Le 2 août 1944, à la tombée de la nuit, Arthur Dubois partit de Cagny pour se rendre à Ailly-sur-Noye (Somme). Dans sa serviette en cuir, il transportait des tracts rédigés en allemand invitant les soldats allemands à déserter. Vers 23 heures, il arriva à Guyencourt (Somme) où des soldats allemands, qui effectuaient une patrouille, l’arrêtèrent devant un débit de boissons. Ils le firent entrer dans le café, l’obligèrent à se déshabiller entièrement, contrôlèrent ses papiers d’identité et fouillèrent sa serviette. Il fut interné cette nuit-là à la citadelle d’Amiens (Somme).
Dans la nuit du 28 au 29 août 1944, Arthur Dubois fut emmené avec 17 autres détenus de la citadelle au bois de Gentelles à Boves et fusillé.
Le 13 septembre 1944, Pierre Vasseur se rendit à la morgue du Nouvel hôpital d’Amiens où avaient été rassemblées les victimes du bois de Gentelles. Il identifia son camarade et contacta le commandant FFI de Feignies qui informa madame Dubois de la mort de son mari. Arthur Dubois fut ramené à Feignies où il repose dans le caveau familial.
Arthur Dubois reçut la mention « Mort pour la France » le 31 août 1945 et il fut élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur en avril 1958. A l’initiative du comité de Libération de Feignies, la municipalité lui rendit hommage en donnant son nom à une rue de la ville. Le nom d’Arthur Dubois figure sur la plaque commémorative placée initialement dans la gare de Feignies, maintenant conservée au musée du fort Leveau (Nord). Il est aussi inscrit sur le monument commémoratif des fusillés du bois de Gentelles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article215806, notice DUBOIS Arthur, Ghislain [Pseudonyme dans la Résistance : Arthur ROUX] par Daniel Pillon, Catherine Roussel, version mise en ligne le 27 mai 2019, dernière modification le 1er juillet 2019.

Par Daniel Pillon, Catherine Roussel

Arthur Dubois
Arthur Dubois
SOURCE : Photo Daniel Pillon

SOURCES : SHD Vincennes 16 P 193935, Arch. Dép. Somme 1196 W 914 — Les Fusillés de Gentelles Association Villers-Bretonneux Mémoire, 2007, DVD La Résistance dans la Somme AERI 80, 2018, Cheminots victimes de la répression sous la direction de Thomas Fontaine, Ed. Perrin/SNCF, 2017 — Etat-civil

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